17/05/2026
LA COLIQUE
La simple prononciation du mot suffit à transformer un cavalier normalement constitué en agent du GIGN Parceque même si un cheval peut survivre à une météo apocalyptique, manger une plante dont même les chèvres se méfient ou traverser un paddock en fil/électrique/haie/barbelé ( suivez mon regard 👀 ) , parfois son système digestif décide de partir en free style sans qu'on sache vraiment pourquoi ...
Le cheval est équipé de près de vingt mètres de boyaux sophistiqués plus capricieux que la mécanique d'une fusée space X. Une petite bulle de gaz, une poignée de foin avalée trop vite, un stress de rien du tout… et la tuyauterie se bouche comme le périphérique parisien un vendredi soir.
C'est là, que tout part en sucette.
Le cheval regarde son ventre avec un air douteux , puis il regarde dans le vide ou te regarde toi avec un air de dire : " toi et ton foin de m***e , il va falloir qu'on ai une conversation "
Puis il gratte le sol avec gravité et se roule au sol comme un ado qui vient de rater son bac.
Pour le cavalier, la grande pièce de théâtre qui débute se décompose en 5 actes.
Acte 1: “C’est rien.”
Acte 2 : “Bon… c’est peut-être quelque chose.”
Acte 3 : “Merde , pourquoi il se couche ?!”
Acte 4 : “APPELLE LE VÉTO, LE MARÉCHAL, LES POMPIERS, UN EXORCISTE ! .”
Acte 5 : “S’il survit je lui achète un semi remorque de carottes et une couverture pour chaque saison”
la logique digestive du cheval est fascinante...
600 kilos de puissance musculaire neutralisée par trois brins de paille avalés de travers,
une transition alimentaire faite trop vite,
une transition alimentaire faite trop lentement,
trop d’herbe, pas assez d’herbe,
le stress, l’absence de stress,
ou simplement “parce que c'est comme ça "
Et le plus surprenant c'est cette prédisposition qu'a le cheval a déclenché une colique le dimanche soir, la veille d’un concours, pendant un repas de famille, ou quand tu viens enfin de t’asseoir après 14 heures debout.
De mon côté je ne me plaint pas , Gamine , la grande coliqueuse de la famille attend systématiquement que je sois fraîche et disponible pour déclencher une colique sous mes yeux... ( Et ne vous avisez pas de supposer que c'est moi le problème !).
Des les premiers doute , le grand cérémonial se déclenche. C'est là qu'on entame la fameuse marche anti-colique.
Tu traverses l’écurie en pyjama, bottes pleines de boue, tenant un cheval qui alterne entre : “je vais CCreeeVVeer ” et “tiens une touffe d'herbe !”.
Et toi tu te surprends à caresser son flanc en murmurant « allez mon gros, fais-moi un beau c**a »
C'est là que le véto et ses questions dérangeantes débarquent: “Il a fait un crottin ? Quel couleur ? Quelle texture ? Quelle goût ? ”
Le véto lui glisse une petite potion magique (un anti-spasmodique ou un bon litre d’huile de paraffine), et hop ! Le cheval relève la tête , secoue sa crinière comme un mannequin qui sort de chez le coiffeur, et lâche un énorme… « cadeau » comme la bouse d'une vache avec 3 semaines de constipation.
Le pire, c’est qu’après avoir vidé ton compte bancaire et ton capital nerveux, le cheval te regarde le lendemain matin avec un air frais et dispo : “Bonjour! Dis donc , t'as une sale gu**le c'matin ? Tu t'es battu avec ton oreiller ?”
Fin de l’épisode. Rideau. Applaudissements du public (c’est-à-dire vous, tout seul, en pyjama).
Oui parceque dans la grande majorité des cas, tout finit comme une mauvaise blague.
Malheureusement toutes les coliques ne se terminent pas en comédie légère.
Parfois, le scénario bascule dans le drame réel ( et je ne vous parle pas du drame financier ) quand une torsion intestinale ou un déplacement grave surviennent et la nécrose s’installe . Les coliques digestives restent la première cause de mortalité pathologique chez le cheval. La plupart des cas (environ 90 %) se résolvent avec un traitement médical simple, mais 4 à 10 % nécessitent une chirurgie d’urgence.
C’est là que l’humour s’efface. Parce que derrière les blagues sur la diva à quatre pattes, il y a une réalité cruelle : le cheval est un animal fragile et le plus dur c'est que les causes ne sont pas toujours identifiables et évitables .
Avec les chevaux il faut aussi accepter une vérité frustrante : on ne contrôle pas tout. On peut peser le foin au gramme près, faire des transitions alimentaires plus lentes qu’une mise à jour Windows, vermifuger, hydrater, surveiller… et malgré ça, un cheval peut quand même décider que son intestin va partir en sucette. La culpabilité fait souvent plus de dégâts que la colique elle-même mais n'oubliez pas que l'une des raisons de vivre du cheval est de nous démontrer régulièrement que l'homme ne peut pas tout contrôler.
Les crins de verdure
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