20/09/2026
Un cheval, on ne doit rien lui demander avant ses 6 ans. Vous avez sûrement déjà entendu ça. Moi aussi, et je vais vous dire où je suis d'accord… et où je ne le suis pas du tout. 🤔
Commençons par ce qui est vrai, parce que ça l'est vraiment. Un cheval n'a pas fini son développement avant son hiver de 6 à 7 ans, et sa musculature continue souvent d'évoluer bien après. Ce n'est pas une croyance de vieux cavaliers, c'est de la physiologie. Les plaques de croissance des vertèbres, celles qui reçoivent tout le poids du cavalier, sont parmi les dernières à se refermer, parfois pas avant 6 ans, voire plus t**d chez les grands modèles au long encolure. Le Dr Deb Bennett, dont les travaux sur la croissance osseuse du cheval font référence, l'a documenté clairement : aucun cheval, de aucune race, n'atteint sa maturité squelettique avant cet âge-là. 🦴
[(croissance osseuse, maturité squelettique à 6 ans) : synthèse des travaux du Dr Deb Bennett (Equine Studies Institute)]
Donc oui, il faut en avoir pleinement conscience. Mais non, ça ne veut absolument pas dire qu'il faut laisser un jeune cheval au pré sans rien faire jusqu'à ses 6 ans.
C'est exactement le même principe qu'avec un enfant en pleine croissance. On ne met pas un enfant de 8 ans à soulever de la fonte, évidemment. Mais on ne le laisse pas non plus immobile sur un canapé jusqu'à ses 18 ans sous prétexte que son squelette grandit encore. On le construit. Pas à pas. On le muscle progressivement, on lui apprend à utiliser son corps, à trouver son équilibre, à coordonner ses mouvements. C'est exactement ce jeu d'équilibre qu'on doit avoir avec un jeune cheval.
Le respecter dans sa croissance, ce n'est pas ne rien lui demander. C'est lui demander les bonnes choses, au bon moment, avec la bonne intensité. Le laisser au pré sans aucun travail ne construit rien, ni physiquement ni mentalement. Un cheval qui n'apprend jamais à utiliser son corps sous la selle, à trouver son équilibre avec un cavalier, à comprendre progressivement l'engagement de ses postérieurs, ce n'est pas un cheval "préservé". C'est un cheval en ret**d, qu'il faudra reconstruire plus t**d, souvent dans de moins bonnes conditions.
Aujourd'hui, on le vit concrètement avec Legolas d'Hulm, qui a 5 ans. 🐴
Il n'a fait aucun concours jusqu'à maintenant, et il ne commencera probablement qu'en 2027, pour découvrir l'environnement des terrains avant de penser compétition. On l'a débourré fin d'année de ses 3 ans, avec la méthode Blondeau, que j'utilise sur tous mes chevaux depuis des années et dont je vous reparlerai un jour en détail. Ensuite, tranquille jusqu'à l'hiver de ses 3 à 4 ans, où il a commencé à travailler quelques fois par semaine, mais sur des séances très courtes. Puis, cette année, à 5 ans, un peu plus régulièrement, mais qui n'excèdent jamais 30 minutes.
Résultat aujourd'hui : c'est un cheval qui sait utiliser son corps. Qui garde évidemment son petit caractère d'adolescent, qui dit non par moments, comme n'importe quel jeune en construction. Et c'est à moi de m'adapter à ça, pour le faire grandir à son rythme, pas au mien.
Je pense sincèrement que le vrai respect du jeune cheval, ce n'est pas l'absence de travail. C'est un travail juste, court, progressif, où l'exigence physique augmente exactement au même rythme que sa capacité à la supporter. Ne rien demander n'est pas de la bienveillance. C'est souvent juste de la facilité qu'on habille en principe.
Et vous, comment gérez-vous ou avez-vous géré cet équilibre avec un jeune cheval chez vous ? Racontez-moi votre façon de faire, vos hésitations, vos erreurs aussi s'il y en a eu, je suis vraiment curieux de vous lire. 👇