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11/08/2026

CÉLESTINE ÉDOA, LA FEMME QUI A FAIT DE SA VIE UNE MAISON POUR LES AUTRES.

Née à Leboudi en 1958, mère de sept enfants, femme de foi et de devoir, elle s’est éteinte le 11 juillet 2026. Elle laisse derrière elle bien plus qu’une famille : une manière d’aimer, de servir et de transmettre.

Par Christian Essimi

Il y a des femmes dont la disparition laisse un vide. Et puis il y a celles dont l’absence finit par révéler l’immensité de la présence. Célestine Édoa était de celles-là.

Née le 11 février 1958 à Leboudi, dernière d’une fratrie de neuf enfants, elle aura traversé près de sept décennies avec cette force tranquille des femmes qui n’ont jamais eu besoin de bruit pour faire tenir une famille debout.

Elle a travaillé. Cultivé. Commercé. Élevé ses enfants. Prié. Servi. Conseillé. Et surtout, elle a transmis.

Mère de sept enfants, Célestine avait compris très tôt que donner la vie ne suffisait pas. Il fallait aussi préparer ceux qu’on met au monde à affronter la leur.

Avec des moyens souvent modestes, elle fit de l’éducation une priorité. Elle voulait que ses enfants aillent plus loin qu’elle, qu’ils apprennent, qu’ils construisent leur propre chemin.

Son héritage n’est donc pas un monument. Il est vivant. Il porte des visages, des noms, des destins. Mais sa maternité ne s’arrêtait pas aux portes de son foyer. Sa maison était aussi celle des autres.

Des enfants y ont trouvé une assiette, une écoute, un conseil. Certains simplement la sensation précieuse d’être attendus quelque part.

Une belle-fille se souvient encore de cette jeune femme de 19 ans qu’elle était en entrant dans la famille, et de Célestine qui lui apprit, avec les mots et les gestes du quotidien, à devenir épouse et mère.

Chez elle, la transmission ne passait pas par de grands discours. Elle passait par ce que l’on faisait. Un repas préparé avant un départ. Une prière. Une parole qui apaise. Une présence lorsque tout devient difficile.

Sa foi catholique n’était pas une simple affaire de pratiques religieuses. Elle se lisait dans sa manière de servir, de pardonner, de patienter et de rester disponible.

Engagée dans sa communauté, notamment comme présidente de la Légion de Marie du Pôle Oyom-Abang et des filles Mvog-Ayina, elle avait aussi cette capacité rare à maintenir les liens.

Elle n’était pas seulement celle qui dirigeait. Elle était celle vers qui l’on revenait.

Puis est venu le 11 juillet 2026. Ce jour-là, une voix s’est tue. Mais certaines voix ne disparaissent jamais tout à fait.

Elles restent dans une façon de parler à ses propres enfants. Dans une prière reprise des années plus t**d. Dans une recette familiale. Dans une main que l’on tend à son tour. Dans un conseil que l’on croyait oublier et qui revient, précisément lorsque la vie devient difficile.

C’est peut-être cela, au fond, la véritable mesure d’une existence. Non pas le nombre de personnes qui vous ont applaudie, mais le nombre de vies qui portent encore quelque chose de vous.

Célestine Édoa s’en va. Ses enfants restent. Ses petits-enfants restent. Ses arrière-petits-enfants restent. Et avec eux, tous ceux qu’elle a accueillis, conseillés ou aimés.

Elle retourne désormais vers Leboudi, cette terre où tout avait commencé. Mais ce qu’elle y laisse derrière elle est plus grand qu’un souvenir. Une femme peut disparaître. Une maison peut se vider. Une voix peut se taire. Mais une transmission ne meurt pas avec celle qui l’a portée.

Célestine n’a pas seulement laissé une famille derrière elle. Elle a laissé une manière d’être au monde.

Que la terre de Leboudi lui soit légère.

Photos from EDODO TV's post 07/08/2026

Coopération - Ukraine au Cameroun : Yaoundé ouvre la porte, Kiev veut s’installer pour durer

Après quatre jours d’audiences à Yaoundé, Kiev acte sa volonté d’ouvrir une ambassade et de bâtir une coopération agricole et de résilience avec le Cameroun. Une mission qui boucle une semaine de travail et pose les jalons d’un partenariat stratégique.

C’est sur une poignée de main au Ministère des Relations Extérieures que s’est refermée, ce vendredi, la mission ukrainienne au Cameroun.

Quatre jours. Le temps d’une semaine diplomatique dense, entamée mardi dernier en terre des Lions Indomptables, et conclue par une audience de haut niveau avec le Secrétaire Général du MINREX. Le message était clair : l’Ukraine ne vient plus en visiteur. Elle veut s’installer.

