17/07/2026
COMMOTIONS CÉRÉBRALES :
QUEL ACCOMPAGNEMENT ?
UN HOMMAGE MÉRITÉ… MAIS APRÈS ?
La FFR rend aujourd'hui un hommage mérité à Romane Ménager, contrainte de mettre un terme à sa carrière en raison de commotions cérébrales.
Cet hommage est légitime. Mais il soulève une question qui dépasse le seul cas de Romane Ménager :
que devient une joueuse ou un joueur lorsque les conséquences des commotions mettent un terme à une carrière ou continuent de peser bien après celle-ci ?
UN ENJEU QUI DÉPASSE LE RUGBY FRANÇAIS
Depuis plusieurs années, des centaines d'anciens joueurs internationaux ont engagé des actions en justice contre World Rugby et plusieurs fédérations.
Ils estiment ne pas avoir été suffisamment informés ni protégés face aux risques des commotions cérébrales et de leurs conséquences à long terme.
Le sujet n'est plus uniquement médical. Il est devenu un enjeu humain, sanitaire et judiciaire.
LES GRANDS BLESSÉS DE DEMAIN
Les commotions cérébrales sont probablement les grands blessés du rugby de demain.
Nous savons aujourd'hui mieux les détecter et mieux les prévenir. En revanche, nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences des traumatismes répétés.
Certains, certaines n'auront aucune séquelle. D'autres développeront des troubles neurologiques ou cognitifs, parfois plusieurs années après avoir quitté les terrains.
Les commotions cérébrales seront peut-être demain ce que l'on considérera comme la maladie professionnelle du rugby.
UNE RESPONSABILITÉ SOCIÉTALE
La réponse ne peut pas être uniquement médicale ou judiciaire. Elle relève aussi de la responsabilité sociétale de la FFR.
Prévenir les commotions est indispensable. Mais, sans attendre, sans condamnation judiciaire, accompagner celles et ceux qui en subissent les conséquences l'est tout autant.
Cela passe par un suivi médical, neurologique et psychologique, mais aussi par l'accompagnement de l'après-carrière.
Cette responsabilité est d'autant plus importante pour les joueuses françaises, qui, pour la plupart, ne sont pas professionnelles et doivent construire une vie professionnelle en parallèle ou après leur carrière sportive.
Romane devait disposer d’un contrat avec la FFR, cela engage donc sa responsabilité d’employeur d’autant que celle ci se veut à mission.
LA FONDATION ALBERT FERRASSE AURAIT PU ÊTRE UNE RÉPONSE
C'est précisément une nouvelle mission que la Fondation Albert Ferrasse aurait pu porter :
Accompagner les joueuses et les joueurs dont la santé a été durablement affectée par leur engagement au service du rugby.
À l'heure où son avenir est en discussion, cette mission aurait sans doute mérité d'être placée au premier rang de ses priorités.
Rien n’obligeait la Fondation Ferrasse a voter d’être intégrée au fond de dotation de la FFR.
L’argument que son avenir et ses 6 M€ auraient pu être en danger est factuellement démenti par un courrier de la fondation Ferrasse que j’ai pu me procurer.
LE PLUS BEL HOMMAGE
Le rugby sait rendre hommage à ses champions.
Mais que doit-il à celles et ceux qui ont donné une partie de leur santé pour lui ?
La véritable reconnaissance ne se mesure pas seulement aux applaudissements d'une fin de carrière. Elle se mesure aussi à la manière dont une institution accompagne les siens lorsqu'ils en ont le plus besoin.
16/07/2026
DES CAISSES DE BLOCAGE…
AUX PRIMES D'ENGAGEMENT
UN CHANGEMENT DE PHILOSOPHIE
La refonte des Règlements généraux de la FFR en 2023 a profondément modifié le mode de financement des déplacements des clubs amateurs.
Pendant de nombreuses années, les déplacements étaient financés par un système de caisse de blocage.
Aujourd'hui, ce dispositif repose notamment sur des primes d'engagement, auxquelles s'ajoutent des primes de performance et des aides complémentaires liées aux déplacements.
