les crins de verdure

les crins de verdure

Partager

🐮 Association de cavaliers en Ă©curie familiale. RĂ©cits et rĂ©flexions du quotidien, nourris par nos poneys et chevaux dĂ©fectueux (mais attachants).

Humour, vécu, amour du vivant et auto-dérision.
📚 livre disponible sur https://lescrinsdeverdure.com/

29/08/2026

THE LAST DAY

On prend des forces pour assurer les derniers envois ! A ce stade, on tourne essentiellement au bol de cafĂ© et au saccharose 😂
Alors ne m’en voulez pas si quelques pages arrivent collĂ©es par le sucre
 đŸ€·

Encore quelques enveloppes et on pourra tout ranger pour laisser la place au tome 2... Et enfin reprendre possession de mon salon 🎉

28/08/2026

LA TRANSMISSION

Quand on est cavalier et qu’on devient parent, il y a une Ă©vidence. Notre enfant aimera les chevaux. Ça n'est pas un souhait mais un fait scientifique ! la gĂ©nĂ©tique ne s’arrĂȘte pas aux portes du poney-club ...
Ce mÎme a baigné neuf mois dans un liquide amniotique enrichi en urine de poney , sa mÚre a probablement curé un box enceinte de sept mois et son premier body , offert par une copine d'ecurie, portait un poney avec écrit « Futur(e) cavaliÚr(e) ».
BREF IL VA AIMER LES CHEVAUX.
C’est actĂ©.

Enfin
 normalement.
Parceque lĂ  vĂ©ritĂ© c'est que la transmission de la passion Ă©questre est un phĂ©nomĂšne extrĂȘmement alĂ©atoire qui mĂ©riterait probablement quelques annĂ©es d’études Ă  l’INRAE.
Car il existe en fait plusieurs scénarios.

SCÉNARIO N°1 : L’ENFANT TRAÎTRE

Vous avez tout préparé.
Le petit poney la bombe taille 38 , les mini-bottes absolument adorables avec une petite fermeture Ă©claire et du cuir pleine fleur comme maman ( ou le modĂšle a 29.99€ de chez Decathlon c'est bien aussi ). La petite brosse douce spĂ©cialement adaptĂ©e Ă  ses petites mains trop choupinettes.
Vous l’emmenez aux Ă©curies depuis qu’il sait tenir sa tĂȘte tout seul et a18 mois et demi, vous l’avez assis sur Pompon pour faire une photo qui a fait le tour de la famille au repas de NoĂ«l.
À deux ans, il savait dire « cheval » avant de savoir conjuguer le verbe ĂȘtre.
À quatre ans, considĂ©rant que le moment Ă©tait venu, vous lui posez LA question , juste parceque vous vous apercevez subitement qu'en fait vous ne lui avait jamais posĂ© la question ( puisque qu'Ă©vidente !)
« Tu voudrais faire du poney ? Hein , dit ...tu vas faire du poney ? On est d'accord !?đŸ„č »
Et lĂ , votre enfant vous regarde avec la froide dĂ©termination du traitre qui s'apprĂȘte Ă  ruiner 6 annĂ©es de projection parentale en une seule phrase.
" je préfÚre le foot , comme mon copain Jules "


Du foot.
" Tu parles de cette discipline qui consiste Ă  faire courir vingt-deux personnes derriĂšre un ballon alors qu’en donner un Ă  chacun aurai suffit a rĂ©gler le problĂšme ?
Et puis c'est qui d'abord Jules ? C'est pas sa mÚre qui s'est mis les doigts dans le nez au feu rouge la semaine derniÚre ? ( Ho c'est moche ça !) "

Vous possédez deux chevaux, trois selles, quatorze tapis, une remorque, des bottes, un van, probablement un crédit et suffisamment de matériel équestre pour ouvrir une succursale de Padd
 Et votre descendance veut courir derriÚre un ballon ou sautiller dans un tutu ?!

Vous tentez une négociation.
" Tu es sĂ»r ? Parce qu’au poney tu pourrais galoper
 "
Non...y a rien a faire , il veut du foot.
Ou de la danse...ou pire : du VTT
Dans les cas les plus graves : du tennis ( ça coûte une blinde alors qu'il n' y a meme pas de poney ).
Vous voilà donc, le samedi matin, assis au bord d’un terrain municipal sous une pluie horizontale à regarder Enzo courir aprùs un ballon ou Lola au spectacle de danse , pendant que votre cheval vous attend à la maison.
Vous applaudissez parce que vous ĂȘtes un bon parent mais intĂ©rieurement, vous vous demandez quand mĂȘme oĂč est ce que ça a merdĂ© et s'il vaudrait pas mieux demander un test de maternitĂ© ...au cas oĂč.

