12/07/2026
ASBH : l’ère Steenkamp est lancée, Béziers pose les bases de son nouveau projet
Sous un soleil de plomb et dans une atmosphère de curiosité mêlée d’espoir, les joueurs de l’AS Béziers Hérault ont retrouvé les terrains du stade Raoul-Barrière pour lancer officiellement la saison 2026-2027. Une reprise qui ne ressemble à aucune autre tant les changements ont été nombreux ces dernières semaines.
Nouveau manager général, nouveau staff, nombreuses recrues et nouvelle gouvernance : l’ASBH entame un cycle inédit de son histoire récente. Au centre de ce projet, un homme attire naturellement tous les regards : Gurthrö Steenkamp.
Champion du monde avec l’Afrique du Sud en 2007, ancien pilier emblématique du Stade toulousain et du Stade français, le Sud-Africain découvre pour la première fois les responsabilités d’un manager général. Arrivé à Béziers quelques jours avant la reprise, il n’a pas caché son enthousiasme face à l’ampleur du défi qui l’attend.
Dès les premiers entraînements, Steenkamp s’est montré très impliqué, observant attentivement chaque détail et multipliant les échanges avec ses joueurs. Son objectif est clair : créer une identité forte et bâtir une véritable culture biterroise, fondée sur le travail, l’exigence et l’adhésion de tous au projet commun. Une philosophie qui rappelle déjà la rigueur et l’intensité traditionnellement associées aux écoles sud-africaines.
Sur le terrain, les supporters présents ont pu découvrir la majorité des nouveaux visages du groupe. Malakai Fekitoa, Ian Kitwanga, Jordon Janse Van Rensburg, Luka Azariashvili, Paul Gadéa, Killian Taofifénua ou encore Tubuna Maka ont participé aux premières séances. Un effectif largement renouvelé qui doit désormais apprendre à vivre et travailler ensemble avant les premières échéances estivales.
L’infirmerie reste relativement calme malgré l’absence de longue durée de Jonathan Maïau, toujours en convalescence après sa rupture des ligaments croisés. Pour le reste, l’effectif est quasiment au complet, un élément essentiel à cette période de l’année où les fondations physiques et collectives se construisent.
En coulisses, le président Bob Skinstad s’est lui aussi montré très présent. L’ancien capitaine des Springboks affiche une confiance totale envers son nouveau manager et continue de travailler sur les derniers ajustements du projet sportif. Le dossier de l’augmentation de la masse salariale demeure entre les mains des instances, mais le message envoyé est limpide : Béziers n’a pas terminé son recrutement.
Le club dispose encore de marges de manœuvre et plusieurs postes restent susceptibles d’être renforcés avant le début du championnat. Une déclaration qui ne manquera pas d’alimenter les spéculations autour d’éventuelles dernières recrues, notamment dans les secteurs identifiés comme prioritaires par de nombreux observateurs.
Avant cela, l’ASBH organisera un stage de cohésion à la fin du mois de juillet. Plus qu’une simple parenthèse sportive, ce rassemblement doit permettre au groupe de définir ses objectifs, de renforcer ses liens et d’aligner tout le monde sur les mêmes principes de fonctionnement.
Les premiers éléments de réponse arriveront ensuite rapidement avec deux matchs amicaux face à Narbonne puis Leicester. Deux rendez-vous qui permettront de mesurer l’avancement du projet et de découvrir les premières orientations de jeu de l’équipe version Steenkamp.
Une chose est sûre : après plusieurs saisons mouvementées, Béziers ouvre un nouveau chapitre. L’enthousiasme est là, les ambitions aussi. Reste désormais à transformer cette phase de séduction estivale en résultats concrets lorsque débutera le championnat.
Cette reprise laisse surtout une impression : l'ASBH version 2026-2027 veut rompre avec le passé et construire sur le long terme. Entre l'arrivée de Steenkamp, l'influence de Skinstad et un recrutement encore potentiellement inachevé, les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour connaître les véritables ambitions biterroises.