COMMENT FONCTIONNAIT LA CAISSE DE BLOCAGE ?
Le principe était relativement simple.
En début de saison, la FFR déterminait une enveloppe budgétaire maximale consacrée aux déplacements par catégorie.
Cette méthode lui permettait de connaître à l'avance le coût maximal du dispositif et donc de maîtriser parfaitement son budget.
Cette enveloppe était ensuite répartie entre les clubs au prorata des kilomètres parcourus.
Si les déplacements réalisés étaient inférieurs aux prévisions, le solde de la caisse était redistribué aux clubs selon les dispositions du règlement financier.
LE SYSTÈME ACTUEL
Aujourd'hui, la FFR maîtrise tout autant son budget.
En Nationale 2, chaque club perçoit une prime d'engagement forfaitaire de 20 000 €, quel que soit le nombre de kilomètres qu'il devra parcourir.
Le système est plus simple à gérer, mais il ne tient plus compte des distances réellement parcourues par chaque club.
UNE SIMULATION
Pour la Nationale 2, l'enveloppe globale des primes d'engagement représente 480 000 € (24 clubs × 20 000 €).
Donc 480 000 € au prorata des distances entre les clubs (calcul effectué sur les distances aller entre les clubs).
La répartition aurait alors été la suivante :
1 - Drancy : 27 516 €
2 - Stade Nantais : 26 735 €
3 - La Seyne : 26 094 €
4 - Servette Genève : 24 900 €
5 - RC Aubenas Vals : 23 182 €
6 - Rumilly : 21 912 €
7 - CS Annonay : 21 876 €
8 - RC Tricastin : 21 289 €
9 - US Salles : 21 221 €
10 - AS Mâcon : 20 795 €
11 - US Marmandaise : 20 620 €
12 - Stade Langonnais : 20 539 €
13 - Stade Métropolitain : 20 243 €
14 - Saint-Médard-en-Jalles : 19 772 €
15 - Saint-Jean-de-Luz Olympique : 19 045 €
16 - RC Nîmois : 18 673 €
17 - US Tyrosse : 17 080 €
18 - Peyrehorade Sports Rugby : 17 058 €
19 - Club Municipal Floirac : 16 874 €
20 - SA Mauléonnais : 16 766 €
21 - SC Graulhet : 15 864 €
22 - Avenir Valencien (Valence-d'Agen) : 15 479 €
23 - AS Fleurantine : 13 451 €
24 - Rugby Club Auch : 13 015 €
À SUIVRE…
Cette simulation ne constitue qu'une première approche.
Nous reviendrons prochainement sur le coût réel des déplacements, qui ne se limite pas aux kilomètres parcourus : transport, carburant, péages, hébergement, restauration, etc.
Mais quelle que soit la catégorie, la participation financière de la FFR aux déplacements des clubs demeure relativement modeste au regard des dépenses réellement supportées par ceux-ci.
15/07/2026
NATIONALE 2 - Saison 2026-2027
LES GRANDS GAGNANTS ET LES GRANDS PERDANTS DES DÉPLACEMENTS
La publication des poules de Nationale 2 pour la saison 2026-2027 met en évidence des écarts très importants en matière de déplacements.
Selon nos calculs, le club le plus sollicité parcourra 6 133 km au cours de la saison régulière, contre 2 901 km pour le moins sollicité.
Plus de 3 200 kilomètres séparent ainsi le club le plus pénalisé du moins pénalisé.
