Ecole de l'Unité

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01/07/2026

✴︎ LE TEXTE EMOTIONNEL ✴︎ Suite et fin
La Danse des Dimensions – 3/3

La dernière fois, nous nous sommes quittés sur une question qui ne m'a plus quittée : Et si la prison n'était plus le passé… mais celui ou celle qui cherche à s'en échapper ?

Je croyais que cette réflexion était terminée et pourtant, pendant une méditation, une autre image est apparue.
J'ai vu le corps comme un véhicule.
J'ai vu le personnage comme le conducteur.
J'ai vu la conscience comme un observateur.
Et soudain, une évidence m'a traversée.

Depuis des années, dans ma quête spirituelle, une partie de moi voulait presque faire descendre le conducteur de la voiture. Comme si le personnage était devenu le problème. Comme s'il fallait le faire taire, le dépasser, le dissoudre.

Alors une autre question est apparue : Que se passerait-il si le conducteur quittait réellement le véhicule ?
La voiture ne roulerait plus.
Le voyage s'arrêterait.
Le corps resterait là…

Mais plus personne ne conduirait l'expérience et j'ai compris que le personnage n'est peut-être pas l'ennemi. Il est celui qui permet à la conscience de vivre cette aventure humaine. Il fait des erreurs, il apprend, il tombe, il aime, il doute, il grandit.

Et il est profondément humain dans ses imperfections et c'est justement ce qui rend cette expérience possible.

Puis mon regard s'est élargi, je me suis demandé :
Qui suis-je réellement ?
Suis-je le conducteur ?
Suis-je le véhicule ?
Suis-je l'observateur ?
Suis-je les passagers qui traversent parfois la peur, la joie ou la colère ?
Suis-je la route elle-même ?

Et plus je cherchais une réponse, plus je sentais que la vie refusait de choisir, comme si tout participait et que rien n'avait besoin d'être rejeté. Chaque dimension avait sa place dans cette immense danse du vivant.

C'est alors qu'une autre compréhension est née, peut-être que la plus grande prison n'est finalement ni le passé, ni le personnage, ni même l'ego.

Peut-être que la plus grande prison est la certitude, cette tendance que nous avons à vouloir figer ce qui est vivant, à vouloir décider qui est le plus important, à vouloir désigner un roi.
Le personnage ou l’âme.
Le corps ou la conscience.
Le spirituel ou l'humain.

Et si personne n'avait besoin de gouverner ?

Une image m'est venue. Quand je regarde un arbre, je ne me demande jamais si les racines valent plus que les feuilles. Je ne me demande jamais si la sève est plus éveillée que les branches. Je vois simplement un écosystème vivant. Peut-être en est-il de même pour nous.
Le corps participe.
Le personnage participe.
La mémoire participe.
Les émotions participent.
La conscience participe.

Même celui qui cherche à s'éveiller participe, alors peut-être que l'éveil n'est pas une ascension, peut-être qu'il est une réconciliation. Une réconciliation entre toutes les dimensions de notre être. Et peut-être que la plus grande sagesse n'est pas de devenir autre chose qu'humain…
Mais de laisser le divin respirer à travers notre humanité.
________________________________________

En refermant cette exploration, je me suis surprise à me demander :
Qui est en train de penser tout cela ?
Qui écrit ces lignes ?
Qui change d'avis ?
Qui abandonne une croyance pour en accueillir une autre ?

Je crois que nous arrivons tous sur cette terre avec des croyances, des valeurs, des façons de regarder le monde.

Puis la vie nous rencontre à travers une relation.
Une perte.
Une maladie.
Une naissance.
Un voyage.
Une joie immense.
Ou une contraction douloureuse.

Et chacune de ces expériences vient doucement ébranler ce que nous croyions vrai. Parfois nous résistons. Parfois nous nous accrochons, parfois nous défendons nos certitudes comme si notre survie en dépendait.

Et parfois…

Nous acceptons simplement que la vie continue de nous enseigner, alors aujourd'hui, je ne cherche plus à savoir quelles sont les bonnes croyances.

Je me demande seulement :
Est-ce que cette croyance ouvre mon cœur… ou le referme ?