Sources Rugbyrama
25/04/2026
Béziers face à ses démons : le projet Skinstad à l’épreuve du réel
Lorsque Bob Skinstad a pris les rênes de l’AS Béziers Hérault aux côtés de la légende néo-zélandaise Andrew Mehrtens, l’ambition affichée était claire : s’inspirer du modèle de La Rochelle et ramener progressivement le club vers les sommets du rugby français.
Club historique, onze fois champion de France, Béziers évoluait alors dans le ventre mou de la Pro D2. Un contexte comparable à celui du Stade Rochelais avant son ascension fulgurante, amorcée en 2014 et concrétisée par une finale de Top 14 en 2021 puis deux sacres européens consécutifs.
Dès leur arrivée, les nouveaux dirigeants avaient insisté sur la notion de « projet à long terme », conscients qu’un simple changement de gouvernance ne suffirait pas à relancer une institution en sommeil depuis près de quatre décennies.
Mais la réalité s’est rapidement révélée plus rude que prévu.
Dix-huit mois plus t**d, Béziers lutte pour sa survie en Pro D2, englué à l’avant-dernière place, à quelques matchs d’un barrage pour éviter la relégation. Une situation sportive préoccupante, aggravée par une série de turbulences internes.
Le départ de l’entraîneur principal Pierre Caillet, condamné à une peine avec sursis pour violences conjugales, a profondément marqué le groupe. Dans la foulée, une lettre ouverte signée par une quarantaine de joueurs appelant à sa réintégration a mis en lumière les tensions internes et la fracture entre projet sportif et identité du club.
Sur le terrain, la saison vire au cauchemar : aucune victoire à l’extérieur, une altercation présumée après une défaite à Nevers, puis une humiliation 71-0 face au leader Vannes.
« Nous nous attendions à de la passion, mais pas à un tel niveau de complexité », reconnaît Skinstad. « L’histoire du club est exceptionnelle, mais elle s’accompagne aussi d’un poids lié à 25 ans de difficultés. »
Le dirigeant sud-africain insiste sur un point essentiel : l’impossibilité d’imposer un modèle extérieur sans tenir compte du contexte local.
« On ne peut pas arriver avec une approche anglo-saxonne et prétendre tout changer. Cela provoquerait un rejet immédiat. »
Une reconstruction progressive et contrainte
Plutôt que de bouleverser immédiatement l’existant, le nouveau management a choisi une approche progressive, prenant le temps d’analyser l’écosystème du club.
« Nous avons observé, compris, appris. Nous savions qu’il faudrait du temps pour reprendre la main sur le vestiaire », explique Skinstad.
Un processus ralenti par un héritage contractuel contraignant : 32 joueurs sous contrat ne correspondant pas nécessairement à la stratégie sportive envisagée.
« Nous avons dû composer avec cette réalité. Ce n’est pas idéal pour la motivation, mais c’était inévitable. »
Entre convictions et risque sportif
Parallèlement, Skinstad s’est illustré par ses prises de position sur le rugby international, critiquant notamment la tendance à la fermeture du championnat anglais.
À contre-courant, il défend le modèle français basé sur la promotion-relégation, malgré les risques financiers qu’il implique — y compris pour son propre investissement.
« Le risque fait partie de l’essence du sport. C’est ce qui le rend unique. »
Mais à court terme, l’urgence est claire : assurer le maintien.
« Il est vital de rester en Pro D2. Nos ambitions sont élevées, mais elles passent d’abord par la survie. »
Une équipe en manque de repères
Dernier exemple en date : une défaite cruelle face à Provence, concédée dans les dernières secondes après une interception fatale.
« C’est extrêmement dur à vivre. Je veux tellement voir cette équipe réussir », confie Skinstad.