Concernant les poules nos calculs aboutissent à un déséquilibre de plus de 10.000 kms
Poule 1 : 58 621 km
Poule 2 : 48 366 km
Et pourtant depuis l’abandon des caisses de blocages en 2024, tous les clubs de Nationale 2 percevront la même prime d'engagement de 20 000 € (selon barème fédéral 2024-2025)
Classement des 24 clubs selon le nombre total de kilomètres parcourus
1- Drancy : 6 133 km
2 - Stade Nantais : 5 959 km
3 - La Seyne : 5 816 km
4- Servette Genève : 5 550 km
5 - RC Aubenas Vals : 5 167 km
6 - Rumilly : 4 884 km
7 - CS Annonay : 4 876 km
8 - RC Tricastin : 4 745 km
9 - US Salles : 4 730 km
10 - AS Mâcon : 4 635 km
11 - US Marmandaise : 4 596 km
12 - Stade Langonnais : 4 578 km
13 - Stade Métropolitain : 4 512 km
14 - Saint-Médard-en-Jalles : 4 407 km
15 - Saint-Jean-de-Luz Olympique : 4 245 km
16 - RC Nîmois : 4 162 km
17 - US Tyrosse : 3 807 km
18 - Peyrehorade Sports Rugby : 3 802 km
19 - Club Municipal Floirac : 3 761 km
20 - SA Mauléonnais : 3 737 km
21 - SC Graulhet : 3 536 km
22 - Avenir Valencien (Valence-d'Agen) : 3 450 km
23 - AS Fleurantine : 2 998 km
24 - Rugby Club Auch : 2 901 km
Tableau mis à jour suite à erreur de géocalisation sur Mauleon.
Cette première étude porte uniquement sur les kilomètres parcourus mais au-delà d'un certain temps de trajet, certains déplacements ne peuvent plus être réalisés sur une seule journée. Ils nécessitent un départ la veille ou un retour le lendemain, entraînant une forte augmentation des coûts
location du car sur deux journées, hébergement, restauration et frais annexes
Le nombre de kilomètres ne représente donc qu'une partie du coût réel des déplacements.
NB : Les kilométrages présentés correspondent aux distances entre les clubs. Les distances réellement parcourues en compétition sont à considérer en aller et revenir.
Nous reviendrons prochainement sur les conséquences financières de ces écarts, ainsi que sur la manière dont la FFR accompagne ou non les clubs face à ces différences de contraintes.
@ followers
13/07/2026
RÉFORME DES COMPÉTITIONS :
PEUT-ON DÉCIDER SANS LES CLUBS…
ET SANS MODÈLE ÉCONOMIQUE ?
Le Bureau stratégique de la FFR du 6 mai 2026 a examiné le projet de la réforme des compétitions.
Objectif affiché : « dégonfler la bulle financière » grâce à une nouvelle organisation des championnats et à un contrôle administratif et financier renforcé.
Mais où est le modèle économique qui permettra réellement d'y parvenir ?
UN IMMENSE BRASSAGE
Cette réforme ne consiste pas seulement à renommer les divisions.
Elle redistribue presque tous les clubs.
Aujourd'hui, les compétitions fédérales et nationales regroupent 342 clubs.
Demain, elles en compteront encore 320.
Seuls 22 clubs retrouveront réellement les compétitions régionales.
La Nationale passera de 14 à 16 clubs.
Cela signifie quatre journées supplémentaires, davantage de déplacements, davantage de frais d'organisation et des effectifs encore plus sollicités.
Dans le même temps :
la Nationale 2 doublera pratiquement de volume en intégrant les clubs de Fédérale 1 avec 4 poules de 12 clubs soit 48.
la Nationale 3 accueillera les clubs de Fédérale 2
la Promotion Nationale regroupera la majorité des clubs de Fédérale 3.
Il ne s'agit donc pas d'une véritable réduction des compétitions nationales.
Il s'agit avant tout d'un immense brassage.
Alors comment affirmer que cette réforme réduira la bulle financière alors qu'aucune étude d'impact économique n'est présentée ?
UNE PHRASE RÉVÉLATRICE
Le procès-verbal contient cette phrase :
« La poule unique est certes la volonté de plusieurs acteurs mais cela n'entre pas de leurs prérogatives de décider en la matière. »
Quelques lignes plus loin, le même document précise pourtant qu'il est « difficile de prendre une décision contre 90 % des acteurs du rugby » et qu'il faut les écouter.
La poule unique a finalement été conservée mais à 16 clubs et le débat de fond demeure.
Quelle place est réellement donnée aux clubs lorsque les réformes qui vont modifier durablement leur fonctionnement sont préparées ?