Car peut-être que nous ne sommes pas venus sur cette terre pour posséder la vérité. Peut-être sommes-nous venus apprendre à danser avec elle, chaque fois qu'elle accepte de changer de visage.
________________________________________

Trois questions pour ce vendredi
1. Quelle partie de moi ai-je voulu faire taire alors qu'elle cherchait simplement à participer à l'expérience ?
2. À quel endroit ai-je transformé une compréhension en certitude ?
3. Et si rien en moi n'avait besoin de disparaître… comment danserais-je avec toutes les dimensions de mon être ?

Avec Amour et Humour,

Saphir Shanipriya

Ecole de l'Unité Coach

23/06/2026

Avant de reprendre cette trilogie, j'ai envie de vous dire quelques mots.

Le premier texte de cette série a été écrit il y a plusieurs semaines déjà. Puis la vie m'a emmenée ailleurs. Il y a eu la fin des formations, les consultations, les rencontres, les préparatifs du voyage… puis l'Inde.

Entre-temps, cette réflexion a terminé son chemin en moi. Elle n'est plus en train de se construire. Elle est devenue une compréhension que j'ai simplement envie de partager aujourd'hui.

Je suis actuellement en Inde, au cœur de cette terre qui questionne depuis des millénaires l'identité, la conscience, le personnage, l'illusion et le réel.

Et je souris en voyant que c'est depuis ici, depuis cette terre sacrée, que je reprends le fil de cette exploration. Comme si la vie avait choisi son propre rythme.

Alors voici la deuxième étape de ce voyage intérieur.

✴︎ LE TEXTE EMOTIONNEL ✴︎
Le Piège du Chercheur Spirituel - 2/3

La dernière fois, nous nous sommes quittés sur une question :
Et si la conscience n'avait jamais demandé au personnage de disparaître ? Et si elle l'avait simplement invité à danser ?

Cette phrase a continué à résonner en moi.
Car après avoir vu comment le passé pouvait devenir une identité, quelque chose en moi avait naturellement commencé à vouloir s'en libérer.

Je me suis dit :
« Je n'ai plus besoin de raconter mon histoire. »
« Je n'ai plus besoin de me définir à travers mes blessures. »
« Je n'ai plus besoin de me présenter à travers ce que j'ai traversé. »

Et cela semblait juste. Puis, au cours d'une méditation, quelque chose d'inattendu est apparu.

Une question tellement simple que je suis restée silencieuse devant elle :
Qui est en train de vouloir se libérer du personnage ?
J'ai laissé la question descendre.
Puis une autre est venue :
Qui est en train de vouloir se désidentifier ?
Puis une autre :
Qui est en train de vouloir transcender l'ego ?
Puis encore une autre :
Qui est en train de vouloir devenir plus conscient ?

Et soudain, quelque chose s'est déplacé. Car derrière chacune de ces démarches que je croyais spirituelles, je voyais encore apparaître quelqu'un.
Quelqu'un qui voulait devenir.
Quelqu'un qui voulait atteindre.
Quelqu'un qui voulait arriver quelque part.

Avec toute sa sincérité, toute sa bonne volonté et tout son amour du sacré.

Alors une autre question est née :
Le personnage qui cherche à être important est-il si différent du personnage qui cherche à disparaître ?

Et là…
Je ne savais plus.

Pendant longtemps, j'avais cru que le chemin consistait à quitter les identifications. À ne plus être son histoire, à ne plus être ses blessures, à ne plus être ses peurs, à ne plus être ses rôles. La non-dualité elle-même semble souvent nous inviter dans cette direction. Et pourtant, ce jour-là, j'ai commencé à entrevoir une autre possibilité.

Et si vouloir se débarrasser du personnage pouvait devenir un personnage encore plus subtil ?

Et si le chercheur spirituel pouvait lui aussi construire une identité ?

Une identité faite d'éveil, de conscience, de détachement et de pureté. Une identité qui se croit libre parce qu'elle ne s'accroche plus à ses blessures, alors qu'elle s'accroche désormais à l'idée d'être éveillée.

Une identité qui ne cherche plus à être importante dans le monde, mais qui cherche peut-être à être importante spirituellement.

Et si la prison finalement n'était plus le passé…

Mais celui ou celle qui cherche à s'en échapper ?