SCÉNARIO N°2 : LE NOUVEAU SIMON DELESTRE

À l’autre extrĂ©mitĂ© du spectre, nous avons le parent dont l’enfant AIME effectivement le poney.
Et parfois
il l’aime mĂȘme beaucoup.
À six ans et demi, Timeo enchaĂźne dĂ©jĂ  quatre plots orange au trot sans renverser le cĂŽne du milieu. Sa mĂšre a immĂ©diatement compris.
Il a quelque chose. On ne sait pas encore exactement quoi, mais il l’a.
Elle l’a vu dans son regard. Et surtout dans ce virage entre le plot bleu et la barre au sol.
Le moniteur a dit :
« C’est bien Timeo ! »
Trois mots , Il n’en fallait pas davantage.
Le soir mĂȘme, ses parents regardaient le prix des poneys de sport sur Internet parce qu’il faut se rendre Ă  l’évidence : Timeo est probablement le nouveau Simon Delestre.
Certes, il a six ans et demi et confond encore sa droite et sa gauche.
Certes hier il est tombé de sa chaise en mangeant une compote.
Mais À PONEY, il a quelque chose ! C'Ă©tait indĂ©niable.
Commence alors une carriĂšre internationale extrĂȘmement prometteuse dont le premier objectif est le championnat dĂ©partemental de maniabilitĂ© catĂ©gorie moustiques.
EntraĂźnement le mercredi , cours particulier le vendredi , concours le dimanche et Ă©videmment : stage pendant les vacances. Et aussi travail Ă  pied le mardi parce qu’il faut " crĂ©er une vraie relation avec Biscotte ". La vĂ©ritĂ© c'est que ses parents vivent leur passion par procuration.
Timéo, lui, aimerait parfois rester à la maison pour regarder la Pat'Patrouille mais Impossible.On ne devient pas champion olympique en regardant Pat'Patrouille, Timéo.
Alors papa filme et maman chronomĂštre pendant que le moniteur tente timidement :
" Vous savez, Ă  cet Ăąge-lĂ , le principal c’est quand mĂȘme qu’il s’amuse
 "
Évidemment qu’il s’amuse. Maman a dit qu'il s'amusait ...mais Il s’amusera encore davantage quand il aura amĂ©liorĂ© son chrono de 1,7 seconde.

SCÉNARIO N°3 : L’ENFANT À RETARDEMENT

Et puis il y a celui qui n’en a absolument rien à fo**re des chevaux pendant quinze ans.
Vous avez essayé...Oh que vous avez essayé.
BaptĂȘme de poney Ă  trois ans : c'est non.
Balade Ă  six ans : non plus
Stage à neuf ans : " C’est long. Quand est ce qu'on rentre ? "
À douze ans, il prĂ©fĂšre son tĂ©lĂ©phone.
À quatorze, l’odeur des Ă©curies lui donne envie de mourir...
Bref.Vous avez fini par accepter et vous résigner.Votre passion ne sera pas la sienne.
Vous avez donc rangĂ© votre rĂȘve de balades familiales dans le grand placard des fantasmes parentaux, entre " mes enfants ne mangeront jamais sur le canapĂ© " et " chez nous, chacun rangera sa chambre ".
Puis un jour
 À seize, dix-huit, vingt-cinq ou trente ans

"Dis
 tu crois que je pourrais monter avec toi ? "
"..."
Surtout ne pas bouger. Retenir tout signe de jubilation pour ne pas effrayer l’animal... Retenir ce soubresaut au coin des lĂšvres et cette larme Ă  l'oeil et rĂ©pondre nonchalamment en ayant l'air de rĂ©flĂ©chir sĂ©rieusement Ă  la question :
" Moui
 si tu veux
 "
Alors qu'Ă  l’intĂ©rieur de vous, Disneyland vient d’ouvrir une succursale.
Vous ressortez une bombe , vous cherchez Ă  la hate une paire de bottes. Vous avez dĂ©jĂ  mentalement planifiĂ© une randonnĂ©e de trois jours alors que votre progĂ©niture vient simplement de demander s’il pouvait faire vingt minutes de pas.


SCÉNARIO N°4 : LE PARENT QUI TRANSMET SA PASSION
 ET SES NÉVROSES

Celui-lĂ  voulait absolument que son enfant monte.
Jusqu’au jour oĂč son enfant est effectivement montĂ©.
Et soudain

Gros prise de conscience. Un cheval c'est quand mĂȘme une bout de viande de 500kg dotĂ© de quatre sabots, d’un cerveau a la logique discutable et d’une capacitĂ© prĂ©occupante Ă  prendre des dĂ©cisions personnelles...
- Mets ta bombe.
- Elle est sur ma tĂȘte maman
- Attache-la mieux.
- Elle est attachée.
- Vérifie encore
- MAMAN TU ME FAIS C...
- il est oĂč ton protĂšge dos ? IL EST OU ?

Le parent suit le cours depuis la lice, en apnée.
Son enfant trotte....Beaucoup trop vite !!!
Enfin Ă  8 km/h.Mais tout de mĂȘme.
Le poney secoue la tĂȘte.
' QU'EST CE QU'IL FAIT? "
Il a éternué, Nathalie.