Prochain rendez-vous capital : un déplacement à Carcassonne, concurrent direct au maintien. Une rencontre qui, sur le papier, semble abordable… mais qui cristallise toutes les inquiétudes d’un groupe incapable de s’imposer loin de ses bases.
Le mal des déplacements
Car au-delà des résultats, un phénomène inquiète particulièrement : l’incapacité chronique à performer à l’extérieur.
« Les statistiques sont alarmantes », souligne Skinstad. « Même les meilleures équipes françaises s’effondrent hors de chez elles. »
Un constat qui dépasse Béziers et interroge plus largement la culture du rugby hexagonal.
« Certains clubs font tourner leur effectif à l’extérieur, ce qui renforce l’idée qu’il est presque impossible d’y gagner. Cela devient un état d’esprit. »
Un tournant décisif
À l’approche du sprint final, Béziers joue bien plus qu’un maintien : la crédibilité d’un projet et la capacité d’un club historique à sortir durablement de sa spirale négative.
Le chantier est immense. Mais pour Skinstad et ses associés, il reste porteur d’une conviction intacte : celle qu’un géant peut encore se relever… à condition de survivre d’abord.
16/04/2026
𝗡𝗘 𝗣𝗔𝗦 𝗖𝗢𝗡𝗙𝗢𝗡𝗗𝗥𝗘 𝗝𝗘𝗨 𝗗𝗘́𝗟𝗢𝗬𝗔𝗟 𝗘𝗧 𝗝𝗘𝗨 𝗗’𝗔𝗙𝗙𝗥𝗢𝗡𝗧𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧
La violence doit être combattue dans le Rugby comme dans tous les sports.
Dans ce billet, il est exprimé qu’il faudrait, au fond, ne garder que le “beau jeu”, en opposant implicitement en conclusion de l’exposé, le jeu d’évitement au jeu de contact.
Mais derrière cette formulation, se cache un amalgame que l’on retrouve de plus en plus souvent :
associer, consciemment ou inconsciemment, le jeu déloyal aux phases d’affrontement pratiquées par les avants.
Ce glissement est problématique.
Car il installe l’idée, par voie indirecte, que le “beau jeu” serait celui du mouvement, des grands espaces, de l’évitement…
et que le jeu de contact serait, lui, suspect, voire indésirable.
Attention à ne pas tout mélanger.
Ce type de discours participe à stéréotyper certains postes de notre rugby, en assimilant le jeu d’avants à du jeu déloyal,
et à aseptiser notre sport en le réduisant à un simple jeu d’évitement.
Or le rugby, ce n’est pas cela.
Le rugby, c’est une richesse faite de conquête, d’affrontement et d’évitement, permettant à chacun de trouver sa place sur le terrain.
Le jeu déloyal, lui, est clairement défini :
ce sont des actions non conformes au règlement, susceptibles de mettre en danger la sécurité corporelle de l’adversaire.
Et il faut le rappeler avec force :
➡️ le jeu déloyal n’a rien à voir avec les phases d’affrontement
➡️ il peut tout autant exister dans un jeu d’évitement
Vouloir orienter le jeu déloyal vers les seules phases de contact est une lecture biaisée.
Arrêtons de vendre un rugby uniforme, stéréotypé, centré uniquement sur les lignes arrières.
N’oublions pas une réalité simple :
➡️ il y a plus d’avants que d’arrières
➡️ et la base du rugby reste la conquête… donc la capacité à gagner le ballon, par les avants
Le vrai enjeu aujourd’hui n’est pas d’opposer :
– les avants aux arrières
– le jeu d’affrontement au jeu d’évitement
Le vrai combat, contre la violence dans le rugby c’est le jeu déloyal, d’où qu’il vienne et quel que soit le joueur.
