13/09/2025
🏃 𝐒𝐞 𝐝é𝐩𝐚𝐬𝐬𝐞𝐫 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐢𝐦𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐞 𝐏𝐨𝐥𝐲𝐧é𝐬𝐢𝐞 🇵🇫
𝐑𝐔𝐍 𝐅𝐎𝐑 𝐃𝐎𝐆𝐒 𝟐 🐾 𝐏𝐀𝐑𝐓 𝟏/𝟐 ✅
'Ia ora na les amis des animaux 👋
Aujourd'hui je vais vous raconter mon UTMB Mont-Blanc 2025 et les coulisses du projet Fabio Salmistraro - Run For Dogs 2 en essayant de vous donner quelques détails croustillants parce que je sais que vous aimez ça, alors préparez-vous parce que ça ne va pas être tout beau tout rose.
𝗟𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝘅𝘁𝗲 :
Pour resituer un peu le contexte pour ceux qui n'ont pas suivi (bouuuh). Il y a quelque temps, je me suis lancé un défi incroyable : courir l'UTMB, l'ultra-trail du Mont-Blanc, une course épique d'environ 176 km (environ une fois et demie le tour de Tahiti) et 10 000 m de dénivelé positif (un peu plus que la hauteur de l'Everest, le plus haut sommet du monde), le tout pour faire le tour du massif du Mont-Blanc en passant par la France, l'Italie et la Suisse.
Et si j'ai décidé de relever ce défi, ce n'est pas parce que je suis fou, enfin pas totalement, c'est pour collecter des fonds (10 M F) en faveur des 10 associations (1 M par association) de protection des animaux situées sur toute la Polynésie française, des Australes en passant par la Société jusqu'aux Marquises. Je crois que c'est le plus gros projet caritatif pour les animaux jamais créé au fenua. Bon, trêve de bavardages, le contexte est posé, on passe aux choses sérieuses !
𝗥é𝘂𝘀𝘀𝗶𝗿 à 𝘀𝗲 𝗾𝘂𝗮𝗹𝗶𝗳𝗶𝗲𝗿 𝗲𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝘁 :
L'UTMB c'est le rêve de tout coureur de trail, et rien que s'y qualifier, c'est un exploit en soi. Ça m'a pris environ 3 ans d'entraînement et de courses qualificatives pour y arriver, mais pour 2025, j'ai mon précieux sésame : je suis tiré au sort et j'obtiens mon dossard pour la course.
Je travaille d'arrache-pied pour monter le projet, je m'entraîne dur, très dur pour être à la hauteur de l'événement, j'ai une bonne condition physique, j'essaie tant bien que mal de nouer des partenariats, de lancer des projets cool et ambitieux pour faire parler de Run For Dogs 2 et faire exploser cette cagnotte.
Malheureusement, je vous le dis aujourd'hui, j'ai essuyé un nombre important de refus, que ce soit au niveau sponsoring, dons, partenariats, mise en place de projets annexes, etc. Et ça, ça a été vraiment dur à encaisser... Il y a même une matinée où je me suis réveillé et j'ai reçu sur la boîte mail de Run For Dogs plusieurs refus successifs, waouh, ça, ça fait mal et ça te met vraiment le moral dans les chaussettes pour la journée. Mais bon, je suis un battant, alors malgré cela je vais continuer coûte que coûte à faire vivre ce projet.
Heureusement, j'ai tout de même pu compter sur l'aide de quelques précieuses personnes et un gros partenariat avec Tahiti Tourisme pour tout de même réaliser un beau projet. Merci à tous ceux qui m'ont aidé, vous avez ma reconnaissance et surtout vous avez permis d'alimenter cette flamme qui m'a donné la force de me lever chaque jour pour m'entraîner et tout donner pour ce projet (je vous ferai un post dédié à chacun d'entre vous ♥️).
𝐋'𝐔𝐓𝐌𝐁 𝟐𝟎𝟐𝟓, 𝐡𝐞𝐫𝐞 𝐰𝐞 𝐠𝐨 : 𝐥𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐝é𝐩𝐚𝐫𝐭 !