L’enfant veut galoper mais Nathalie prĂ©fĂ©rerait qu’il maĂźtrise auparavant parfaitement le trot assis, le trot enlevĂ©, le freinage d’urgence, la chute contrĂŽlĂ©e, les gestes de premiers secours et Ă©ventuellement la rĂ©animation cardio-pulmonaire.
Puis vient le premier concours. Le parent avait rĂȘvĂ© de ce moment pendant des annĂ©es.
Il dĂ©couvre finalement qu’il aurait prĂ©fĂ©rĂ© que son enfant choisisse les Ă©checs.
Le voilĂ  au bord de la carriĂšre, les mains moites, incapable de regarder l’obstacle numĂ©ro 4. " Pourquoi ils mettent une barre AUSSI HAUTE ?! Il est oĂč le commissaire de piste " , certe elle ne fait que 40 centimĂštres mais c’est son bĂ©bĂ© dessus !
C’est lĂ  tout le paradoxe.On rĂȘve de leur transmettre notre passion mais c'est lorsqu'ils s'y mettent vraiment qu'on rĂ©alise qu’on vient aussi de leur transmettre une activitĂ© dans laquelle ils vont tomber, se faire marcher sur les pieds, se faire embarquer, prendre des gamelles et nous expliquer tranquillement :
" Mais maman, t’inquiùte, je gùre. "
Phrase qui, prononcĂ©e par votre enfant depuis le dos d’un poney n'a absolument rien de rassurant.

ET PUIS IL Y A LA RÉALITÉ


Parce qu’au fond, transmettre une passion ne consiste probablement pas Ă  fabriquer une version miniature de soi-mĂȘme.
On aimerait evidemment ( si si ).
On imagine les balades ensemble, les concours, les discussions interminables Ă  l’écurie, les dimanches Ă  prĂ©parer les chevaux ect ect...Mais un enfant n’hĂ©rite pas forcĂ©ment de nos passions.
Parfois il les adopte , parfois il les refuse ou les abandonne avant d’y revenir dix ans plus t**d.
Et puis y a celui à qui on voulait simplement transmettre le plaisir de monter qui fini par nous expliquer trÚs sérieusement que notre position de jambe est a c***r et qu'on devrait se redresser lors des départs au galop ...
Et là
 c’est probablement le moment oĂč l’on se demande oĂč on a rangĂ© ses put*** de chaussures de foot !

Les crins de verdure

Livre disponible dans le lien en commentaire

27/08/2026

Je prĂ©cise a toute fin utile ( une nouvelle fois) que personne n'est pris en otage et que toute personne ne souhaitant pas attendre les derniers envois de livre cette semaine , peut demander l'annulation et le remboursement de cette commande Ă  tout moment ( enfin avant l'envoi tout de mĂȘme...).
N'ayez aucun scrupule 😊

27/08/2026

📱 AVIS DE RECHERCHE DE FOIN 🚹

Bon
 on commence doucement Ă  dĂ©sespĂ©rer de trouver notre foin pour l’hiver. 😅 On s'y est pourtant pris tĂŽt cette annĂ©e mais une partie du stock est parti pendant la sĂ©cheresse du mois d'aoĂ»t..et notre fournisseur Ă  coupĂ© les vannes pour ses propres chevaux.

Alors certes, Bonbon est au régime et on pourrait considÚrer cette pénurie comme une excellente opportunité nutritionnelle.
Mais Ă  cĂŽtĂ© de ça, nous avons aussi quelques individus qui, malgrĂ© toute leur bonne volontĂ©, peinent Ă  maintenir un physique dĂ©cent en lĂ©chant trois cailloux et une touffe d’herbe sĂšche. đŸ€Šâ€â™€ïž

Nous recherchons donc PAS MOINS DE 12 TONNES de fourrage.

Dans un monde parfait : de l’enrubannĂ©.
Celui oĂč tout est simple, oĂč l'herbe sort de terre en toute saison , et oĂč tous les chevaux respirent correctement.
Dans notre monde Ă  nous : du bon foin classique ça nous va aussi , s'il n'y a que ça. Parce qu’à ce stade, nous sommes revenus Ă  des ambitions nettement plus rĂ©alistes. 😂

📍 Secteur Laval et alentours, avec possibilitĂ© d’étudier un peu plus loin selon quantitĂ©, qualitĂ© et transport.

Donc si vous avez 12 tonnes ou plus, si votre voisin en a, si votre cousin connaüt quelqu’un dont le beau-frùre a entendu parler d’un agriculteur qui aurait du stock

Qu'il soit rond , petit , rectangulaire ou mĂȘme octogonale, on prend tous les conditionnements.

👉 ON PREND LES INFOS !