Trois questions pour aujourd'hui :

1. Qui est en train de vouloir changer, guérir ou s'éveiller en moi ?

2. Est-ce que je poursuis la liberté… ou une nouvelle image de moi-même ?

3. Que resterait-il si je cessais, même un instant, de vouloir devenir quelqu'un d'autre ?

Avec Amour et Humour,
Saphir Shanipriya

08/06/2026

LUNDI EMOTIONNEL
La Prison la Plus Subtile - 1/3

Il y a quelque temps, une simple remarque a ouvert une porte en moi. Une phrase toute simple. Une phrase qui, sur le moment ne m'a pas touché et en même qui a continué à travailler dans le silence.

On m'a fait remarquer que je parlais souvent de mon passé pour permettre aux autres de me connaître. Au départ, j'ai eu envie de répondre que ce n'était pas vrai, que je ne le faisais pas à partir d’un espace de blessures, mais que cela permettait à l’autre de me rencontrer à partir de mon paysage intérieur.

Puis j'ai observé. Et j'ai vu quelque chose de plus subtil. Je ne parle pas forcément beaucoup de mon passé. Je raconte mes blessures, mes épreuves, mes traversées. Je raconte la jeune fille que j'avais été, la femme que j'étais devenue. Les montagnes gravies. Les tempêtes traversées.

Et pendant longtemps, cela m'a semblé naturel. Après tout, nous racontons tous notre histoire pour permettre à l'autre de nous connaître, pour créer du lien. Pour dire : « Voilà d'où je viens et qui je suis »
Et pourtant, quelque chose a commencé à me questionner.
• Pourquoi certaines histoires continuaient-elles à revenir alors qu'elles étaient déjà guéries ?
• Pourquoi certaines blessures, pourtant cicatrisées, continuaient-elles à être convoquées dans le présent ?
• Pourquoi ressentais-je parfois le besoin de rappeler ce qui avait été traversé ?

Puis la réponse est apparue, doucement, paisiblement, comme une évidence. Une partie de moi continuait à utiliser son histoire pour confirmer son identité.
Comme si la femme résiliente avait encore besoin de ses blessures.
Comme si celle qui s'était relevée avait encore besoin de ses chutes.
Comme si le personnage avait besoin de son passé pour continuer à exister.

Et soudain, une question est née :
Qui suis-je lorsque je cesse de raconter mon histoire ?
Pas en la reniant, ni en prétendant qu'elle n'a jamais existé. Mais simplement en cessant de l'utiliser pour me définir, définir celle que je suis aujourd’hui. Cette question m'a accompagnée pendant plusieurs jours. Et plus je la regardais, plus je sentais quelque chose se desserrer.

Une prison devenait visible, une prison dans laquelle je pouvais encore me dire :
« Je suis celle qui a traversé cela. »
« Je suis celle qui a compris cela. »
« Je suis celle qui a guéri cela. »
Une prison confortable, dont les barreaux étaient faits de souvenirs, de récits et de significations. Et de là, j'ai décidé que mon passé ne me définirait plus. Que je n'allais plus jamais en parler pour me présenter. Mais c'était radical, une autre prison subtile faisait son apparition.

Et pourtant...
La vie n'avait pas terminé sa phrase. Car ce que je croyais être la découverte allait devenir le début d'une autre exploration. Une exploration encore plus subtile. Une exploration qui allait m'amener à questionner non seulement mon histoire mais aussi celui ou celle qui cherche à s'en libérer.

Et c'est là que nous nous retrouverons mercredi.
Trois questions pour ce lundi :
1. Quelle histoire ai-je besoin de raconter pour expliquer qui je suis ?
2. Que resterait-il de mon identité si cette histoire disparaissait ?
3. Qui suis-je lorsque je n'ai plus rien à prouver à travers mon passé ?

Avec Amour et humour,
Saphir Shanipriya

31/05/2026

🌕 Pleine Lune en Sagittaire – Soleil en Gémeaux 🌕

Quelque chose me touche dans cette pleine lune, car elle vient souffler sur nos certitudes. Pas pour les détruire, pas pour nous dire que nous avons tort. Simplement pour nous rappeler que la vie est toujours plus vaste que les histoires que nous racontons à son sujet.

Cette pleine lune se déploie dans l'axe Sagittaire-Gémeaux.

Le Sagittaire cherche le sens. Il cherche la vérité, il aspire à comprendre ce qui relie les événements entre eux, mais pas depuis le mental.

Le Gémeaux, lui, observe, il questionne, il explore. Il nous rappelle qu'avant toute conclusion existe une expérience à rencontrer.