Ça y est, on y est. J'y suis, dans le sas de départ, autour de moi des milliers de coureurs, des milliers de spectateurs. L'énergie est incroyable, c'est simple, je n'ai jamais connu rien de tel. L'émotion est palpable parmi les coureurs, on a tous fait d'immenses sacrifices pour être présents sur cette ligne de départ. Des sacrifices familiaux, professionnels, personnels et financiers.
On a tout donné pendant plusieurs années et maintenant c'est l'heure du dénouement. Je me sens vraiment bien, j'ai bien dormi la veille, j'ai même dormi plusieurs heures avant la course (le départ est à 17h45) pour accumuler un maximum de sommeil car j'ai prévu de terminer la course autour des 43 heures, ce qui signifie passer deux nuits blanches dehors. Autant bien recharger les batteries avant de partir.
Ça y est, on va vraiment partir, la musique de Vangelis, Conquest of Paradise, résonne dans le centre-ville de Chamonix. C'est l'hymne mythique de l'UTMB, tous les coureurs ont attendu ce moment avec impatience. D'un coup, la foule est silencieuse, tout le monde retient son souffle, la pluie commence à tomber. C'est épique, c'est magique, c'est parti ! Le départ de la course est donné, je me sens extrêmement bien, et waouh, quelle atmosphère, c'est vraiment impressionnant. Des milliers de personnes nous encouragent, on croise des amis, la famille, les enfants font tout leur possible pour essayer de taper dans la main des coureurs, qui deviennent les héros du jour, c'est vraiment extraordinaire comme ambiance.
Mais très vite, il faut se concentrer, il commence à pleuvoir fort, très fort. J'anticipe, j'attrape ma veste imperméable que j'avais précautionneusement préparée à portée de main et je m'équipe sans même m'arrêter.
La pluie redouble d'intensité, c'est le déluge. Décidément, cette édition de l'UTMB s'annonce vraiment épique. Les premiers kilomètres se passent bien, je pars prudemment comme à mon habitude. Je ne veux surtout pas prendre le risque de perdre trop d'énergie, surtout au vu des conditions météorologiques qui s'annoncent vraiment défavorables et de la longueur de la course. Bref, je gère. Ce début de parcours est roulant, je traverse des petits villages, c'est un mélange de route et de sentiers plutôt sympa.
Très vite, on arrive au ravitaillement des Houches. Je ne m'arrête pas, j'ai tout ce qu'il me faut, je continue vers la première ascension qui se déroule bien malgré la pluie, puis une première bonne descente (qui ressemblait fortement à une piste de ski bien abrupte), très difficile à gérer car le terrain est très boueux et extrêmement glissant. Je ne sais pas si je dois accélérer pour descendre en toute fluidité ou ralentir pour éviter la chute mais risquer de fatiguer prématurément mes muscles et articulations.
J'opte pour un entre-deux : quand ce n'est pas trop risqué je descends bien, quand c'est compliqué je ralentis. Mais bon, c'est quand même très difficile cette première descente, malgré les bonnes sensations. Je rattrape et double beaucoup de coureurs sans forcer, tout va bien !
Toujours sous une pluie battante, j'arrive au ravitaillement de St-Gervais. L'ambiance est incroyable : malgré la pluie, la foule est nombreuse, c'est une ola pour chacun des coureurs qui passent, une tonne d'applaudissements. J'en profite pour manger, boire, remplir mes flasques et repartir. Je me sens bien, tout se déroule de manière optimale malgré la pluie et la nuit qui est désormais bien installée.
La suite du parcours jusqu’aux Contamines, premier ravitaillement avec assistance, se passe bien. En arrivant, je suis choqué par l’ambiance presque post-apocalyptique qui règne : c’est la cohue, on se croirait dans un hôpital de campagne. Point réconfortant tout de même : ce ravitaillement était ouvert à l’assistance. Ça fait un bien fou de retrouver ma femme et mon bébé, accompagnés par mon père. Dans des conditions aussi dantesques, leur présence me remonte clairement le moral. Ils m’apportent plein de bonnes choses pour reprendre des forces et refaire le stock de nutrition à emporter, car nous ne nous reverrons pas avant Courmayeur, prochain ravitaillement autorisé à l’assistance.
