07/07/2026
**Cas clinique — Fourbure sévère avec atteinte avancée de P3 **🧐
Voici le cas d’une ponette atteinte d’une fourbure sévère, prise en charge en collaboration avec la docteure vétérinaire mauger 🤝
Les radiographies mettent en évidence une atteinte majeure du pied, avec une modification importante de la position de la troisième phalange (P3) au sein de la boîte cornée. La perte de soutien lamellaire a entraîné une désorganisation profonde de l’équilibre entre les structures internes et externes du pied.
Le pied droit présente une atteinte particulièrement sévère, avec une P3 (os du pied) fortement remaniée et une altération importante de son extrémité distale. Cette situation impose une approche extrêmement prudente : avant toute recherche de correction mécanique, la priorité est de préserver les tissus encore viables et de maintenir les meilleures conditions possibles pour une reconstruction progressive.
L’analyse radiographique permet notamment d’évaluer :
* la position de P3 par rapport à la paroi dorsale et à la sole,
* l’épaisseur de sole disponible,
* l’évolution de la pointe de P3,
* la relation entre la capsule, la ligne blanche et les structures internes,
* les possibilités de soutien adaptées à l’état actuel du pied.
Cliniquement, la capsule présente d’importantes zones de dégradation avec présence de corne nécrosée. La dépose de ces tissus est réalisée de manière progressive et raisonnée : retirer ce qui est non viable tout en conservant chaque zone capable de participer à la reconstruction future.
La ligne blanche, fortement compromise dans ce type de fourbure, reste un élément central de surveillance. Sa réorganisation sera un indicateur important de la reconstruction de la liaison entre la paroi et les structures internes.
À ce stade, la protection du pied n’est pas encore possible de manière conventionnelle. Le pied doit d’abord retrouver une base suffisamment saine et stable pour recevoir un dispositif de soutien adapté.
La stratégie repose donc sur plusieurs phases :
• gestion de la douleur et du confort,
• décompression des zones compromises,
• retrait progressif des tissus nécrosés,
• surveillance de l’évolution interne par imagerie,
• accompagnement de la repousse d’une nouvelle capsule fonctionnelle,
• mise en place d’un soutien mécanique lorsque les conditions seront réunies.
Ce cas illustre une nouvelle fois l’importance du dialogue entre vétérinaire et professionnel du pied. Dans les fourbures sévères, il n’existe pas de protocole unique : chaque décision doit être guidée par l’état réel du pied, les structures encore présentes et la capacité de reconstruction du cheval.
Un travail long, minutieux, où chaque millimètre compte. 🙏