Et cette année, quelque chose d'autre colore cette pleine lune, Uranus est entré en Gémeaux. Comme un vent nouveau venant traverser :
nos habitudes de pensée
nos récits
nos évidences
nos manières parfois bien installées de regarder le monde

Aujourd'hui, sous cette Lune Bleue, je prends le temps de regarder mon propre chemin et je vois combien certaines vérités m'ont accompagnée pendant des années.

Des vérités sincères.
Des vérités utiles.
Des vérités qui m'ont permis de grandir.
Et pourtant...

Je découvre parfois qu'elles continuent elles aussi à évoluer. Comme si la vie me murmurait :
« Oui... et encore. »

Hier, quelque chose s'est ouvert en moi autour de l'amour. Une phrase que j'ai portée longtemps :
L'amour se donne. Et je continue de croire profondément que l'amour se donne.
Il se partage.
Il s'offre.
Il rayonne.

Mais soudain, quelque chose de plus vaste est apparu. Une vérité que je n'avais peut-être jamais pleinement laissée entrer :
L'amour mérite aussi d'être aimé, cela paraît simple, presque évident. Et pourtant, certaines évidences mettent parfois une vie entière à traverser le cœur. Je crois que beaucoup de nos souffrances ne viennent pas seulement de nos blessures.

Elles viennent parfois de vérités devenues trop étroites pour la personne que nous sommes en train de devenir. Alors la vie agrandit le cadre. Elle ouvre une fenêtre, elle apporte une rencontre, une conversation, une expérience, une prise de conscience...

Et soudain, ce que nous pensions être la vérité devient une partie de la vérité.

Je sens que c'est cela que cette pleine lune cherche à nous montrer.

Peut-être que le Sagittaire ne nous demande pas de trouver une nouvelle vérité.

Peut-être nous invite-t-il simplement à laisser nos vérités grandir.

Et le Soleil en Gémeaux nous rappelle que cela commence toujours par une question.
Par une observation.
Par la curiosité d'oser regarder autrement.

Alors ce soir, pouvons-nous simplement nous asseoir quelques instants sous la lune.

Respirer, desserrer doucement les doigts autour de nos certitudes.

Et nous demander :

Quelle vérité cherche aujourd'hui à grandir en moi ?

Quelle compréhension plus vaste tente de naître ?

Qu'est-ce que la vie essaie de me montrer que je n'avais pas encore vu ?

Peut-être que la plus grande prison n'est pas l'incertitude, mais la certitude.

Et peut-être que la sagesse consiste simplement à rester suffisamment ouvert pour que la vie continue de nous surprendre.

Belle pleine lune à chacune et chacun.

03/05/2026

✴︎ LA VOIX DE L’ÉCLAIR ✴︎
Activation intérieure — Uranus × Mercure
Le 11 mai à 20h via zoom

Il y a des moments où quelque chose bascule. Où le mental ne suffit plus.
Où la vie demande autre chose.

Un passage. PAS SAGE
Depuis quelque temps, je sens une intensité nouvelle, un appel à parler autrement, à ressentir autrement, à laisser circuler une vérité, plus vivante.

Ce que traverse le ciel actuellement avec Uranus en Gémeaux n’est pas qu’un mouvement astrologique. C’est une invitation intérieure.

Une invitation à libérer la parole.
À briser les anciens schémas mentaux.
À reconnecter le corps, le cœur et la conscience.

Je vous propose un voyage.
Une méditation quantique, immersive, profonde, où vous entrerez dans votre sanctuaire du cœur avec Venus et rencontrerez ces deux forces en vous :

- Uranus — l’éveil, la rupture, l’éclair
- Mercure — le messager, la circulation, la parole vivante

Une activation intérieure.
Un réalignement.
Un retour au vivant dans l'amour. . Un espace où quelque chose peut s’ouvrir, sans effort, sans mental, simplement parce que vous êtes prêts.

📅 11 mai
🕗 20h
(en ligne via Zoom )
Inscription : [email protected]

Si tu ressens l’appel… c’est que c’est déjà en train de s’ouvrir en toi.

Je me réjouis de vivre ce moment avec toi.

Saphir Shanipriya

23/04/2026

TEXTE OFFRANDE
Les objets que l’on conserve sans raison valable parlent de ce que nous n’avons pas encore quitté.

Quand un être humain conserve un objet lié à une expérience, il ne garde pas simplement une chose. Il garde un point d’ancrage. Un rappel. Comme si nous avions besoin du passé pour savoir qui nous sommes ici et maintenant.