De la couverture régionale à l’ancrage direct

Première annonce, et non des moindres : Kiev veut ouvrir une ambassade à Yaoundé. L’idée n’est pas neuve. Elle avait été initiée, puis laissée en suspens. Aujourd’hui, elle revient au premier plan.

Actuellement, le Cameroun et trois autres pays de la sous-région , le Nigeria, le Gabon et le Togo dépendent de l’ambassade d’Ukraine à Abuja. Une configuration jugée insuffisante au regard des ambitions affichées.
Ouvrir une représentation diplomatique à Yaoundé, c’est normaliser le dialogue, accélérer les décisions et donner un visage permanent à la coopération. C’est aussi reconnaître le poids du Cameroun comme hub d’Afrique Centrale.

Face à la délégation, le Secrétaire Général du MINREX s’est montré réceptif. Il a rappelé la position de principe du Cameroun : un pays ouvert à toute coopération respectueuse, alignée sur la vision du Chef de l’État et tournée vers des résultats concrets. Trente minutes d’échanges. Directs. Fructueux. Sans détour.

L’agriculture et la résilience au cœur du deal

Au-delà du protocole, Kiev est venu avec des propositions de terrain.

Premier axe : la diplomatie agricole. L’Ukraine, grenier à blé de l’Europe, propose de transférer son expertise au Cameroun. Pas de discours. Du concret : transformation agroalimentaire, intégration de nouvelles technologies, sélection de semences adaptées, et surtout, la mise en place d’une usine dédiée pour structurer les filières locales. L’objectif est d’augmenter les rendements et de réduire la dépendance.

Deuxième axe : la résilience. L’Ukraine entend déployer au Cameroun son "Centre Ukrainien de Résilience". Un outil pensé pour partager l’expérience d’un pays qui tient debout malgré la guerre. Accompagnement, échange de savoir-faire, formation. L’ambition est de faire du Cameroun un partenaire avec lequel bâtir, et non un simple bénéficiaire d’aide.

C’est toute la philosophie de cette mission : passer de la solidarité de circonstance à un partenariat d’égal à égal.

Après les mots, le chantier

La semaine s’achève donc sur des engagements. Des ambitions posées sur la table. Des secteurs identifiés.

Reste maintenant l’étape la plus exigeante : transformer ces volontés en actes. Amorcer sur le terrain du concret ce qui a été dit dans les salons. Suivre les dossiers de l’ambassade, verrouiller les projets agricoles, faire atterrir le centre de résilience.

L’Ukraine quitte Yaoundé avec une feuille de route. Le Cameroun a dit son ouverture. Entre les deux, une fenêtre d’opportunité s’ouvre. Reste à savoir qui la franchira le premier.

Christian Essimi

Photos from EDODO TV's post 06/08/2026

OFFENSIVE UKRAINIENNE AU CAMEROUN


Drones, engrais et banque agricole. Kiev mise sur l’agriculture pour sceller un nouveau partenariat avec Yaoundé_

Arrivée dimanche soir, la délégation ukrainienne entame son troisième d’audiences ce jour au Cameroun avec un cap clair : transformer la coopération en résultats concrets. Et le terrain choisi est stratégique. L’agriculture.

Dans le cadre feutré de l’Hôtel des Députés, les premiers échanges ont réuni ce matin les opérateurs économiques du secteur privé camerounais. Hommes d’affaires, entrepreneurs agricoles, porteurs de projets. L’objectif : parler business, parler technologie, parler avenir.

Au cœur des discussions : le drone. Non pas comme un gadget, mais comme un outil de souveraineté agricole. Utilisation pour le cartographie des espaces, surveillance des exploitations, optimisation des rendements. La délégation ukrainienne propose plus. Un projet de filière.
L’idée est simple et ambitieuse : introduire dans un institut supérieur camerounais une filière dédiée aux drones, à leur conception et à leur pilotage. Avec l’accompagnement technique de l’Ukraine, reconnue pour son expertise et son expérience structurée en la matière.

Cap sur le Minader : l’usine d’engrais et la révolution numérique

L’après-midi, cap sur le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural. Reçue par le ministre Gabriel Mbaïrobe, la délégation ukrainienne a déroulé une feuille de route en 4 axes.

