Encore Baseball Montreal

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Honorer la mémoire des Expos de Montréal et favoriser le retour du baseball professionnel à Montréal. Twitter : encorebaseball

08/29/2026

Voyez l'hommage à Jacques Doucet avant le match sur TVA Sports 👇

08/29/2026

Quel bel hommage poignant ! ☺️

Si vous n’avez qu’un texte à lire aujourd’hui sur le grand Jacques Doucet, offrez-vous le plaisir de prendre le temps de lire attentivement celui-ci ! 👇

Nos cœurs de partisans de Nos Z'Amours sont infiniment tristes ce matin. La voix de nos étés vient de nous quitter.

Jacques Doucet, la voix du baseball québécois, s’est éteint quelques mois seulement après son grand complice Rodger Brulotte. Avec lui disparaît bien davantage qu’un commentateur. C’est une page entière de notre histoire sportive, radiophonique et collective qui se tourne, lentement, comme la dernière page d’un vieux cahier de pointage conservé précieusement au fond d’un tiroir.

Doucet avait cette rare qualité des grandes voix. Il ne se contentait pas de décrire ce qui se déroulait sur le terrain. Il savait donner une existence sonore au jeu. Une b***e frappée dans la nuit de Montréal devenait sous son regard un petit événement historique. Un retrait au bâton prenait des airs de théâtre. Un coup de circuit faisait vibrer les murs bien au-delà du stade. Pendant des décennies, sa voix s’est glissée dans les cuisines, les salons, les automobiles et les chalets du Québec. Elle accompagnait les soupers d’été, les soirées chaudes où les fenêtres demeuraient ouvertes et les après-midi où le baseball semblait pouvoir durer jusqu’à la tombée du jour.

Jacques Doucet, celui que l’on surnommait affectueusement Groucho, aura consacré plus d’un demi-siècle au baseball. Il était atteint de la maladie d'Alzheimer. Cette condition de santé, rendue publique en septembre 2024, a progressivement affecté sa mémoire et l'a contraint à se retirer de l'espace public. Il souffrait également d’anémie, une maladie qui lui causait une grande fatigue et qui avait finalement mis un terme à son parcours professionnel en 2022. Mais une carrière peut prendre fin sans que la voix disparaisse. Certaines voix demeurent dans la mémoire bien après que le micro se soit tu.

Après avoir attendu si longtemps avant de recevoir les honneurs qui lui revenaient, Doucet avait finalement fait son entrée au Temple de la Renommée du baseball canadien en 2020, à St. Marys, en Ontario. Pour ceux qui l’écoutaient depuis leur enfance, cette reconnaissance avait quelque chose de profondément juste. Elle arrivait toutefois après des décennies durant lesquelles son immense contribution au baseball francophone avait déjà marqué plusieurs générations.

Plusieurs l’oublient aujourd’hui, mais Jacques Doucet fut là dès les premiers battements de cœur des Expos. En 1969, lors de la toute première saison de la formation montréalaise dans le Baseball majeur, il devient la voix de l’équipe à la radio, prenant la relève de l’analyste Jean-Pierre Roy à la station CKLM 1570. À cette époque, il décrit environ un match par semaine tout en couvrant les activités du club pour le quotidien La Presse. Puis, en 1972, CKAC 730 devient le diffuseur officiel des Expos de Montréal et Doucet passe derrière le micro à temps plein.

Il y restera jusqu’au départ de l’équipe en 2004.

Trente-six années à raconter les Expos, des premiers balbutiements de la jeune franchise jusqu’aux dernières saisons d’une équipe devenue profondément enracinée dans le cœur des Québécois. Trente-six années à voir défiler les générations, les vedettes, les espoirs, les déceptions et ces quelques dimanches où tout semblait possible.