Partages bienvenus, parce qu’on aimerait Ă©viter de passer l’hiver Ă  expliquer aux chevaux que les cailloux sont riches en fibres meme si pauvres en calories.

Les crins de verdure

27/08/2026

LES FOURCHES

En lisant mon texte des fourches , ma fille m'a rappelé que ça avait été filmé.
Voici donc en exclusivitĂ© les images de la fois oĂč Gamine s'Ă©tait prise pour un tracteur , dĂ©terrĂ©es de mes archives 2024 😬 histoire complĂšte Ă  lire un peu plus bas.

HĂ© ba ouais... Tout ce que je vous raconte ici est authentique đŸ€Ł

26/08/2026

UNE VIE SANS EUX

Parfois, je me demande Ă  quoi ressemblerait ma vie sans chevaux.

Et objectivement, sur le papier, ce serait formidable. DĂ©jĂ , j’aurais de l’argent.Plein
( Enfin, je suppose )
Parce que je n’aurais plus de factures vĂ©to Ă  quatre chiffres. Je n'aurai plus a passer de coup de fil qui commencent par « Bonjour, rien de grave
 » mais qui terminent quand mĂȘme par la vente d’un troisiĂšme rein.
Plus de marĂ©chal , plus de dentiste , plus d’ostĂ©o ( elle va me manquer ) , plus de vermifuges ( ça ca va pas me manquer ).
Plus de complĂ©ments alimentaires Ă  74,90 € le seau dont l’ingrĂ©dient principal semble ĂȘtre du foin rĂ©duit en confetti avec une pincĂ©e de poudre de licorne.
Je pourrais donc dépenser tout cet argent dans



Ba...Des fringues ?
Oui, voilĂ . Des fringues.
Bon, pas des pantalons d’équitation du coup , puisque je n’aurais plus de cheval.
.. Des chaussures alors ?!
Mais pas des bottes , ni des boots , ni des chaussures étanches permettant de traverser 14 cm de boue sans perdre une chaussette.
Des vraies chaussures de dame quoi. Celle qui font mal aux pieds et avec lesquelles on ne peut absolument rien faire d'autre que de marcher sur un trottoir et de la moquette. Il paraßt que c'est ça, le luxe.
Je mettrais du parfum et j'aurai les ongles longs et vernis puisque je ferai rien de sale avec mes mains...peut ĂȘtre mĂȘme que je ferai rien de mes 10 doigts d'ailleurs.
Et surtout, j’aurais du temps ! Pleeeeeiiiinnnnn de temps. Le soir, je rentrerais du travail et je n’aurais rien Ă  faire. Pas de chevaux Ă  nourrir , de couvertures Ă  changer , pas de clĂŽture Ă  vĂ©rifier ou de « je vais juste jeter un Ɠil vite fait » qui fini par une soirĂ©e dehors Ă  la lampe frontale en pyjama sous la flotte.

Je rentrerais chez moi et j'aurai plus qu'à m’occuper de moi.
Et des enfants ... quand mĂȘme.
Puis je m’assiĂ©rais sur mon canapĂ© et je regarderais la tĂ©lĂ© ( quoi faire d'autre de toute façon ?). Comme je n’aurais plus Ă  surveiller la mĂ©tĂ©o pour savoir si mes chevaux vont avoir trop chaud, trop froid, trop d’herbe, pas assez d’herbe, de la boue, des mouches ou une apocalypse digestive, je pourrais regarder les informations...
Et lĂ , forcĂ©ment, Je dĂ©velopperais probablement une forme sĂ©vĂšre d’anxiĂ©tĂ© mĂ©diatico-politico existentielle.
Puis à force de les regarder, je finirais probablement par avoir des avis politiques pour me prendre le chou avec le reste de la famille au repas de Noël des beaux parents.

J’aurais Ă©galement beaucoup plus de disponibilitĂ©s.Donc plus aucune excuse valable pour rater une rĂ©union de famille. Le coup de la gastro ça marche 2/3 fois pas plus ...
Le « DĂ©solĂ©e, je peux pas, j’ai un problĂšme avec un cheval » ne fonctionnerait plus.

Je serais donc présente à tous les anniversaires, communions , repas du dimanche.
Aux apĂ©ros qui commencent Ă  midi et finissent Ă  19 heures autour d’un dĂ©bat sur la meilleure façon de cuire un gigot ou sur l'intĂ©rĂȘt de la voiture Ă©lectrique.
Je connaßtrais probablement le prénom de tous les enfants de mes cousins et leur ùge .... Terrifiant.