CONTRÔLER N'EST PAS CONSTRUIRE
Le Bureau stratégique renforce les contrôles financiers.
C'est une bonne chose.
Je défends moi-même depuis longtemps un contrôle beaucoup plus exigeant avant les accessions.
Mais le contrôle financier, à lui seul, ne constitue pas une politique économique.
Le procès-verbal ne présente :
- aucun budget de référence par division ;
- aucun coût prévisionnel des nouvelles compétitions ;
- aucune étude d'impact ;
- aucune réflexion sur un salary cap adapté à chaque niveau.
Réduire la bulle financière ne consiste pas uniquement à empêcher certains clubs de monter.
Il faut aussi traiter les causes.
LES RECETTES COMPTENT AUTANT QUE LES DÉPENSES
Le problème de nombreux clubs ne vient pas que des charges.
Il vient aussi de la fragilité de leurs recettes.
Un budget de 3 M€ dépendant d'un seul partenaire est souvent plus fragile qu'un budget de 2 M€ reposant sur vingt entreprises.
Pourquoi ce critère n'est-il pas intégré au contrôle financier ?
Le procès-verbal n'en dit rien.
OÙ EST LE MODÈLE ÉCONOMIQUE ?
Depuis plusieurs mois, je défends une autre approche.
Pourquoi ne pas définir, pour chaque division :
un budget de référence:
- un salary cap propre
- une masse salariale cohérente avec son niveau
- un contrôle portant autant sur la qualité des recettes que sur les dépenses.
L'objectif n'est pas de limiter l'ambition des clubs.
Au contraire.
Les clubs qui disposent de moyens supplémentaires devraient pouvoir investir davantage dans leurs écoles de rugby, leur formation, leurs infrastructures et leur développement plutôt que d'alimenter une inflation permanente des masses salariales
UNE AUTRE QUESTION
Si l'objectif est réellement de réduire les coûts du rugby fédéral, fallait-il maintenir 320 clubs dans les compétitions nationales ?
Ou fallait-il assumer une régionalisation plus importante afin de diminuer réellement les déplacements et les charges de fonctionnement ?
Ce débat qui mérite du courage politique ne semble pas avoir été posé, pourtant, il conditionne directement les économies attendues.
LES CLUBS MÉRITENT D'ÊTRE ASSOCIÉS
Le Bureau stratégique annonce de nouveaux échanges avec les Ligues régionales et les syndicats
Mais pourquoi ne pas associer directement les clubs ?
Pourquoi ne pas leur présenter une étude d'impact économique ?
Pourquoi ne pas leur permettre de contribuer au modèle économique de leurs futures compétitions ?
Ce sont eux qui financeront cette réforme.
Ce sont eux qui la feront vivre.
LA VRAIE QUESTION
La réforme explique où les clubs joueront.
Elle n'explique toujours pas avec quels moyens.
C'est pourtant là que se jouera sa réussite.
Une réforme des compétitions ne peut pas être uniquement sportive elle doit aussi être économique.
Il faut construire un modèle économique.
Des projections financières.
Des règles adaptées à chaque division.
Des budgets nécessaires par division
Un salary cap
Un contrôle de la solidité financière des partenaires
Et surtout une réforme construite avec les clubs, pas seulement pour les clubs.
12/07/2026
ET SI LES ÉQUIPES RÉSERVES ELITE 1 RENFORÇAIENT LA PYRAMIDE DU RUGBY FÉMININ ?
Le football, le handball, le basket ou encore le volley ont fait le choix d’intégrer leurs équipes réserves Elite ou professionnelles dans les championnats fédéraux.
Elles donnent du temps de jeu, renforcent les compétitions existantes et préparent les joueuses au plus haut niveau.
Pourquoi le rugby féminin ne s'en inspirerait-il pas ?
LE FORMAT HABITUEL
Le championnat des Réserves Élite aurait du sens s'il se disputait en lever de rideau de l'Élite 1.
Le même jour et sur le même terrain, un déplacement, deux matchs, davantage de public, une véritable journée consacrée au rugby féminin mais aussi de cohésion des éffectifs.
