10/09/2026
Moi, Dame Aline, la Grenouille des Marais 🐸, j'ai eu la chance, au fil des années, de croiser bien des archers.
Des jeunes qui découvraient à peine le tir à l'arc, des anciens porteurs de traditions, des chevaliers, des débutants, des champions… Tous différents, mais réunis par une même passion.
Et s'il y a une chose que j'ai comprise en les observant, c'est que l'archerie ne se résume jamais à une flèche qui atteint le centre de la cible.
Un archer ne grandit jamais seul.
Je l'ai vu tant de fois : un débutant qui hésite sur le pas de tir, un ancien qui prend le temps de lui expliquer, un compagnon qui aide à régler un arc, une main qui se tend après une mauvaise volée.
Ces gestes peuvent sembler anodins. Pourtant, ce sont eux qui tissent, au fil du temps, les liens qui unissent les archers.
J'aime particulièrement ces instants où la compétition s'efface derrière l'amitié.
Sur le pas de tir, chacun cherche naturellement à donner le meilleur de lui-même. On compte les points, on espère le beau tir, on félicite celui qui réussit. Mais lorsque les arcs sont rangés, il n'y a plus vraiment d'adversaires.
Il y a simplement des archers.
Et souvent, des amis.
Cette fraternité dépasse d'ailleurs largement les murs d'un jeu d'arc ou les limites d'une Compagnie.
Elle voyage avec nous. Elle se retrouve lors des concours, des bouquets provinciaux, des cérémonies, des fêtes traditionnelles et de toutes ces rencontres où l'on retrouve des visages connus… ou que l'on découvre pour la première fois.
Il suffit parfois de quelques volées partagées pour qu'une rencontre devienne un souvenir.
Et parfois, un souvenir devient une amitié.
Mais la fraternité ne consiste pas seulement à rire ensemble autour d'un verre ou à partager un bon repas après un concours.
Elle se révèle aussi lorsque les choses deviennent difficiles.
Une Compagnie qui traverse une mauvaise période a besoin de ses archers. Un jeune qui doute a besoin d'être encouragé. Une tradition menacée a besoin de personnes prêtes à retrousser leurs manches.
C'est dans ces moments-là que l'on reconnaît véritablement l'esprit de l'Arc.
J'ai vu des archers donner leur temps, leur énergie, parfois même bien davantage, simplement parce qu'ils refusaient de laisser disparaître ce que les générations précédentes leur avaient transmis.
Et cela, mes amis, me touche particulièrement.
Parce que l'archerie est aussi une histoire de transmission.
Ce que nous recevons aujourd'hui, nous ne le possédons pas vraiment. Nous en sommes les gardiens pour quelques années, avant de le transmettre à notre tour.
Alors oui, j'aime regarder les belles flèches.
J'aime les beaux scores.
J'aime les cérémonies et les honneurs.
Mais ce que je préfère observer, moi, Dame Aline, la Grenouille des Marais 🐸, ce sont ces gestes qui ne figurent dans aucun palmarès :
celui qui attend son compagnon,
celui qui explique sans se moquer,
celui qui félicite malgré la défaite,
celui qui revient aider lorsque tout le monde est déjà parti.
C'est là que se trouve, à mes yeux, la véritable grandeur d'un archer.
Parce qu'une belle flèche peut faire gagner une volée.
Mais une main tendue peut faire vivre toute une Compagnie.
Au fond, je crois que c'est cela, la fraternité entre archers : savoir que nous pouvons être différents, venir de Compagnies différentes, tirer dans des disciplines différentes, et pourtant nous retrouver autour des mêmes valeurs.
Le respect.
L'entraide.
La transmission.
L'amitié.
Et cette petite flamme qui nous pousse, génération après génération, à faire vivre l'Arc.
Alors, depuis mes marais, je continuerai à observer mes chers archers. 🐸
Je les regarderai tendre leurs arcs, chercher le centre, rire de leurs flèches perdues et parfois se dépasser eux-mêmes.
Mais surtout, je continuerai à regarder ce qui se passe entre deux volées.
Car c'est souvent là que se trouve le plus beau des tirs :
celui qui va droit au cœur. ❤️🏹