Et puis je ne vivrais certainement pas ici.
Parce que franchement, Ă  quoi bon avoir autant de terrain si personne ne doit le piĂ©tiner, le clĂŽturer, le transformer en bourbier ou s’échapper par l’unique endroit oĂč le grillage fait 7 centimĂštres de moins ?
J’aurais une petite maison en quartier rĂ©sidentiel.
Avec un petit jardin , une terrasse, un robot tondeuse et des voisins.
Des vrais , comme a la télé.
Qui vivraient a moins de huit mĂštres de ma clĂŽture. Des gens que je n’aurais pas choisis mais dont je connaĂźtrais malgrĂ© moi les horaires de tondeuse, les disputes conjugales et la passion inexplicable pour le KĂ€rcher le dimanche matin.
Je ne pourrais mĂȘme plus ouvrir ma porte et hurler :
« À TAAAAABLE !!! ».
Parce que en ville hurler un « à table » audible a 800m est beaucoup moins acceptable socialement.

Ma voiture, en revanche, serait propre. Je pourrais y faire monter des gens sans rougir.
Il n’y aurait pas de foin dans le coffre, pas de cure-pied sous le siĂšge ni de licol sur la banquette arriĂšre ni mĂȘme cette mystĂ©rieuse couche de poussiĂšre brune dont l’analyse ADN rĂ©vĂ©lerait probablement 12 % de terre, 38 % de poils et 50 % de crottin en poudre.

J’aurais sĂ»rement une belle voiture.
Une voiture inutilement brillante pour crĂąner devant mes nouveaux voisins.
Sauf que mon voisin aurait évidemment fini par acheter le modÚle au-dessus. Donc je changerais la mienne puis lui changerait la sienne...
Et nous finirions tous les deux avec des SUV Ă  70 000 € pour parcourir les 1,8 km qui nous sĂ©pare de la boulangerie le dimanche matin.
Parce qu’à dĂ©faut d’avoir une source d’épanouissement vivante, je dĂ©velopperais probablement un culte de l’objet.
Je collectionnerais quelque chose....des chaussures ou des sacs Ă  main. J'en aurai au moins un dĂ©jĂ ...rien que ca 😬

Puis des bougies parfumĂ©es Ă  42 € achetĂ©e chez nature et dĂ©couverte...
Ou des nains de jardin. À ce stade, tout est possible.

J’aurais aussi un jardin impeccable.
Une pelouse tondue à 32 millimÚtres sans un trou ni de clÎture rafistolée avec trois bouts de ficelle a foin et une poignée de jurons.
Pas un arbre rongé ou grillagé, pas de brouette abandonnée depuis mardi parce que « je la rangerai demain ».
Je pourrais planter des fleurs sans avoir à vérifier au préalable si elles sont toxiques pour les chevaux... Je ferai pousser des légumes !! Et pas des carottes...parceque j'aime pas les carottes !

Et puis j'aurais un abonnement Ă  la salle de sport. Je paierais une blinde pour marcher sur un tapis qui ne mĂšne nul part et pour soulever volontairement des trucs lourds, alors que je pourrais faire la mĂȘme chose gratuitement en soulevant des sacs de granulĂ©s ou en poussant des brouettes de crottin.

Je partirais également en vacances comme une personne normale.
Je rĂ©serverais un hĂŽtel , je mettrais ma valise dans ma voiture....peut ĂȘtre mĂȘme celle de mon mari et de mes enfants et je partirais sans organiser au prĂ©alable un sommet du G20 pour dĂ©terminer qui nourrit qui, qui change quelle couverture, qui vĂ©rifie l’eau, qui connaĂźt le numĂ©ro du vĂ©to et qui est capable de reconnaĂźtre une colique sans m’appeler parce que Pompon a bĂąillĂ©. Mais j'aurai peut ĂȘtre dĂ©veloppĂ© assez de stress pour demander Ă  mes voisin d'aller arroser mes plantes vertes et vĂ©rifier que tout est ok dans ma maison vide...

Mais en tout état de cause je m'inquiéterai moins...
Je ne me réveillerais plus la nuit en me demandant si ce bruit dehors était normal.
Je ne scruterais plus un cheval pendant vingt minutes parce que : " Je sais pas
 je le trouve bizarre "

Je n’aurais plus Ă  interprĂ©ter la forme d’un crottin comme un archĂ©ologue dĂ©chiffrant une tablette sumĂ©rienne. Je n’aurais plus de boue sur mes chaussures , de foin dans mon soutien-gorge et par extension dans le siphon de ma do**he.
Plus de poils dans ma voiture , de rĂ©veils Ă  l’aube et de factures absurdes.
Plus de week-ends organisĂ©s autour d’un marĂ©chal, de soirĂ©es passĂ©es dehors sous la pluie. Plus de " MAIS QU’EST-CE QUE T’AS ENCORE FOUTU ?! " lancĂ© Ă  un animal qui me regarde avec l’expression parfaitement sereine de celui qui sait que... je paierai de toute façon !

Bref.J’aurais de l’argent, du temps , une maison propre , une voiture propre , des chaussures propres , un jardin propre...
Une vie parfaitement organisée , standardisée et confortable.