Mais puisque ce n'est pas le modèle retenu aujourd'hui, une autre organisation pourrait profiter à toute la pyramide.
RENFORCER LA FÉDÉRALE 1
Les dix équipes de l'Élite 1 pourraient engager leur équipe réserve en Fédérale 1.
Leur projet ne serait pas de devenir championnes de France F1 ou d'accéder à l'Élite 2. Leur rôle est de donner du temps de jeu aux joueuses qui ne sont pas retenues en équipe première et de préparer celles qui intégreront demain l'Élite 1.
En contrepartie, elles renforceraient immédiatement la Fédérale 1.
Le niveau général augmenterait, les affiches gagneraient en intérêt, les poules pourraient être davantage géographiques et les déplacements seraient réduits. 10 équipes de plus en F1 ce n’est pas neutre pour mieux mailler le territoire et limiter les déplacements.
Les règles seraient simples et connues dès le début de la saison :
Les équipes réserves de l'Élite 1 ne pourraient ni monter, ni participer aux phases finales de Fédérale 1.
Les clubs engagés dans cette compétition conserveraient ainsi toutes leurs chances de jouer le titre et l'accession.
UNE COUPE DE FRANCE ÉLITE 1
Aujourd'hui, un Championnat de France des équipes réserves existe déjà. Cette saison, l'ASM Romagnat a remporté le titre face au Stade Bordelais. Mais ce championnat fermé n’apporte rien à la pyramide des compétitions féminines.
Pourquoi ne pas lui donner une autre dimension ?
Lorsque la Fédérale 1 débuterait ses phases finales, les équipes de l'Élite 1 quitteraient naturellement cette compétition.
Leur objectif n'étant ni la montée ni le titre de Fédérale 1, elles laisseraient les clubs premiers se disputer le championnat de France.
Au même moment, les dix équipes de l'Élite 1 se retrouveraient pour disputer une Coupe de France Élite 1 et la magie des phases finales.
Organisée sur trois journées : quarts de finale, demi-finales et finale, les 10 équipes sur un même site facilement accessible. Par exemple Lyon, Marseille, et finales à Paris
Cette formule conserverait un trophée national, mais lui donnerait un véritable sens.
Au lieu de récompenser un championnat parallèle joué uniquement entre équipes réserves, cette Coupe viendrait conclure une saison durant laquelle ces équipes auraient contribué à renforcer la Fédérale 1 et, plus largement, toute la pyramide du rugby féminin.
L'équité sportive serait naturellement préservée.
Seules les joueuses ayant participé régulièrement à la saison avec cette équipe pourraient être qualifiées.
Il ne serait pas envisageable de renforcer une équipe au dernier moment avec des joueuses ayant effectué l'essentiel de leur saison en Élite 1.
Les recettes de cette Coupe de France Élite 1, billetterie, partenaires et droits de diffusion ... pourraient être reversées dans une caisse commune destinée à accompagner la professionnalisation du rugby féminin.
En parallèle, chaque club conserverait les revenus liés à son merchandising, en vendant maillots, écharpes et produits dérivés.
UNE VISION POUR TOUT LE RUGBY FÉMININ
Cette réforme ne créerait pas une compétition supplémentaire. Elle utiliserait différemment des équipes qui existent déjà pour renforcer la base du rugby féminin.
Faire progresser la Fédérale 1.
Donner davantage de temps de jeu aux joueuses.
Valoriser les clubs qui maillent le territoire.
Créer un véritable événement national de fin de saison.
Et construire une pyramide plus solide.
10 Équipes de plus en F1 ce n’est pas rien.
Le développement du rugby féminin ne passera pas uniquement par une Élite 1 plus forte et professionnelle. Il passera par une organisation où chaque niveau de compétition contribue à faire progresser le suivant.
C'est peut-être là le prochain chantier du rugby féminin français et cela ne coûte rien, au contraire
10/07/2026
CONTRATS FÉDÉRAUX :
FAUT-IL CONTINUER À CONCENTRER LES MOYENS...