1. L’usine d’engrais: Construction et mise en place d’une unité de fabrication au Cameroun pour réduire la dépendance aux importations.
Enjeu : Le Cameroun importe chaque année plus de 250 000 tonnes d’engrais, pour un coût estimé à plus de 70 milliards FCFA. Une usine locale changerait la donne.
2. L’institut scientifique: Création d’un centre chargé de moderniser, former et accompagner les agriculteurs et l’ensemble de la chaîne de valeur.
3. La technologie au champ: Introduction de systèmes d’irrigation sophistiqués, de solutions de transformation des produits dérivés et de nouvelles techniques agricoles.
4. La banque agricole digitale : Un outil totalement dématérialisé pour financer, subventionner et accompagner les opérateurs du secteur avec efficacité et transparence.

Face à ces propositions, le ministre s’est dit "satisfait de la qualité de la coopération proposée" et "disposé à travailler dans l’intérêt mutuel des deux pays".

L’enjeu : gagner la guerre de l’influence par l’utile

Au-delà des accords, le message ukrainien est politique. Montrer qu’en pleine guerre, l’Ukraine reste debout, fiable, et capable d’exporter son savoir-faire.
Là où d’autres parlent de géopolitique, Kiev parle de rendement à l’hectare, de sécurité alimentaire et de digitalisation.

L’agriculture est le secteur d’excellence de l’Ukraine. Elle entend désormais y prendre toute sa place et tout son poids au Cameroun.

Cette "offensive" ne se gagne pas avec des armes. Elle se gagne d’abord sur le terrain de l’information, de la formation et de la coopération économique. Le pari est lancé.

Christian Essimi

Photos from EDODO TV's post 06/08/2026

Offensive ukrainienne au Cameroun : Kiev frappe à la porte des finances

Reçue ce 5 août par le ministre des Finances Louis Paul Motaze, une délégation ukrainienne explore les voies d’une coopération stratégique entre Yaoundé et Kiev.

Yaoundé, ministère des Finances. L’air est lourd, les agendas serrés, les couloirs bruissent d’allées et venues feutrées. En cette journée du 5 août, une délégation venue de Kiev imprime son tempo. Une diplomatie en mouvement, presque en accéléré. Une journée marathon, ponctuée d’audiences, de rendez-vous techniques et d’échanges discrets, qui s’achève au cœur du pouvoir financier camerounais.

À la tête de cette mission, le deuxième secrétaire chargé des questions économiques de l’ambassade d’Ukraine au Nigeria. Une délégation en mission, avec une feuille de route claire : ouvrir un corridor de coopération entre deux économies que tout semble opposer, mais que les réalités du monde contemporain rapprochent.

Dans le bureau du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, les échanges sont directs, techniques, stratégiques. Au menu : la volonté affirmée de l’Ukraine de bâtir des relations diplomatiques structurées avec le Cameroun et, au-delà, d’installer des partenariats économiques durables.

L’Ukraine, dont l’économie reste marquée par une guerre qui a fait chuter son PIB de près de 30 % en 2022 selon la Banque mondiale, cherche aujourd’hui à redéployer ses capacités industrielles et technologiques vers de nouveaux horizons. L’Afrique, et particulièrement le Cameroun, pivot de la CEMAC avec ses plus de 27 millions d’habitants, apparaît comme un terrain d’ancrage stratégique.

Agro-industrie, fintech, drones : les trois piliers d’une offensive économique

Face au ministre, la cheffe de délégation déroule un portefeuille de projets ambitieux.
Premier front : l’agro-industrie. Produire, transformer, distribuer localement. L’ambition est claire : participer à la structuration d’un secteur qui représente déjà près de 20 % du PIB camerounais, mais dont le potentiel reste largement sous-exploité. L’Ukraine propose un transfert de savoir-faire, des chaînes de transformation modernisées, et un accompagnement vers une agriculture plus productive, plus industrielle.

Deuxième axe : le secteur bancaire. Dans une zone CEMAC encore en quête de profondeur financière, avec un taux de bancarisation oscillant autour de 25 % , l’offre ukrainienne se veut résolument tournée vers l’innovation. Fintech, digitalisation des services, banques agiles et compétitives : Kiev entend injecter son expertise dans un écosystème en mutation.

Troisième pilier : les drones. Dans un pays confronté à des défis sécuritaires aux frontières, à la surveillance des zones minières et à la lutte contre la fraude douanière, la technologie ukrainienne forgée dans un contexte de guerre et de haute intensité se positionne comme un outil stratégique. Surveillance, cartographie, contrôle des flux : une révolution silencieuse pourrait s’esquisser.

À cela s’ajoute un quatrième levier, plus discret mais structurant : la coopération universitaire. Échanges académiques, recherche appliquée, innovation conjointe. L’objectif : bâtir un pont durable entre savoirs et développement, au service des réalités locales.