Je n'aurais plus ces journĂ©es qui ne se passent jamais exactement comme prĂ©vu , ces grandes victoires minuscules que personne d’autre ne comprend et cette Ă©trange sensation d’avoir passĂ© une partie considĂ©rable de ma vie, de mon Ă©nergie et de mon compte bancaire Ă  m’occuper d’animaux qui, objectivement, pourraient trĂšs bien vivre sans moi

mais sans lesquels, manifestement, moi, je ne saurais pas trĂšs bien quoi faire de ma vie.

Alors je tiendrais quoi ? Six mois ? Un an peut-ĂȘtre avec un robot aspirateur et une voiture neuve propre?
Et puis un dimanche, entre deux réunions de famille , une soirée à la salle de sport et aprÚs avoir surpris mon voisin en train de lustrer son nouveau SUV devant ses trois nains de jardin, je dirais :
« Je vais juste aller voir les prix au centre équestre. Comme ça. Par curiosité. »

Et nous savons tous comment se termine ce genre de phrase. Trois ans plus t**d, il y aurait 2 ou 3 chevaux dans mon jardin , du foin dans ma voiture , une facture vĂ©to sur la buffet de l'entrĂ©e et tout serait enfin rentrĂ© dans l’ordre....

Les crins de verdure

Livre disponible dans le lien en commentaire

25/08/2026

LES FOURCHES

Ce dimanche d’étĂ© avait pourtant commencĂ© dans le calme.

Nous venions de monter et de soigner tous nos chevaux de tĂȘte et comme souvent, nous les avions laissĂ© profiter du jardin pendant que nous dĂ©jeunions tranquillement sur la terrasse.

..Enfin, « tranquillement ».
Chez nous, laisser des chevaux brouter dans le jardin implique tout de mĂȘme une certaine surveillance. Rapport Ă  leur capacitĂ© assez exceptionnelle Ă  transformer le moindre Ă©lĂ©ment de dĂ©cor en situation nĂ©cessitant l’intervention des secours đŸ«©

Notre terrain est trĂšs vallonnĂ© : la maison se trouve en contrebas d’une petite colline, en haut de laquelle se trouve l'abri du tracteur et le chemin qui mĂšne aux Ă©curies ...
Nous nous apprĂȘtons Ă  dĂ©jeuner dehors et depuis nos magnifiques chaises de jardin en plastique nous avions donc une vue imprenable sur les allĂ©es et venues de nos protĂ©gĂ©s.
Oui aux crins de verdure nous sommes Ă©quipĂ©s ce lĂ©gendaire mobilier de prestige spĂ©cialement Ă©tudiĂ© pour vous coller aux cuisses dĂšs qu’il fait plus de 24 degrĂ©s ( ça c'etait un message subliminal pour mon mari...s'il tombe par hasard sur ce texte )

Gamine, ma Percheronne d’une tonne, dĂ©ambulait paisiblement de gauche Ă  droite au grĂ© des touffes d’herbe, avec la grĂące discrĂšte d’un camion en pĂąturage libre. Dans son sillage, Ă©videmment, Uvilla, sa groupie officielle, et Doc, son amoureux transi, incapable de la laisser brouter trois mĂštres plus loin sans se comporter comme un ado qui vient juste de se faire larguer.
Le trio de tĂȘte de la maison. Riri, Fifi et Loulou version Ă©quine : toujours dans les mĂȘmes plans, et gĂ©nĂ©ralement jamais trĂšs loin d’une idĂ©e Ă  la con.

Bref. Donc tous les trois portaient leur licol « Au cas oĂč. », n'Ă©tant pas dans leur champ mais dans le jardin, tout pouvait arriver.
Entre deux rondelles de saucisson, je jetais rĂ©guliĂšrement un Ɠil dans leur direction, histoire de vĂ©rifier que personne n’avait passĂ© la tĂȘte entre les cordes de la balançoire, tentĂ© de rentrer dans la maison ou dĂ©cidĂ© de passer sous mon fil Ă  linge ( Oui Bonbon, c’est de toi dont on parle ).
J’aperçois les fesses de Gamine dĂ©passer derriĂšre la haie de charmille qui longe le chemin des Ă©curies, juste au pied de l’abri du tracteur ou madame s'offre une sĂ©ance de gratouillage.
Tout va bien.
Nous pouvons poursuivre notre discussion.
Puis soudain


J’aperçois Gamine reculer violemment , sa tĂȘte ressort de derriĂšre la haie avec ce que l’on pourrait qualifier de panique absolue
 Ă  l’échelle de Gamine.
Parce qu’un Percheron d’une tonne ne panique pas exactement comme un poney welsh sous ecsta. Chez elle, ça se traduisait essentiellement par une encolure quinze centimĂštres plus haute que d’habitude, deux yeux lĂ©gĂšrement plus ronds et cette expression trĂšs particuliĂšre que tout propriĂ©taire de cheval apprend un jour Ă  reconnaĂźtre :
« Maman
 il semblerait que j’aie fait une connerie. »

Je fronce les sourcils. Je regarde mieux.
Je pose mon verre. Je regarde encore.
Non...
Je me lÚve légÚrement de ma chaise.
Ha Si !
Suspendue au licol de Gamine, oscillant tranquillement sous son menton, se trouve


LA FOURCHE DU TRACTEUR.