OU DÉVELOPPER TOUT UN CHAMPIONNAT ?
QUELLE EST NOTRE AMBITION ?
Veut-on simplement avoir trois ou quatre clubs capables de gagner le championnat ?
Ou veut-on construire le meilleur championnat féminin du monde ? Le Top 14 féminin.
Un grand championnat, ce n'est pas seulement quelques grandes équipes.
C'est un championnat où chaque week-end les matchs sont serrés, où le suspense existe jusqu'au bout et où chaque joueuse progresse parce que l'opposition est de très haut niveau.
C'est aussi un championnat qui attire du public, des diffuseurs et des partenaires.
Le spectacle crée la valeur.
UN MODÈLE QUI ARRIVE À UN TOURNANT
Dans un précédent article, j'expliquais que les contrats fédéraux arrivaient probablement au bout de leur logique.
À leur création, ils avaient un objectif clair : permettre à une trentaine de joueuses de préparer l'équipe de France dans les meilleures conditions.
C'était cohérent mais le contexte évolue.
François Ratier, le nouveau selectionneur national, a annoncé vouloir élargir le groupe France.
Demain, certaines joueuses sous contrat fédéral pourraient ne plus figurer sur une feuille de match de l'équipe de France.
À l'inverse, des joueuses encore totalement amateurs pourront être appelées en sélection.
Le lien entre contrat fédéral et sélection nationale n'est donc plus aussi évident.
Les contrats en cours doivent naturellement être respectés.
Mais si la FFR décide de poursuivre ce modèle après la Coupe du monde, pourquoi ne pas le faire évoluer dés à présent ?
2,1 MILLIONS D'EUROS DÉJÀ INVESTIS
Aujourd'hui, la FFR finance environ 30 contrats fédéraux.
En retenant un coût moyen d'environ 70 000 euros par joueuse et par an (rémunération et cotisations sociales), cela représente un investissement proche de 2,1 millions d'euros chaque saison.
UN EFFET INDIRECT SUR LE CHAMPIONNAT
Aujourd'hui, la majorité des internationales sous contrat fédéral évolue dans quelques clubs.
Ce n'est pas une critique mais un constat.
Ces clubs ont construit leur réussite et attirent naturellement les meilleures joueuses.
Mais un club qui compte sept joueuses sous contrat fédéral bénéficie indirectement d'environ 490 000 euros de masse salariale prise en charge par la FFR.
Avec huit joueuses, on approche 560 000 euros.
Les contrats sont signés avec les joueuses, pas avec les clubs.
Mais dans les faits, une partie importante de l'investissement fédéral est concentrée dans quelques équipes.
UNE AUTRE PHILOSOPHIE EST-ELLE POSSIBLE ?
Prenons un exemple.
30 contrats fédéraux.
10 clubs en Élite 1.
Pourquoi ne pas imaginer un quota de trois contrats fédéraux par club ?
Ce n'est pas une proposition figée mais une piste de réflexion.
L'objectif n'est pas d'affaiblir Bordeaux, Toulouse, Romagnat ou les autres clubs les plus performants.
L'objectif est d'élever le niveau des dix clubs.
ET SI UN CLUB SOUHAITE CONSERVER DAVANTAGE D'INTERNATIONALES SOUS CONTRAT FÉDÉRAL ?
Pourquoi pas, mais il serait alors logique que le club reverse ces 70.000 € dans un fonds de solidarité permettant de financer la professionnalisation des autres clubs.
Ainsi, chacun garderait sa liberté et l'investissement fédéral profiterait à l'ensemble du championnat.
UN SALARY CAP POUR PROTÉGER LES CLUBS
Cette réflexion ne peut pas s'arrêter aux contrats fédéraux.
Elle doit aussi passer par un salary cap strictement contrôlé.
Pas pour empêcher les clubs d'être ambitieux.
Mais pour éviter une course permanente aux dépenses.
Le salary cap protège les clubs.
Il protège aussi la compétition.
À partir du moment où chacun dispose des mêmes règles, la différence ne se fait plus sur le budget mais sur le sportif, le projet de jeu, sur la qualité de la formation, de l'encadrement, du recrutement et du projet de club.