Je mange, je bois, j’essaie de me faufiler entre la foule pour m’extraire de ce chaos. Je reste quelques minutes à côté d’un autre coureur : il est déjà transi de froid, pris de tremblements incontrôlables, frigorifié. L’image est marquante. Je repars ensuite sous la pluie battante, déterminé à avancer.
Après ce ravitaillement, c'est la nuit noire et la montagne qui attend les coureurs. Le contraste avec le début de course est saisissant ! Fini le public, la chaleur des acclamations, l'ambiance festive. Maintenant c'est la pluie, la nuit, le froid, la montagne et cette sensation qui enveloppe malgré la présence des autres coureurs. Cette transition est particulièrement marquée par le passage à Notre-Dame de la Gorge où les derniers supporters se massent et mettent une ambiance de folie dans cette montée si difficile.
𝐋𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢è𝐫𝐞𝐬 𝐭𝐫è𝐬 𝐠𝐫𝐨𝐬𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐢𝐜𝐮𝐥𝐭é𝐬 :
Les choses sérieuses commencent. La première grosse ascension : le col du Bonhomme. Et là c'est dur, très dur. Je vois au loin les centaines de lampes frontales des autres coureurs qui illuminent le parcours. Je me retourne : même constat. Je pourrais presque situer ma place dans la foulée, 2/3 ou 3/4 arrière. C'est beau et terrifiant à la fois. Là, je me rends compte de tout le chemin à parcourir et, waouh, ça monte sur des kilomètres ! Mais je me sens bien, malgré la pluie qui continue. Ça fait maintenant plus de 5 heures qu'on est sous un déluge quasi ininterrompu, et quand la pluie s'arrête et qu'on commence à sécher et à se réchauffer, il se remet à pleuvoir, encore et encore.
La montée est difficile à cause de la boue, on glisse sans cesse, c'est épuisant. J'imagine ce même sentier par temps sec, ça doit être un régal. Ce soir, ce n'est pas le cas.
À mi-parcours de l'ascension, une barrière humaine de bénévoles nous bloque la route. Je pense alors à un contrôle surprise du matériel obligatoire qu'on est censés avoir sur nous.
Je m'approche d'un bénévole et lui demande ce qu'il se passe. Il m'annonce que je ne peux pas continuer en short et que tout le monde doit mettre un pantalon et des vêtements chauds car les conditions sont terribles au sommet avec du vent et de la neige.
Je m'arrête, je me change, et je repars. À côté de moi, un coureur n'a pas son pantalon obligatoire. Il demande tout de même au bénévole à repartir, ce ne sera pas possible pour lui : c'est la disqualification, la course s'arrête ici pour lui.
Arrivée au sommet après une longue ascension, effectivement, les bénévoles ont bien fait de nous demander de nous équiper, merci à eux. Le froid est glacial, et le fort vent, glacial lui aussi, nous saisit. Car même si la neige a remplacé la pluie, nous sommes mouillés depuis plusieurs heures, ce qui accentue cette sensation de froid. Je force sur mes bâtons pour activer le plus de muscles possible et me réchauffer au maximum. Le sommet est enfin là, mais pas de temps à perdre : très vite, il faut redescendre. Et quelle descente ! Encore une fois la pluie et la boue sont de la partie, c'est extrêmement glissant et je sens mes muscles qui travaillent de toute leur force pour me garder debout en équilibre et éviter la chute. Spoiler alert : je vais quand même tomber plusieurs fois, comme tous les coureurs autour de moi. C'est un véritable calvaire, et cette descente est tellement longue et traumatisante pour mon corps. Clairement, celui-ci n'est pas habitué à ce type de terrain ni à ces conditions météorologiques. On est loin des sentiers de Tahiti, alors il s'adapte et encaisse chaque choc, chaque glissade, cherchant une solution pour tenir le coup sans trop y laisser de plumes.
Mais la récompense est là : nous voici aux Chapieux. Ravitaillement durant lequel je prends plaisir à manger, à boire, tout va bien. Malgré les douleurs que je commence à ressentir dans mes jambes, qui sont tétanisées après cette descente compliquée.
Bis repetita après ce ravitaillement pour attaquer cette fois l'ascension du col de la Seigne. Je vois encore une fois les lampes frontales au loin qui serpentent tout au long de l'ascension et plus encore.