Celle qui, dans un monde normal est censĂ©e ĂȘtre accrochĂ©e au tracteur. Je vous parle des grosses fourches mĂ©talliques qui servent Ă  piquer et transporter les rounds de foin.
Le machin que mon mari prend justement soin de ranger dans la haie afin que PERSONNE ne puisse s’y accrocher, en ne laissant dĂ©passer que les fixations et la goupille. Cette mĂȘme goupille sur laquelle Gamine avait visiblement dĂ©cidĂ© de se gratter la tĂȘte et sur laquelle son licol venait de s’accrocher.

13h12mn et 37 secondes.
VoilĂ  donc ma percheronne d’une tonne Ă©quipĂ©e comme le tracteur, prĂȘte Ă  aller me chercher un round de foin.
Pendant quelques secondes, mon cerveau refuse de traiter l’information parce qu’il faut bien comprendre que cette fourche, un homme seul ne la soulùve pas.
MĂȘme mon homme Ă  moi , pourtant gaulĂ© comme Popeye aprĂšs trois boĂźtes d’épinards.

13h12mn et 40 secondes.
Je reste stoĂŻque Ă  regarder ma jument avec , suspendu Ă  sa tĂȘte du matos agricole comme un mĂ©daillon pesant le poids d’un gros Ă©lectromĂ©nager familial.
J’attends que la fourche se dĂ©croche , que le licol casse , que Gamine baisse la tĂȘte et dĂ©pose dĂ©licatement son nouvel Ă©quipement au sol.
Quelque chose de logique.... jusqu'à que GAMINE COMMENCE À DESCENDRE LA COLLINE VERS NOUS , fourches en avant.

13h12mn et 42 secondes.
Mon cerveau revient TRÈS VITE en ligne.
Je me rappelle que quand Gamine a un problĂšme elle se prĂ©cipite gĂ©nĂ©ralement sur moi... Je ne compte plus le nombre de fois oĂč , de peur elle s'est jetĂ© dans mes bras au champ ou en balade a pied , comme un petit chat apeurĂ© ,manquant de m'Ă©craser au passage.

13h12mn et 45 secondes
Bref , ces deux premiers pas m'aident a parfaitement visualiser la suite du programme :
Gamine panique , part au galop , dévale la pente.
arrivant sur la terrasse Ă©quipĂ©e d’une fourche de tracteur et nous devenons tous les premiers humains de l’Histoire Ă  mourir embrochĂ©s pendant un apĂ©ro par une Percheronne transformĂ©e en Fenwick... Si c'est pas elle qui se prend les pieds dedans et fini en brochette sur le barbecue qui est en train de chauffer.
Une fin aussi spectaculaire que difficile à expliquer à l’assurance.

Je jette mon verre sur la table et bondis de ma chaise. Enfin
J’essaie.
Parce que quiconque a dĂ©jĂ  tentĂ© de se lever prĂ©cipitamment d’une chaise de jardin en plastique connaĂźt cette grande loi de la physique :
UNE CHAISE EN PLASTIQUE NE RECULE JAMAIS QUAND ON EN A BESOIN ( deuxiĂšme tentative ).

Elle s’agrippe Ă  la terrasse , elle racle , se tord et se coince sous vos fesses avec la dĂ©termination d’une rĂąpe Ă  fromage ( Et je vous arrĂȘte tout ce suite , cela n'a rien a voir avec le fait que j'ai peut ĂȘtre aussi un peu abusĂ© du saucisson ...đŸ€Š )
Je me retrouve donc Ă  lutter avec ma chaise en plastique, qui a manifestement dĂ©cidĂ© que nous finirions cette histoire ensemble. Dans la manƓuvre, j’accroche un pied de table et envoie valser une partie de l’apĂ©ritif.

Ce qui ajoute naturellement de la panique à la panique. Mon mari, moldu au milieu d’une famille de cavaliùres, ne comprend absolument rien à ce qui est en train de se passer.
Lui voit surtout son apĂ©ro effectuer un vol balistique avant d’atterrir sur son pantalon.
Mes filles, en revanche, ont immédiatement identifié la menace.
Et nous voilĂ  toutes les trois parties comme des dĂ©ratĂ©es Ă  l’assaut de la colline.
Je n’ai jamais montĂ© cette cĂŽte aussi vite de ma vie. MĂȘme poursuivie par un ours, je ne suis pas certaine d’avoir les mĂȘmes performances.
Nous arrivons enfin Ă  hauteur de Gamine.
Qui a stoppĂ© la course qu'elle avait entrepris de dĂ©buter , museau au vent ,tĂȘte haute , oreilles en arriĂšre , les yeux prĂȘts Ă  sortir des orbites.
Avec toujours, suspendue sous la tĂȘte, sa pu**in de fourche de tracteur et surtout cette attitude trĂšs particuliĂšre du cheval qui dit :
« Je reste encore immobile mais au prochain bruissement de feuille je pars plein cul et chacun pour soi. »