Mais en réalité, l’objet ne contient rien.
C’est le souvenir qui y est attaché que nous avons du mal à laisser partir. Parce que cet objet a créé une réalité. Et cette réalité a fait émerger un personnage.

Un personnage qui a vécu, aimé, souffert, existé. Et souvent, ce n’est pas l’objet que nous gardons, c’est ce personnage.

Un personnage que nous continuons à faire vivre, parfois sans même nous en rendre compte. Il n’est pas là par hasard, il s’est construit pour quelque chose. Pour protéger, pour maintenir, pour tenir debout à un moment où cela était nécessaire.

Car derrière ce personnage, il y a souvent une blessure. Une blessure plus ancienne, plus intime, plus enfouie. Alors, inconsciemment, en gardant l’objet, nous permettons au personnage de rester actif et donc à la blessure de continuer à exister en arrière-plan.

Et plus nous gardons, plus nous restons reliés à ce qui n’est plus, parce que tant que l’objet est là, une partie de nous reste accrochée à ce moment, à cette relation,
à cette version de soi qui n’existe plus.

Nous appelons cela des souvenirs. Mais c’est souvent un attachement au passé. Nous appelons cela de la précaution. Mais c’est parfois la peur de lâcher. Et cela est encore plus visible dans les relations. Nous ne gardons pas un objet. Nous gardons le lien.
Nous gardons ce que cela a été. Nous gardons ce que cela représentait.

Et parfois, nous gardons même ce que nous aurions voulu que cela soit. Alors, sans le voir, nous continuons à vivre dans un espace qui n’est plus là. Comme des boîtes vides.
Des formes qui ont déjà perdu leur substance, mais auxquelles nous restons attachés. Nous ne sommes jamais complètement ici.

Parce que laisser partir un objet,
ce n’est pas simplement perdre quelque chose. C’est faire face à une dissolution.
À une forme d’anéantissement. C’est mourir à une image de soi. Mourir à celui ou celle que l’on croyait être.

Et ce qui empêche réellement de laisser partir, ce n’est pas toujours l’objet.
Ce n’est même pas toujours l’attachement visible. C’est plus profond. C’est la peur.
La peur de ne plus être quelqu’un.
La peur de ne plus être défini.
La peur de disparaître avec ce que l’on a été.

Alors nous gardons, nous accumulons, nous nous accrochons. Pas aux objets, mais à l’identité qu’ils maintiennent. À ce personnage que nous continuons à nourrir, parce qu’il est relié à une blessure, qui a été notre compagnon de route pendant des années.

Et tant que cette blessure n’est pas reconnue,
le personnage continue d’exister. Et tant que le personnage existe, l’objet garde une fonction. Et pourtant…

Quand cela est vu, quelque chose peut commencer à se relâcher. Pas d’un seul coup. Pas dans un geste radical. Mais dans une reconnaissance. Les mémoires, les empreintes, les blessures ne disparaissent pas immédiatement. Même lorsque la conscience est là, l’humain peut continuer à s’identifier. Parce que l’attachement n’est pas à l’objet. Il est au lien invisible entre le personnage et la blessure.

Alors voir cet attachement, l’accepter sans le juger, c’est déjà ouvrir un espace. Un espace où ce qui retient peut commencer à se dissoudre. Et doucement, quelque chose cède. Et ce qui est là n’est pas une naissance.
Car rien ne naît, mais quelque chose se sait.
Quelque chose qui a toujours été là se reconnaît, se goûte et se contemple.

Et voit le personnage qu’il croyait être.
Alors le passé n’est plus nécessaire pour se définir. Les objets perdent leur fonction.
Ils ne sont plus des points d’ancrage de l’identité. Ils redeviennent ce qu’ils ont toujours été. Des choses. Et dans cet espace,
il y a un moment où le cœur s’ouvre.
Sans effort. Une douceur se pose et il n’y a plus que l’amour. Un amour qui inclut tout.

Y compris ce qui résistait, y compris ce qui voulait encore garder. Alors la conscience ne détruit pas l’ego. Elle l’embrasse, elle le traverse et le libère, sans le rejeter.

Alors la vraie question n’est pas :
Pourquoi je garde ?

Mais : Qu’est-ce que je ne suis pas encore prête à laisser mourir en moi ?

Saphir

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