Il a vu Rusty Staub devenir Le Grand Orange. Il a raconté Gary Carter, ce receveur flamboyant qui semblait jouer chaque match avec le cœur à découvert. Il a accompagné les exploits de Vladimir Guerrero, dont les élans de puissance semblaient parfois défier les lois ordinaires de la géométrie. Il était derrière le micro lorsque Dennis Martínez a réalisé en 1991 ce que peu de lanceurs peuvent même rêver d’accomplir, un match parfait.

Mais les statistiques, aussi impressionnantes soient elles, ne suffisent pas à mesurer ce que Jacques Doucet représentait.

Car Doucet n’a pas seulement raconté le baseball. Il l’a incarné pour tout un peuple.

Il lui a donné une langue, une couleur et une musique. À une époque où le Baseball majeur se racontait principalement en anglais, il a fait du jeu un territoire familier pour les amateurs francophones. Grâce à lui, le baseball n’était pas un sport venu d’ailleurs. Il était notre sport, vécu dans notre langue, avec nos expressions, nos émotions et notre façon bien à nous de nous passionner.

Il aura décrit plus de 5 500 parties. Plus de 5 500 rencontres au cours desquelles il aura observé la même petite b***e blanche parcourir des trajectoires différentes, tout en sachant que derrière chacune d’elles se cachait une histoire.

Après le départ des Expos, il n’a pas raccroché son micro. Il a poursuivi son travail en décrivant les matchs des Capitales de Québec et plusieurs rencontres du Baseball majeur à TVA Sports, notamment celles des Blue Jays de Toronto. Même après avoir quitté la grande scène montréalaise, il demeurait un ambassadeur naturel du baseball au Québec.

Son influence dépasse donc largement les limites d’un parc de b***e ou d’une époque. Il a inspiré de nombreux jeunes joueurs à travers la province. Il a contribué à maintenir vivante une passion qui aurait pu s’éteindre avec le départ des Expos. Il a continué de transmettre son amour du jeu avec cette élégance tranquille qui était devenue sa signature.

Et pourtant, une question demeurait.

Comment pouvait on concevoir que cet homme, témoin privilégié de plus d’un demi-siècle de baseball, n’ait toujours pas obtenu la reconnaissance ultime de Cooperstown.

Doucet avait déjà été accueilli au Temple de la Renommée du baseball québécois en 2002, au Temple de la Renommée des Expos en 2003, puis au Panthéon des sports du Québec en 2007. Le Temple de la Renommée du baseball canadien lui avait ouvert ses portes en 2020. En 2004, il avait reçu le prix Jack Graney, distinction qui souligne la contribution exceptionnelle d’un membre des médias au baseball au Canada. En 2011, l’Assemblée nationale du Québec lui avait également décerné une médaille d’honneur.

Les honneurs étaient nombreux. Ils étaient mérités. Ils témoignaient tous de la même évidence.

Jacques Doucet était un monument.

Mais l’ultime reconnaissance lui a échappé. Le prix Ford C. Frick, décerné par le Temple de la Renommée du baseball à une personnalité des médias pour sa contribution exceptionnelle au sport, lui a résisté. Dix fois, son nom figurait parmi les dix finalistes. Dix fois, Cooperstown a eu l’occasion de reconnaître officiellement cette voix francophone qui avait accompagné des millions de lancers et de présences au bâton.

Dix fois, le verdict lui a échappé.

Il faut maintenant espérer que l’histoire saura être plus juste que les votes.

Cooperstown doit comprendre que la grandeur du baseball ne se mesure pas uniquement aux coups de circuit, aux victoires ou aux records gravés dans le marbre. Elle se mesure aussi à ceux qui ont permis aux générations de comprendre le jeu, de l’aimer et de le transmettre. Un Temple de la Renommée n’est pas simplement un sanctuaire pour les héros qui ont foulé le terrain. C’est aussi un lieu de mémoire pour ceux qui ont façonné la manière dont un peuple se souvient de son baseball.

Jacques Doucet appartient à cette mémoire.