Prudence institutionnelle et ouverture stratégique

Face à cette offensive, le Cameroun écoute, analyse, cadre.
Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, se montre réceptif, tout en rappelant les règles du jeu. Sur le projet de création d’une banque ukrainienne, le cap est clair : passer par la BEAC, régulateur central des six pays de la CEMAC, garant de la stabilité du système financier régional.

Même prudence sur les drones : leur utilisation, aussi stratégique soit-elle, devra s’inscrire dans un cadre réglementaire strict, notamment en matière de sécurité et de souveraineté.

Mais derrière cette rigueur institutionnelle, un signal est envoyé : celui d’un pays ouvert, attentif, prêt à explorer de nouvelles alliances.

Une diplomatie économique en recomposition

À la sortie de l’audience, face à la presse, les visages sont fermes mais confiants. La délégation ukrainienne repart avec le sentiment d’avoir posé les bases. Rien n’est encore signé, tout reste à construire, mais l’essentiel est là : une porte entrouverte.

Dans un monde fragmenté, où les alliances économiques se redessinent sous la pression des crises, cette rencontre dépasse le simple cadre protocolaire. Elle dit quelque chose d’un basculement en cours : celui d’une Ukraine en quête de nouveaux partenaires, et d’un Cameroun qui, prudemment, élargit son horizon stratégique.

La mission se poursuit. Elle s’achèvera vendredi. Mais déjà, une question flotte : et si cette journée du 5 août marquait le début d’un nouveau chapitre ?

Christian Essimi

Photos from EDODO TV's post 05/08/2026

Offensive ukrainienne au Cameroun : Deuxième jour, promesses et poignées de mains à Yaoundé.


Le ton est donné. À peine débarquée, la délégation ukrainienne ne perd pas de temps. Ce deuxième jour d’"offensive diplomatique et économique" à Yaoundé s’est transformé en marathon de rencontres. Objectif : planter les premiers jalons d’un partenariat concret entre Kiev et Yaoundé.

Rejointe par le 2e secrétaire de l’ambassade d’Ukraine au Nigeria, accrédité pour le Cameroun, la délégation a enchaîné les audiences avec une méthode et une ambition assumées.

Premier arrêt : le CEPER, cœur battant de l’édition publique

Tout a commencé au Centre d’Édition, de Production, d’Enseignement et de Recherche, le CEPER.
Face au Directeur Général, les émissaires ukrainiens ont déroulé leur offre : du matériel d’édition hautement spécialisé, "aisément adapté aux besoins du nouveau marché camerounais".

Le DG a écouté, posé des questions, et surtout, s’est montré ouvert. L’enjeu est de taille.
Selon le Directeur de la Production, le marché du livre et du cahier pèse près de 750 millions de FCFA en seulement trois mois. Un gâteau que le CEPER, fleuron de l’État, veut reprendre. Pour cela, il faut des outils de pointe. Pour faire face à la concurrence. Pour tenir la demande. Et pour déployer l’ambition jusque dans chaque chef-lieu de région.

La coopération est donc possible. Et elle commence par l’imprimerie.

Cap sur le Ministère de l’Industrie : drones pour sécuriser l’Est

Deuxième étape : le Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique. L’accueil a été chaleureux. L’échange, direct.

Au menu des discussions : la sécurisation des zones et des champs miniers de la région de l’Est. Les Ukrainiens sont venus avec une proposition concrète, leur savoir-faire en drones civils. L’idée : surveiller, cartographier, maîtriser le territoire... depuis Yaoundé.

Le Ministre a marqué de l’intérêt. Mais il a aussi rappelé le protocole. Avant toute signature, il faudra passer par le Ministère de la Défense, le MINREX, et le Ministère des Transports pour les autorisations d’usage de l’espace aérien. La voie est tracée.

Le troisième axe : la science et la technologie

La délégation ne vient pas vendre que du matériel. Elle propose aussi de l’intelligence.
Autre volet abordé : la coopération scientifique et technologique. L’idée est de créer des ponts entre les universités ukrainiennes, spécialisées dans la recherche minière et les nouvelles technologies, et leurs homologues camerounaises. Une façon de professionnaliser le secteur et de former les talents de demain.

Sur le plan diplomatique, le souhait d’ouvrir une ambassade d’Ukraine au Cameroun a été clairement exprimé. Les procédures usuelles ont été indiquées. C’est le signe que cette visite ne sera pas un coup d’épée dans l’eau.

L’audience s’est achevée sur une note d’ouverture et de poursuite des échanges.

La délégation ukrainienne est désormais engagée à porter haut ce partenariat. À le structurer. À le rendre solide et durable.
Après deux jours de terrain, une chose est sûre : Kiev ne fait pas que visiter le Cameroun. Elle veut y investir.

