14/09/2026
Editorial
Ahurissement…
Vit-on jamais tête plus ahurie que celle de Sacha Zverev après qu’il eut marqué le point sur la b***e de match de sa troisième finale en grand chelem, cette année ? En fait, dans le boucan qui règne quasi en permanence sur le central de Flushing Meadows, il n’avait pas entendu l’annonce de l’arbitre et, convaincu de mener 5/1 dans le quatrième set, il se disposait à terminer la finale qu’il venait de gagner haut la main !
Certes, Ben Shelton lui facilita la tâche ; il ne se remit jamais du break qu’il consentit (sur une double-faute !) dès le premier jeu de ce duel ; et il demeura d’une irrégularité consternante pour qui l’avait vu triompher de Carlos Alcaraz en quart de finale, au terme d’une cinquième manche exaltante. Certes, encore, l’Américain (qui laisse toujours son compatriote Andy Roddick sans successeur dans la liste des vainqueurs de l’US Open) partait dans ce combat avec un lourd handicap puisqu’il avait connu la défaite lors de leur cinq confrontations précédentes. Néanmoins…
Néanmoins, Zverev eut bien du mérite de résister à la pression – celle du public, plus encore qu’à celle de son rival – et de gérer le problème posé par son diabète de type 1, avec une équanimité scrupuleuse que la médecine facilite heureusement. Il sut aussi s’en tenir à une stratégie efficace qui le conduisit à varier l’intensité de ses frappes et à modifier à sa guise le rythme des échanges que son adversaire eût voulu sans doute davantage soutenu. Sans nul doute, pareille politique eût été impossible si son artisan n’avait gagné son premier titre du grand chelem en juin dernier, à Roland-Garros, après s’être de manière récurrente posé la question de savoir s’il réussirait un jour à atteindre le Graal, compte tenu des nombreux déboires avec lesquels il avait dû compter précédemment. Mieux même : aujourd’hui que ses inquiétudes sont levées, et que, selon toute apparence, il a enfin neutralisé la nuisance de ses démons, il semble de taille (son coup droit s’étant simultanément amélioré) à gravir la dernière marche de la hiérarchie établie par l’ATP. Il pourrait devenir ainsi le trentième numéro un mondial dans l’histoire de l’ère Open, comme vient d’y parvenir, y compris sur le plan chiffré, Elena Rybakina : au sommet du classement de la WTA, elle a effacé ce lundi Aryna Sabalenka qu’elle a vaincue lors de la finale de New York.
On ne saurait achever cette chronique consacrée à l’US Open sans rappeler quel parcours magnifique y réussit Alexander Blockx. Son accession aux quarts de finale, après son combat héroïque contre l’Argentin Cerundolo, lui vaut d’apparaître à la 27ème dans la nomenclature de l’ATP. Mais comme rien n’est jamais parfait, la blessure qu’il a contractée pendant ce match et qu’il a aggravée en affrontant ensuite Kachanov, va singulièrement compliquer la tâche de l’équipe belge de coupe Davis qui sera privée de ses services (tout comme de ceux de Raphaël Collignon) le week-end prochain à Vienne.