LE SUSPENSE A AUSSI UNE VALEUR ÉCONOMIQUE
Un championnat équilibré attire davantage.
Des matchs serrés remplissent les tribunes.
Ils donnent envie d'acheter une place.
Ils donnent envie d'allumer la télévision.
Ils intéressent les diffuseurs et les partenaires.
En attendant que les grandes chaînes s'y intéressent davantage, la FFR pourrait d'ailleurs développer une véritable plateforme vidéo capable de diffuser chaque journée de championnat.
Plus les affiches seront indécises, plus elles auront de valeur, plus le niveau sportif augmentera.
Le suspense est le premier moteur d'un championnat.
LES DOUBLONS SERAIENT AUSSI MIEUX GÉRÉS
La priorité doit rester de limiter autant que possible les doublons entre les compétitions de clubs et les rassemblements internationaux.
Mais lorsqu'ils existent, leurs conséquences seraient beaucoup moins importantes si les internationales étaient réparties entre tous les clubs.
Chaque équipe perdrait quelques joueuses.
Aucune ne perdrait une partie essentielle de son effectif.
UNE QUESTION DE VISION
Florian Grill annonce 10 millions d'euros que la FFR espère trouver à partir de 2027.
C'est une ambition.
Mais en attendant de nouveaux financements, ne faut-il pas déjà réfléchir à la manière d'utiliser les 2,1 millions d'euros investis aujourd'hui dans les contratsvfédéraux ?
Faire progresser le rugby féminin, ce n'est pas seulement construire trois ou quatre grandes équipes.
C'est faire progresser les 300 joueuses de l'Élite 1
Et c'est ainsi, surtout, que la France se donnera les meilleures chances de devenir un jour championne du monde.
Le débat est ouvert.
09/07/2026
AXA ÉLITE 1 :
LE NAMING DU CHAMPIONNAT A-T-IL ÉTÉ VENDU À SA JUSTE VALEUR ?
UN MILLION D'EUROS POUR UN FILM... MAIS COMBIEN POUR LE CHAMPIONNAT ?
Lors de l'Assemblée générale de la FFR, Florian Grill a indiqué qu'AXA avait investi 1 million d'euros dans la réalisation et la promotion du film consacré au rugby.
Une annonce qui témoigne de l'engagement d'AXA en faveur du rugby français mais alors combien vaut réellement le naming de l'AXA Élite 1 ?
LE MANQUE DE TRANSPARENCE ALIMENTE LES QUESTIONS
Si la FFR avait rendu public le montant de ce contrat et comment il a été commercialisé, cet article n'aurait sans doute jamais été écrit.
Mais ce n'est pas le cas.
UN CALCUL QUI INTERPELLE
Selon Le Monde, les deux tiers du contrat de naming sont reversés aux clubs de l'Élite 1, le tiers restant étant consacré à la médiatisation du championnat et, dans une moindre mesure, au développement de l'Élite 2.
À ma connaissance et jusqu'à présent pas contredit, les dix clubs de l’Élite 1 auraient perçu environ 14 000 € chacun, soit 140 000 € au total.
Si cette somme représente effectivement les deux tiers du contrat, alors celui-ci serait d'environ 210 000 €.
Alors le championnat de France Élite 1 vaut-il seulement 210 000 € par saison ?
UNE COMPARAISON QUI INTERROGE
- AXA investit 1 million d'euros dans un film et sa promotion.
- AXA est également l'assureur de la responsabilité civile de la FFR.
-AXA serait donc le partenaire naming du championnat Élite 1 Féminin pour 210 000 €.
Rappelons que la GMF était assureur mais aussi partenaire de la FFR pour 5 M€ par an.
LE PRÉCÉDENT ALTRAD
Beaucoup s'étaient interrogés sur la valorisation du partenariat Altrad et sur le prix auquel le maillot du XV de France avait été cédé et surtout les conditions de sa mise en concurrence.