Christian Essimi

Photos from EDODO TV's post 04/08/2026

OFFENSIVE UKRAINIENNE EN AFRIQUE : LE CAMEROUN AU CENTRE DES CONVOITISES

Depuis lundi, une délégation de Kiev est en mission à Yaoundé. Objectif : négocier une coopération tous azimuts et ouvrir une ambassade d’Ukraine au Cameroun

Elle ne demande pas l’aumône. Elle propose des partenariats.
En pleine guerre, l’Ukraine lance une offensive diplomatique et économique en Afrique. Et le Cameroun est la première tête de pont.

Depuis lundi 3 août 2026, une délégation officielle ukrainienne séjourne dans la capitale camerounaise. Mission claire : rencontrer les plus hautes autorités du pays, explorer les pistes de coopération et poser les jalons pour l’ouverture d’une ambassade d’Ukraine à Yaoundé.

Un signal fort. Alors que le conflit avec la Russie bouleverse les chaînes d’approvisionnement mondiales, Kiev cherche de nouveaux alliés. Et Yaoundé, porte d’entrée de l’Afrique Centrale, devient stratégique.

Une tournée ministérielle pour "rester debout"

La délégation a commencé fort. Première étape : le Parc National de Matériel de Génie Civil, MATGENIE. Au menu : possibilités de livraison de matériel technique Caterpillar, d’engins lourds, et proposition de drones pour surveiller les chantiers dans les 10 régions du pays.

Mais le MATGENIE n’est qu’un point de départ.

Dans les 48 prochaines heures, le marathon diplomatique continue. Audiences annoncées au MINADER pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Au MINMIDT pour l’industrie et la transformation locale. Et dans d’autres départements clés.

Kiev ne vient pas les mains vides. En plus du matériel, l’Ukraine propose son "programme de résilience" : l’expertise développée depuis 2022 pour continuer à produire, construire et administrer un pays en temps de crise. Comment faire tenir les infrastructures sous pression. Comment maintenir l’activité économique malgré les pénuries.

Le Cameroun, carrefour convoité

Pourquoi le Cameroun ? La réponse tient en 3 chiffres.

1. Le Poids: Le Cameroun représente près de la moitié du PIB de l’Afrique Centrale. Investir ici, c’est accéder à un marché de plus de 50 millions de consommateurs.
2. Le Pont: Avec les accords de la ZLECAf, un produit "Made in Cameroon" accède à 1,3 milliard de consommateurs africains. Sans compter les accords avec l’UE et le Royaume-Uni.
3. L’Histoire : Avant la guerre, l’Ukraine était déjà le 1er fournisseur du Cameroun en produits en fer, fonte et acier avec 60,9 milliards de FCFA en 2020. Et le 19ème partenaire commercial global. Le déficit commercial du Cameroun avec l’Ukraine atteignait 64,1 milliards de FCFA la même année.

Le conflit a cassé cette dynamique. D’où l’urgence pour Kiev de la reconstruire, mais sur de nouvelles bases : moins de commerce de matières premières, plus de coopération industrielle et technologique.

Vers une ambassade à Yaoundé

Au-delà des contrats, il y a le symbole. L’ouverture d’une ambassade d’Ukraine au Cameroun.

Jusqu’ici, les relations bilatérales passaient par des représentations à distance. Avoir une représentation diplomatique à Yaoundé, c’est acter que l’Ukraine prend l’Afrique au sérieux. Et que le Cameroun devient un hub pour toute la diplomatie ukrainienne en Afrique Centrale.

Pour Yaoundé, c’est aussi une opportunité. Diversifier les partenaires. Attirer des investissements hors des circuits traditionnels. Et bénéficier du savoir-faire d’un pays qui a appris à faire beaucoup avec peu.

Analyse : La guerre exporte ses solutions

Ce qui se joue ici dépasse le cadre bilatéral.

L’Ukraine est en train d’exporter sa résilience. Incapable de vendre du blé comme avant, elle vend désormais des drones, de l’ingénierie de crise, de la reconstruction rapide.

Le Cameroun, lui, joue sa carte : celle d’un pays stable dans une région instable, avec une volonté affichée d’industrialisation et un nouveau code des investissements très incitatif depuis 2025.

L’offensive ukrainienne ne fait que commencer. Après Yaoundé, d’autres capitales africaines sont dans le viseur.

Une certitude : en temps de guerre, les alliances se redessinent. Et l’Afrique, longtemps spectatrice, devient le nouveau terrain des convoitises.