Il appartient à ces soirs de juillet où la lumière déclinait doucement au-dessus de Montréal. Il appartient aux longues soirées d’été où une radio jouait quelque part dans la maison pendant que les Expos étaient en action. Il appartient aux automobiles qui roulaient sur les routes du Québec avec le match en arrière-plan. Il appartient aux enfants qui écoutaient sans toujours comprendre tous les détails du jeu, mais qui savaient déjà qu’une voix familière leur racontait quelque chose d’important.

Monsieur Doucet meublait le silence de nos étés.

Sa voix rassurante nous dessinait la partie dans l’imagination. Elle transformait neuf manches de baseball en récit. Elle nous permettait de voir avec les oreilles. Et lorsque le match se terminait, il restait parfois quelques secondes de silence, ce silence particulier qui suit les grands moments, lorsque l’on comprend que quelque chose vient de s’achever.

C’est peut être cela, au fond, le véritable héritage de Jacques Doucet. Il nous a appris que le baseball pouvait être davantage qu’un jeu. Il pouvait devenir un souvenir. Une tradition familiale. Un rendez vous générationnel. Une façon de mesurer le passage du temps.

Les enfants qui l’écoutaient autrefois sont devenus parents, puis grands-parents. Les joueurs qu’il décrivait sont devenus des légendes. Le stade a changé. L’équipe est partie. Les uniformes ne sont plus portés de manière officielle. Les générations se sont succédé.

Mais sa voix est restée.

Et maintenant qu’elle s’est tue, nous réalisons pleinement la place qu’elle occupait dans notre paysage collectif.

Merci, Monsieur Doucet, d’avoir bercé nos étés d’enfance. Merci d’avoir raconté le baseball avec passion, précision et élégance. Merci d’avoir donné une voix française à un sport que plusieurs d’entre nous ont appris à aimer grâce à vous. Merci d’avoir accompagné tant de générations de Québécois dans leurs joies, leurs déceptions, leurs espoirs et leurs rêves de baseball.

Vous n’avez pas seulement dépeint un sport.

Vous avez façonné la relation des Québécois avec le baseball.

Votre place dans notre mémoire est déjà éternelle. Et, assurément qu’un jour, même si ce sera malheureusement de l’au-delà que vous l’entendrez, le dernier appel de Cooperstown viendra enfin consacrer ce que les amateurs savent depuis longtemps.

Jacques Doucet mérite sa place dans l’ultime Panthéon du baseball.

Nous offrons nos plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, à ses amis, à ses anciens collègues et à tous les amateurs de baseball qui ont grandi avec sa voix.

Ce matin, le score importe peu.

Le stade est silencieux.

La radio vient de s’éteindre.

Et quelque part dans la mémoire du Québec, une dernière voix continue pourtant de raconter le baseball.

Photos from Encore Baseball Montreal's post 08/28/2026

Si jamais vous lisez la biographie de Jacques Doucet, écrite avec l’ami Marc Robitaille, vous y trouverez en page 286 quelques mots sur Encore Baseball Montréal. Le mot de Jacques écrit lors du lancement était si gentil. On a vraiment tout essayé pour qu’il entre au Temple de la Renommée.

08/28/2026

Les débuts à la radio de Jacques Doucet.

08/28/2026

Encore Baseball Montréal a été incorporé en 2003. Maryse Fillion et plusieurs autres ont organisé plein d'activités pour aider les Expos à rester à Montréal. Puis nous avons ouvert cette page en 2008 principalement pour mousser le vote des fans afin que Jacques Doucet puisse avoir sa petite place au Temple de la Renommée du Baseball de Cooperstown, parmi les récipiendaires du Ford C. Frick Award. Nous n'avons pas réussi. Cette page est la première de Montréal à parler de baseball en français et nous l'avons maintenue depuis tellement d'année. Il ne nous reste plus qu'à souhaiter un retour du baseball à Montréal si jamais cela est possible. Sinon, nous resterons la plus vieille page Facebook qui pense toujours aux Expos, nos amours.

08/28/2026

Marc Griffin rend hommage à Jacques Doucet.

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