12/08/2026
Comprendre Kali
Pourquoi une Kali sanguinaire, courroucée, au sein d’une philosophie que les shanti ouiouis considèrent comme essentiellement bienveillante ?
Dans l’hindouisme, la frontière entre anges et démons, ou dieux et diables, est absente. Certains tenteront de se rassurer en prétendant que Kali lutte contre le mal, concept pourtant absent de la pensée hindoue.
Abordons le sujet par cet angle. Le mal hindou représente le caché. Ce qui est tu, la vérité que nous savons mais occultons. D’où le mala, chapelet de prières.
Kali illustre ce mal. Cette vérité dont on ne doit pas prononcer le nam. Ce qui dérange. Or qui aurait envie d’être dérangé(e) dans ses croyances ? Pour voir cette vérité, Kali écarquille les yeux, comme Bodhidharma. L’œil au milieu du front symbolise la vision de l’esprit : la raison, exempte de passion. Le collier de crâne représente la mort à l’illusion ; la perte de ces croyances rassérénantes qui voilent la réalité. Kali tire la langue pour indiquer l’importance fondamentale de la compréhension. Couronnée, elle est seule reine en son royaume. Parfois Kali porte le trident de Shiva, rappelant qu’elle est Shiva, maîtrisant les trois sphères de réflexion (opposées à la pensée binaire et duelle).
Comme Krishna, sa couleur noire ou bleue nuit symbolise ce qui est su dans les ténèbres et doit être porté à la lumière.
Kali incarne finalement la défense de soi. L’esprit qui ne s’en laisse plus raconter, et laisse déferler sa colère.
Maha Kali sharanam
28/06/2026
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Prenez soin de votre corps, non pour plaire au regard des autres, ou en quête de leur validation, mais parce que c’est en lui, et nulle part ailleurs, que se vit chaque instant de votre existence.
Chaque expérience, chaque mouvement, la moindre parcelle de joie : tout passe par lui.
Nous avons appris à le traiter comme un outil de séduction ou de représentation, oubliant sa véritable raison d’être ; il est le temple silencieux où logent nos pensées, nos émotions, nos souvenirs, nos rêves…
Il n’est pas un ornement destiné au jugement, mais le réceptacle vivant de notre conscience, l’unique embarcation qui nous soit donnée pour traverser cette vie.
Changez de regard… et en prendre soin cessera d’être une punition.
Vous arrêterez de l’ignorer, de l’épuiser, ou de le forcer vers un idéal et vous commencerez à l’habiter avec douceur. La pratique posturale affinant l’écoute intérieure… que le corps n’ait plus besoin de crier pour être entendu…
Ces derniers jours caniculaires ont été rudes pour beaucoup d’entre nous. Persister dans la pratique par habitude, s’acharner par discipline aveugle, n’est pas une preuve de force : c’est un manque d’écoute envers ce corps qui ne demandait, simplement, qu’à être ménagé.
Pourquoi attendre le malaise, la maladie ou la blessure grave pour mesurer combien ce corps comptait ?
L’écoute, qu’affine la pratique juste du Yoga, révèle sa sagesse avec les années… car un esprit brillant rayonne bien peu lorsqu’il habite un corps en souffrance ; avec l’âge, le corps devient le lieu où se mesure, jour après jour, notre liberté d’être encore pleinement vivants.
Protégez cette enveloppe précieuse.
Honorez votre corps.
Traitez-le avec assez de bienveillance pour soutenir une existence dans l’aisance et vivre pleinement chaque instant qui se présente.
Posez enfin sur lui un regard de gratitude et ouvrez ainsi la porte à plus de liberté, de vitalité, de joie.
En souhaitant un agréable retour sur les tapis à tous, particulièrement ceux qui ont vécu des nuits au dessus de 30 degrés en milieu urbain 😅🙏🏼🍃❤️🔥
12/05/2026
Comment faire comprendre la beauté d’une pratique sur le long terme dans une société de plus en plus impatiente, adepte du confort et de la facilité ?
À première vue, l’Ashtanga Vinyasa Yoga semble être une manière rigoureuse de se muscler et s’étirer, maintenue dans un cadre précis.
Et si on se base sur ce que l’on voit sur les réseaux ; une activité physique dont la maitrise semble inaccessible au plus grand nombre.
Comment faire comprendre que ce n’est pas la maitrise qui compte ?
Lorsqu’on se lance, le but semble être cette maitrise ; on apprend la série, le contrôle du souffle dans l’effort, où placer sa main, l’alignement requis…
Les jours où l’on se sent concentré, où le corps est ouvert et léger, on estime avoir fait « une bonne pratique ». Les jours où le corps résiste, où l’on est distrait, on estime avoir fait une « mauvaise pratique »
Puis petit à petit quelque chose commence à changer discrètement ; le Yoga s’étend au-delà du tapis… sans forcer.
On commence à faire preuve de plus de lucidité, à gérer les situations inconfortable avec plus d’aisance, à faire preuve d’indulgence envers soi et les autres…
L’honnêteté que l’on pratique sur nos tapis, finit par se refléter dans nos relations, nos choix et nos réactions.
On comprend alors que les jours où l’on ressent de la résistance mentale ou physique ne sont pas des obstacles ; que le manque de motivation, les blessures, les déceptions, les doutes font partie de la pratique.
. qu’il n’y a pas de « bonne » ou « mauvaise » pratique.
À force de répétition, la pratique n’est plus quelque chose « à bien faire », mais un moment privilégié, un rendez-vous intime avec soi… une manière d’observer et se découvrir.
Continuez à pratiquer, même si vous avez l’impression de ne pas encore comprendre, même si vous avez l’impression de mal faire, ou de ne pas progresser.
Relâchez la pression de la perfection.
Autorisez-vous à ne pas accéder à certaine posture,
à ne pas ressembler à ce que vous voyez sur les réseaux.
Ayez confiance en la méthode.
Vous n’êtes pas en train d’échouer.
Vous êtes en train de pratiquer.
🙏🏼🕊️❤️