Christian Essimi

20/07/2026

RETCA – REGARDS D'EXPERT SUR LES TERRITOIRES DU CAMEROUN ET D'AFRIQUE

Tribune digitale de veille stratégique, d'expertise et d'analyse sur la Décentralisation, la Gouvernance et les Finances Locales.

DÉCRYPTAGE HEBDOMADAIRE DES FINANCES LOCALES

AUTONOMIE FINANCIÈRE DES CTD : COMMENT LA RÉFORME DE LA FISCALITÉ LOCALE CONSOLIDE-T-ELLE LA DÉCENTRALISATION ET RENFORCE-T-ELLE LES CAPACITÉS DES CTD ?

Par Armand Demaustin NDJODO(*)

La réforme de la fiscalité locale engagée par le Gouvernement suscite des interrogations sur la place désormais accordée à l'administration fiscale dans la mobilisation des recettes des Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD).

Certains y voient une forme de recentralisation abusive des ressources locales.

Une lecture attentive des textes adoptés depuis la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale conduit toutefois à une conclusion différente.

La réforme ne retire ni les compétences ni les ressources des CTD. Elle met progressivement en place une nouvelle gouvernance fiscale fondée sur la complémentarité entre l'État et les collectivités territoriales, afin d'améliorer la mobilisation des recettes, leur sécurisation, leur traçabilité et de préparer leur digitalisation.

Portée conjointement par le Ministère des Finances (MINFI) et le Ministère de la Décentralisation et du Développement Local (MINDDEVEL), cette réforme se déploie progressivement à travers plusieurs textes d'application, de nouveaux mécanismes institutionnels et des outils destinés à moderniser la gestion de la fiscalité locale.

C'est à la lumière de ces interrogations et des évolutions progressivement engagées par le Gouvernement que RETCA vous propose, en ce jour, le décryptage ci-après.

L'autonomie financière des CTD : un principe au cœur de la décentralisation

L'autonomie financière est la capacité reconnue aux Collectivités Territoriales Décentralisées de mobiliser, gérer et utiliser leurs ressources pour exercer les compétences qui leur sont transférées par l'État.

Elle ne signifie pas l'absence d'encadrement par l'État. Elle suppose, au contraire, un système moderne garantissant une mobilisation optimale des recettes, une gestion transparente des ressources publiques et une utilisation efficiente des fonds au bénéfice des populations.

Une réforme fondée sur la complémentarité des acteurs
Dans le cadre du dispositif transitoire prévu par la lettre-circulaire du MINDDEVEL du 3 juillet 2026, les Chefs des Exécutifs locaux sont invités à désigner, à titre dérogatoire, les responsables des Unités de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL) afin d'accompagner la mise en œuvre progressive de la réforme.

Les Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) et les USFL sont appelés à travailler en étroite synergie pour le recensement des contribuables, la maîtrise et l'actualisation de l'assiette fiscale, le suivi de l'Impôt Général Synthétique (IGS), le suivi des taxes et redevances locales, le partage des données fiscales, la production des tableaux de bord de performance et la préparation de la digitalisation de la fiscalité locale.

Les ordonnateurs assurent le pilotage stratégique de la mobilisation des recettes, tandis que les receveurs municipaux garantissent la prise en charge comptable des recettes, leur sécurisation et la fiabilité des informations financières.

Le Regard de l'Expert

Cette réforme prend progressivement corps. Les différents textes d'application, la mise en place des CFLP, le déploiement progressif des USFL ainsi que la digitalisation annoncée des recettes traduisent une volonté de moderniser durablement les finances des CTD.

À court terme, ces évolutions devraient permettre d'améliorer le recensement des contribuables, de sécuriser les recettes et de renforcer le rendement de la fiscalité locale.

À moyen terme, si leur mise en œuvre se poursuit conformément aux objectifs fixés, elles devraient contribuer au renforcement des capacités financières des CTD, à l'amélioration de leurs trésoreries, à une plus grande capacité d'autofinancement et à un meilleur financement des politiques publiques locales.

Contrairement à certaines opinions, cette réforme ne traduit pas une remise en cause de la décentralisation. Elle repose sur une meilleure articulation entre l'administration fiscale et les collectivités territoriales afin d'améliorer durablement la gouvernance financière locale.

LA CONVICTION DE L'EXPERT

Au regard de trente années d'expérience professionnelle au sein des CTD, exercées notamment comme responsable de plusieurs services communaux, Secrétaire général de communes, Receveur municipal dans plusieurs CTD du Cameroun, ainsi qu'à travers la participation à des travaux, ateliers et groupes de réflexion consacrés à la décentralisation, à la gouvernance et aux finances locales au Cameroun et dans d'autres cadres d'échanges internationaux, nous considérons que cette réforme constitue une étape importante dans la consolidation de la décentralisation.