Ça me paraît dingue de me dire que moi aussi je vais devoir aller tout là-bas. Il pleut encore un peu mais ça va mieux, je monte bien, je me sens bien, mes douleurs aux jambes me laissent tranquille, je suis plutôt fort en montée alors je déroule, jusqu'au sommet de ce col enneigé et particulièrement venteux. Je suis content d'arriver au sommet en même temps que les premiers rayons du soleil, qui s'annoncent malheureusement insuffisants pour réchauffer les corps engourdis et saisis par un froid glacial depuis une dizaine d'heures maintenant. Les coureurs essaient de se réchauffer tant bien que mal. Ma stratégie, c'est de redescendre en petite foulée pour regagner quelques précieux degrés à une altitude plus basse.
Malheureusement, c'est toujours très boueux et tellement éprouvant pour les jambes. J'essaie de gérer du mieux que je peux mais les descentes sont très, très glissantes. Mais bon, pour le moment, même si mes jambes fatiguent, je suis motivé à bloc et je me sens quand même relativement bien. J'ai peut-être mal aux jambes mais j'ai étonnamment bien supporté le froid glacial, même si c'était dur.
D'ailleurs, on devait monter aux Pyramides calcaires après le col de la Seigne, mais l'organisation a décidé de nous faire éviter ce passage qui devenait trop dangereux à cause des conditions météorologiques.
Du coup, c'est quasiment que de la descente jusqu'au lac Combal, km 70, où je prends le temps de bien manger, de bien boire et de faire mes réserves.
Tout de suite après le ravitaillement s'ensuit une partie plate assez longue. J'arrive à courir, c'est bon signe, même si j'ai un peu mal sur la face intérieure du genou droit. Je n'ai jamais eu ce type de douleur, mais bon, vu la nuit que je viens de vivre, c'est normal de commencer à avoir un peu mal aux jambes. Cependant, la montée du mont Favre devient éprouvante : j'ai du mal à plier mon genou en montée, c'est quand même franchement douloureux. J'essaie d'utiliser au mieux mes bâtons, je compense en modifiant ma foulée et je tente de me préserver le plus possible. La route est encore longue.
S'ensuit une longue descente vers le ravitaillement de Checrouit, le premier en Italie. Finalement, ça va mieux en descente, j'avance plutôt bien, il ne pleut plus, le terrain est plus sec, je retrouve d'assez bonnes sensations sans cette boue.
J'arrive dans de bonnes conditions, l'ambiance est festive, ça fait du bien. Alors je décide de me faire vraiment plaisir en mangeant plusieurs assiettes de pâtes sauce tomate et parmesan. Je me pose un peu cette fois-ci, pour laisser le temps à mon corps de récupérer et pour profiter d'un rayon de soleil réconfortant. Puis je repars en direction de Courmayeur.
Et là, ce n'est que de la descente. Je me rends compte que je commence à avoir mal au genou aussi en descente. Ce n'est plus seulement difficile ou traumatisant, c'est douloureux. Et puis c'est une descente vraiment abrupte, type descente de VTT, bien technique, bien violente. Aïe, aïe, aïe, ça me massacre les jambes. Vivement l'arrivée à Courmayeur, qui marquera la mi-parcours à environ 85 km de course. Comment vais-je faire si je commence à ressentir des douleurs en montée et en descente ? Bref, pas le temps d'y penser, je reste concentré sur mon objectif.
Et voilà, c'est déjà terminé pour cette première partie 😁
Mais ne soyez pas trop triste car demain je vais poster le suite et la fin de cette aventure hors norme !
📅 Rendez-vous demain à 18h00 sur ma page Facebook Run For Dogs 2 et sur Tahiti Dog School pour découvrir la suite de cette aventure épique à l’UTMB 2025 !
🙏 Merci à toutes et à tous d’avoir pris le temps de lire ce récit jusqu’ici. Votre soutien compte énormément pour moi et pour le projet Run For Dogs 2.
💜 La cagnotte est toujours ouverte, si vous souhaitez contribuer :
👉 Fondation Anāvai : anavai.org/project/run_for_dogs_2
👉 Tahiti Tourisme : tahititourisme.pf/hina/run-for-dogs