16/04/2026
Béziers joue (encore) sa saison …
🔴🔵 La COMPO' avec KOESIO 🤝
𝗟𝗲𝘀 𝟮𝟯 𝗥𝗼𝘂𝗴𝗲 & 𝗕𝗹𝗲𝘂 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲 𝗺𝗮𝘁𝗰𝗵 𝗰𝗮𝗽𝗶𝘁𝗮𝗹 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗣𝗿𝗼𝘃𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗥𝘂𝗴𝗯𝘆, 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗶𝗻 𝘀𝗼𝗶𝗿 à 𝗥𝗮𝗼𝘂𝗹-𝗕𝗮𝗿𝗿𝗶è𝗿𝗲 🔴🔵
Une fois encore, le 16e homme sera déterminant dans ce choc.
On compte sur vous 💪
05/04/2026
Béziers dans le dur comment c’est possible ?
Pro D2 – AS Béziers : finir juste pour survivre, la gestion des dernières journées avant le couperet
À l’approche du verdict, une certitude s’impose pour l’AS Béziers Hérault : la course au maintien ne se joue plus seulement sur la valeur intrinsèque, mais sur la gestion fine des ressources. Dans un sprint final sous tension, chaque choix devient stratégique, parfois même contre-intuitif.
Faire un choix fort : cibler plutôt que subir
Dans ce contexte, aller défier RC Vannes sur sa pelouse apparaît comme un rendez-vous à très haut risque… et à faible rendement potentiel.
Vannes, solide leader, impose un défi physique et un rythme que peu d’équipes soutiennent. Pour Béziers, l’équation est simple :
laisser des forces en Bretagne pour un exploit hypothétique, ou préserver son capital pour un match décisif à domicile.
Dans une logique froide et assumée, l’impasse partielle ou totale sur ce déplacement peut se défendre :
rotation de l’effectif
gestion des cadres (temps de jeu limité, voire repos)
priorité donnée à la fraîcheur physique
Ce n’est pas un renoncement. C’est un calcul.
La réception de Provence comme point de bascule
Car derrière, c’est un autre match qui cristallise tous les enjeux : la venue de Provence Rugby à Raoul-Barrière.
Celui-ci, contrairement à Vannes, est gagnable et surtout structurant dans la lutte pour la 15e place.
Il doit être abordé comme un véritable barrage avant l’heure.
Dans cette optique, toute la préparation doit converger vers ce rendez-vous :
semaine d’entraînement calibrée pour arriver au pic de forme
plan de jeu simplifié et maîtrisé
intensité maximale sur 80 minutes
Retrouver les fondamentaux au bon moment
Plus que jamais, Béziers devra revenir à ce qui fait gagner les matchs sous pression :
conquête sécurisée (mêlée/touche)
discipline stricte
occupation au pied efficace
défense agressive mais structurée
Face à Provence, il ne s’agira pas de produire du jeu, mais de contrôler le match.
Une gestion mentale tout aussi déterminante
Ce choix stratégique – lever le pied à Vannes pour tout jouer ensuite – implique aussi une maîtrise psychologique.
Le groupe devra :
accepter de “laisser filer” sans se frustrer
rester connecté à l’objectif final
éviter toute forme de relâchement ou de doute
C’est souvent là que les saisons se jouent : dans la capacité à rester lucide quand l’instinct pousse à tout jouer.
Le scénario idéal
Dans le meilleur des cas, Béziers :
limite la casse à Vannes sans hypothéquer son énergie
arrive frais et prêt contre Provence
s’impose à domicile dans un match sous pression
Ce succès offrirait alors une double récompense :
des points cruciaux au classement et un élan mental avant un éventuel barrage.
Une fin de saison à jouer comme une phase finale
Pour l’ASBH, il ne reste plus vraiment de championnat.
Chaque match doit être pensé comme un match couperet, avec une hiérarchie claire dans les priorités.
Faire l’impasse sur certains combats pour mieux gagner la guerre : voilà sans doute le véritable mode d’emploi du maintien.
Parce qu’à ce stade, une seule chose compte encore :
arriver vivant au dernier match… et suffisamment armé pour le gagner.