La mise en place progressive des CFLP, le déploiement des USFL et la digitalisation annoncée de la fiscalité locale témoignent d'une volonté de doter progressivement les CTD d'un système de mobilisation des recettes plus performant, plus transparent et plus sécurisé.

La réussite de cette réforme dépendra notamment de la qualité de la coopération entre le MINFI, le MINDDEVEL, les CFLP, les USFL, les ordonnateurs, les receveurs municipaux et l'ensemble des acteurs de la chaîne financière locale, ainsi que de la poursuite des efforts de renforcement des capacités et de modernisation des outils de gestion.

Si cette dynamique est poursuivie, elle contribuera à renforcer les capacités financières des CTD, à soutenir le développement local et à accompagner les ambitions de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), qui fait de la décentralisation un levier essentiel de transformation économique et sociale en vue de l'émergence du Cameroun à l'horizon 2035.

RETCA continuera d'accompagner cette évolution par une veille stratégique, des analyses techniques et des propositions constructives, dans l'intérêt d'une gouvernance locale toujours plus performante, au service des CTD et des populations qu'elles servent.

ÉCLAIRAGE TECHNIQUE RÉALISÉ PAR
Armand Demaustin NDJODO
Expert en Décentralisation, Gouvernance et Finances Locales
Promoteur de GFN CONSULTING SARL, Cabinet conseils reconnu par le MINDDEVEL
Promoteur de RETCA
Contacts : (+237) 697 81 29 32 / (+237) 682 18 04 26 / (+237) 680 78 35 10
E-mails : [email protected] | [email protected]

16/07/2026

REGARDS D'EXPERT SUR LES TERRITOIRES DU CAMEROUN ET D'AFRIQUE (RETCA)

Décryptage hebdomadaire de la Gouvernance Locale

Gouvernance locale et développement durable des territoires : quelles priorités pour des CTD plus performantes au Cameroun ?

Par Armand Demaustin NDJODO (*)

La décentralisation constitue aujourd'hui un levier stratégique du développement local au Cameroun.

Consacrée par la Constitution du 18 janvier 1996, révisée par la Loi constitutionnelle n°2008/001 du 14 avril 2008, elle est mise en œuvre par la Loi n°2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code Général des Collectivités Territoriales Décentralisées (CGCTD).

Face aux attentes croissantes des populations, les Communes, les Communautés urbaines et les Régions doivent désormais renforcer leur performance, améliorer la qualité des services publics locaux et inscrire leurs actions dans une véritable dynamique de développement durable.

Au regard de notre expérience professionnelle de trente années au sein des Collectivités Territoriales Décentralisées, principalement comme Secrétaire Général et Receveur Municipal, nous formulons cinq recommandations destinées à consolider les acquis de la décentralisation, aussi bien à l'endroit du Gouvernement que des Autorités locales (Présidents des Conseils régionaux, Exécutifs régionaux, Maires des Villes et Maires des Communes).

1. Renforcer la bonne gouvernance locale

La performance des CTD repose sur une gouvernance responsable fondée sur la transparence, la redevabilité, la participation citoyenne et la culture du résultat.

Au Gouvernement : poursuivre le renforcement du cadre juridique et institutionnel de la décentralisation, améliorer les mécanismes d'accompagnement des CTD et promouvoir l'évaluation régulière de leurs performances.

Aux Autorités locales : développer une gouvernance davantage orientée vers les résultats, renforcer le dialogue avec les populations, améliorer la qualité des services publics et consolider la confiance des citoyens.

2. Consolider les finances locales et renforcer l'autonomie financière des CTD

Le développement local exige des ressources suffisantes et une gestion financière performante.

Au Gouvernement : les efforts consentis en faveur du financement de la décentralisation méritent d'être salués malgré les contraintes économiques et budgétaires auxquelles l'État est confronté.

Il apparaît néanmoins nécessaire de poursuivre la finalisation de la digitalisation des CTD annoncée par le Gouvernement, de renforcer les réformes des finances locales et d'améliorer progressivement les délais de reversement aux CTD du produit de la fiscalité locale et des impôts soumis à péréquation, afin de conforter leur trésorerie et leur capacité d'investissement.

Aux Autorités locales : renforcer la mobilisation des recettes propres, moderniser la gestion financière, accélérer la digitalisation des services et développer des partenariats avec le FEICOM, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé.

3. Faire de la planification un véritable levier du développement territorial

Le développement durable ne peut être envisagé sans une planification rigoureuse.