Lors de cette Assemblée générale, suite à ma question, Florian Grill a précisé :
- que le contrat Altrad avait été prolongé en juin 2026, de gré à gré, pour une année, pour 10 M€ par an
- que la FFR estimant ne pas être soumise aux règles des marchés publics.
- qu'une consultation serait organisée à partir de juin 2027.
- que maillot Féminin serait commercialisé à part à partir de juillet 2027 et qu’il espérait le vendre 10M€ ( 5 partenaires à 2M€ )
Alors le naming de l'AXA Élite 1
- a-t-il, lui aussi, été commercialisé au meilleur prix ?
- Une mise en concurrence a-t-elle été organisée ?
- Plusieurs entreprises ont-elles été consultées ?
Ou AXA a-t-elle été retenue, comme Altrad, à l'issue d'une négociation directe ?
Alors Le naming de l'AXA Élite 1 a-t-il été vendu à son juste prix ?
09/07/2026
10 MILLIONS D'EUROS POUR LE RUGBY FÉMININ
AU-DELÀ DE L'EFFET D'ANNONCE, QUE SAIT-ON VRAIMENT ?
Lors de la dernière Assemblée générale de la FFR, j'ai interrogé Florian Grill sur la prolongation, de gré à gré, du partenariat avec Altrad jusqu'en juin 2027.
Je reviendrai d'ailleurs prochainement sur cette prolongation et sur les questions qu'elle soulève.
En réponse, Florian Grill a expliqué que son ambition était, à l'échéance du contrat actuel, de dissocier le maillot du XV de France féminin de celui des hommes.
Son objectif : valoriser spécifiquement le rugby féminin et parvenir à générer 10 millions d'euros de recettes.
Selon ses explications, il ne s'agirait pas de trouver un partenaire à 10 millions d'euros, mais 5 partenaires à 2 M€ qui se partageraient les différents espaces de visibilité autour du maillot.
UNE AMBITION... MAIS AUSSI DES QUESTIONS
Cette décision est un très bon choix
Le rugby féminin mérite davantage de moyens.
Mais elle pose aussi plusieurs questions.
La première est toute simple.
Le partenaire principal d'un maillot est généralement celui qui bénéficie de la plus forte visibilité, sur la poitrine.
Les autres emplacements sont naturellement plus difficiles à valoriser.
L'objectif de 10 millions d'euros est-il réaliste ?
L'avenir le dira.
PAS AVANT 2027
Autre élément important.
Même si ces négociations aboutissents, elle ne pourront produire d’effets qu'à partir du prochain contrat, c'est-à-dire au plus tôt en juillet 2027.
À ce stade, il s'agit donc d'un objectif affiché.
Pas d'un financement déjà sécurisé.
ET LES 5 MILLIONS POUR L'ÉLITE 1 ?
Florian Grill a indiqué que la moitié de cette somme serait consacrée au rugby féminin et l’autre moitié à l'Élite 1.
Je lui ai alors demandé comment ces 5 millions d'euros seraient utilisés.
Seraient-ils redistribués aux clubs pour accompagner leur professionnalisation ?
La réponse a été claire.
Rien n'est encore arrêté.
Autrement dit, l'objectif financier est annoncé, mais les modalités d'utilisation de cette enveloppe restent à définir.
LE VRAI DÉBAT COMMENCE MAINTENANT
Obtenir davantage de ressources serait une excellente nouvelle mais la question essentielle est de savoir comment elles seront utilisées.
Car professionnaliser un championnat ne consiste pas seulement à injecter de l'argent.
C'est aussi réfléchir à son équilibre, à son attractivité et à son organisation.
Dans un prochain article, je proposerai plusieurs pistes de réflexion.
Certaines ne coûtent pas plus cher mais demandent du courage politique dans l’intérêt général.
Elles concernent notamment la répartition des contrats fédéraux, l'équilibre sportif entre les clubs et les moyens de rendre l'Élite 1 plus compétitive et plus attractive.
L'argent est une partie de la solution. Le modèle du championnat en est probablement encore plus important et sur le sujet je n’ai entendu aucune proposition
A suivre.