Impossible de soulever la fourche et de la décrocher à la main. Le machin pÚse le poids d'un ùne mort.
La seule solution est de convaincre Gamine de baisser la tĂȘte. Ce qui, lorsqu’un cheval d’une tonne est persuadĂ© qu’un engin agricole vient de lui pousser sous le menton, demande un certain sens de la nĂ©gociation.
Mais probablement rassurĂ©e de nous voir arriver, Gamine coopĂšre et descend la tĂȘte.
Encore un peu

Encore


Jusqu'à ce que le licol se décroche.
La fourche tombe au sol.
Gamine est libre , tout le monde est entier et sur la table les rondelles de saucissons flottent dans une flaque de rosée...comme les derniÚres victimes collatérales d'un drame qui n'a finalement pas eu lieu.

Et ce jour-lĂ , j’ai ( encore ) appris une leçon que je n’ai plus jamais oubliĂ©e :
On peut sĂ©curiser les clĂŽtures , ranger les outils cacher, les objets dangereux ,anticiper les fils Ă  linge, les balançoires, les barriĂšres, les poignĂ©es, les crochets et toutes les inventions humaines susceptibles d’attirer un cheval. Il restera toujours UNE PU**IN DE GOUPILLE quelque part qui t'attend cachĂ© derriĂšre les fourrĂ©s.
Et votre cheval la trouvera.
Depuis ce jour , je ne laisse plus jamais de licol sur un cheval en Ă©tat de marche, mĂȘme en dehors de leur champ.

Les crins de verdure

Livre disponible dans le lien en commentaire

24/08/2026

ENCORE 200... et on arrete.

Voilà
 on arrive au bout des 2 000 exemplaires du livre dont 1 000 dĂ©dicacĂ©s Ă  la main. ✍
Mille.
J'avoue avoir Ă©tĂ© un peu effrayĂ©e par l'ampleur de la tĂąche mais contre toute attente, ça s’est plutĂŽt bien passĂ©.
Mon stylo-plume, mon canal carpien et moi-mĂȘme avons Ă©tĂ© relativement efficaces.
Le stylo a parfois montré des signes de faiblesse , mon canal carpien a déposé plusieurs demandes de RTT.
Et moi, j’ai probablement rĂ©digĂ© les derniĂšres dĂ©dicaces avec la motricitĂ© fine d’une tortue sous antidĂ©presseurs essayant de signer un chĂšque ...

Mais ON L’A FAIT. đŸ„ł

Enfin
 presque.
Il reste encore quelques emballages à terminer, quelques affranchissements, des étiquettes à coller et deux ou trois joyeusetés postalo-douaniÚres pour les envois internationaux.
( Oui en 2026 il est plus compliqué d'envoyer un livre hors Europe qu'un sachet de coc' ).

Bref ....a l'issue de cette petite aventure, il me restera les quelques cartons de commandĂ©s en rab’ Ă  Ă©couler avant de tourner dĂ©finitivement la page.
Environ 200 exemplaires.

Parce qu’en septembre...ON REMET ÇA!
( Parceque je n’apprends rien de mes erreurs et que mon canal carpien n'a pas assez souffert ).
👉 Ouverture des prĂ©commandes du TOME 2 en septembre, pour une sortie prĂ©vue en novembre !
( Et il est quasiment prĂȘt !).

Alors si vous vouliez votre exemplaire de RĂ©flexions et tribulations d’une cavaliĂšre, dĂ©dicacĂ© par mes soins, tant que je possĂšde encore l’usage de mes doigts et que mon Ă©criture reste vaguement lisible ,.c’est maintenant !

🎄 ça peut aussi ĂȘtre l’occasion d’anticiper NoĂ«l.
Un cadeau de NoĂ«l achetĂ© en aoĂ»t, c’est quand mĂȘme la preuve irrĂ©futable que vous avez le contrĂŽle sur votre vie...au moins cette fois.

AprĂšs ça, on ferme les cartons du tome 1, on rachĂšte un stock industriel de cartouches d’encre, on ouvre une cellule psychologique Ă  mon stylo-plume, on prend un rdv kinĂ© Ă  la clinique de la main pour le poignet.


et PLACE AU TOME 2 ! 📚

Parce qu’aprĂšs 2 500 livres vendus, la dĂ©cision la plus raisonnable Ă©tait Ă©videmment


d’en Ă©crire un autre.

www.lescrinsdeverdure.com

Vous voulez que votre entreprise soit Gym la plus cotée à Laval ?

Cliquez ici pour réclamer votre Listage Commercial.

Emplacement

Adresse


Laval