Les Plans Communaux de Développement (PCD), les Plans de Développement des Communautés Urbaines (PDCU) et les Plans Régionaux de Développement (PRD) constituent les principaux outils de programmation des investissements et de pilotage du développement territorial.

Au Gouvernement : poursuivre l'accompagnement technique et financier des CTD dans l'élaboration, l'actualisation, le suivi et l'évaluation des PCD, PDCU et PRD, en veillant à leur cohérence avec la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30).

Aux Autorités locales : faire de ces documents de véritables outils de gouvernance, de programmation budgétaire, de mobilisation des partenaires et de suivi-évaluation des politiques publiques, plutôt que de simples documents administratifs.

4. Professionnaliser les administrations locales et valoriser le capital humain

La réussite de la décentralisation dépend également de la qualité des ressources humaines.

À cet effet, le Code Général des CTD a consacré une avancée majeure. L'article 22, alinéa 3 de la Loi n°2019/024 du 24 décembre 2019 dispose :
« L'État met en place une fonction publique locale dont le statut est fixé par un décret du Président de la République. »

Cette disposition ouvre la voie à une administration territoriale plus professionnelle, avec un statut définissant les conditions de recrutement, les droits et obligations des personnels, la gestion des carrières, la formation continue et la protection sociale.

Au Gouvernement : accélérer la mise en œuvre effective de la Fonction publique locale, adopter le statut des personnels des CTD et poursuivre les programmes de modernisation administrative, de transformation numérique et de renforcement des capacités.

Aux Autorités locales : investir davantage dans la formation, la motivation et la valorisation des ressources humaines, améliorer les conditions de travail, favoriser l'évolution des carrières, appliquer les procédures d'avancement prévues par les textes et promouvoir un dialogue social constructif.

Au regard de notre expérience de terrain, nous considérons que les personnels des CTD constituent une véritable valeur ajoutée aux côtés des Maires, des Maires de Ville et des Présidents des Conseils régionaux.

Leur expertise, leur mémoire administrative et leur engagement quotidien garantissent la continuité du service public et contribuent directement à la réussite des projets de développement.

5. Construire des territoires durables et attractifs

Le développement durable impose désormais aux CTD de concilier croissance économique, inclusion sociale et protection de l'environnement.

Au Gouvernement : poursuivre les politiques nationales d'appui au développement durable des territoires, renforcer les mécanismes de financement des projets locaux, accompagner les CTD dans la transition écologique et promouvoir les investissements créateurs de richesses et d'emplois.

Aux Autorités locales : intégrer les enjeux environnementaux dans les politiques locales, améliorer durablement la gestion des déchets, renforcer la salubrité publique, développer la résilience face aux changements climatiques, soutenir l'économie locale et promouvoir des partenariats favorisant l'attractivité des territoires.

Le regard de l'Expert

Notre expérience professionnelle nous conduit à considérer que la performance durable des CTD repose sur cinq piliers fondamentaux :
une gouvernance responsable et transparente ;
des finances locales solides ;
une planification stratégique efficace ;
une administration territoriale moderne ;
des ressources humaines qualifiées, motivées et valorisées.
Ce dernier pilier mérite une attention particulière.

La motivation des personnels territoriaux passe notamment par l'amélioration du cadre de travail, la disponibilité d'équipements adaptés, la formation continue, la reconnaissance du mérite, l'évolution de carrière, la protection sociale, un dialogue social permanent et une politique de valorisation des compétences.

Une CTD performante est avant tout une collectivité qui s'appuie sur un leadership efficace et sur une administration compétente, capable de transformer les politiques publiques en résultats concrets au bénéfice des populations.

La réussite de la décentralisation camerounaise dépendra de la capacité du Gouvernement et des Autorités locales à poursuivre les réformes engagées, à renforcer les capacités institutionnelles des CTD et à placer le capital humain au cœur de la gouvernance territoriale.

Des collectivités bien gouvernées, financièrement solides, stratégiquement planifiées et dotées d'un personnel compétent constituent le socle d'un développement durable, inclusif et équilibré des territoires.

Analyse technique réalisée par :
Armand Demaustin NDJODO
Expert en Décentralisation, Gouvernance Locale et Finances Locales
Promoteur de GFN Consulting SARL, Cabinet Conseils, Études et Recherches en Décentralisation et Gouvernance Locale, reconnu par le MINDDEVEL.
Fondateur de RETCA – Regards d'Expert sur les Territoires du Cameroun et d'Afrique
Contacts : (+237) 697 81 29 32 / 682 18 04 26
E-mails : [email protected] | [email protected]

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