JB Poustis-Équitation de tradition Intégrative

JB Poustis-Équitation de tradition Intégrative

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Expert fédéral FFE – Équitation de Travail
Pédagogie de l’Équilibre Vivant • Équitation de tradition
Formateur • Enseignant • Auteur

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DE L’EMPLOI ET DU MANIEMENT DE LA GAULE

Approche moderne d’un outil de tradition

INTRODUCTION

Il m’a semblé nécessaire de consacrer un texte à la gaule, outil aujourd’hui presque disparu des pratiques équestres courantes et généralement remplacé par la cravache ou le stick de dressage.

Pourtant, la gaule n’est pas un simple substitut. Par sa longueur, sa légèreté et la finesse de son extrémité, elle constitue un véritable prolongement du geste et de l’intention du cavalier.

Les anciens maîtres ont évoqué son emploi, parfois avec précision, mais selon les usages et les conceptions propres à leur époque. L’Encyclopédie du XVIIIᵉ siècle décrit notamment sa longueur, sa tenue, ses différentes positions et certains de ses effets. Cependant, ces écrits ne constituent pas toujours une méthode complète et progressive de son maniement.

Plus près de nous, Jean-Yves Le Guillou a contribué à renouveler l’intérêt porté à l’équitation ancienne et à l’usage de la gaule. Son travail ouvre des pistes qui demandent encore à être approfondies, expérimentées et transmises.

Il convient donc aujourd’hui de distinguer l’usage historique de la gaule de l’approche moderne et éthique proposée dans ce texte.

Car la gaule est un art qui s’explique, mais qui s’acquiert principalement par la pratique, l’observation et la qualité du ressenti.

ORIGINE DU MOT « GAULE »

Le mot « gaule » ne renvoie pas à la Gaule historique, territoire des peuples gaulois.

Il désigne originellement une longue perche ou une baguette flexible. Le terme est notamment employé dans le monde rural pour désigner une perche servant à faire tomber les fruits, à diriger des animaux ou encore à prolonger l’action du bras.

Son emploi dans le domaine équestre est attesté depuis le XVIᵉ siècle.

En équitation, ce sens est parfaitement conservé : la gaule permet au cavalier d’agir à distance et d’atteindre différentes régions du corps du cheval sans déplacer excessivement son propre corps ni perturber son équilibre.

QU’EST-CE QUE LA GAULE ?

La gaule est une longue baguette de bois, légère et flexible, traditionnellement fabriquée en bouleau ou dans un autre bois souple.

La houssine désigne plus précisément une baguette de houx ou, par extension, de tout autre bois flexible employé pour conduire une monture.

La longueur d’une gaule peut varier selon la taille du cheval et l’usage recherché. Elle mesure généralement entre 1,20 m et 1,30 m. Les textes du XVIIIᵉ siècle évoquent une longueur d’environ quatre pieds, soit approximativement 1,30 m.

Sa conception repose sur plusieurs qualités :

* une base suffisamment stable pour permettre une transmission précise ;
* une extrémité souple favorisant la finesse du contact ;
* une longueur permettant d’atteindre différentes parties du cheval sans déséquilibrer le cavalier ;
* une légèreté permettant de la manier principalement avec les doigts et le poignet.

La gaule ne possède cependant aucune vertu par elle-même. Son effet dépend entièrement de la manière dont elle est présentée, du degré d’habituation du cheval, de l’intensité employée, du moment choisi et de la cessation de l’action.

Dans l’approche moderne proposée ici, elle n’a pas vocation à frapper, à punir ou à contraindre.

Elle indique, précise, accompagne et éduque.

PHILOSOPHIE DE SON EMPLOI

L’utilisation de la gaule s’inscrit dans une équitation où l’on cherche à faire moins, mais à faire plus juste.

Elle complète les aides naturelles du cavalier : l’assiette, les jambes, les mains et la voix. Elle ne doit pas les remplacer durablement ni rendre le cheval dépendant de sa présence.

Son rôle consiste à rendre une demande plus précise lorsque les aides ordinaires deviennent trop globales ou insuffisamment compréhensibles.

Son emploi repose sur un principe fondamental :

Présenter – demander – obtenir – céder.

La cessation de l’action est aussi importante que l’action elle-même. Dès que le cheval propose la réponse recherchée, même imparfaitement, la gaule doit redevenir neutre.

Cette approche permet :

* de préserver l’intégrité physique du cheval ;
* de respecter son équilibre émotionnel ;
* de favoriser sa compréhension ;
* de réduire progressivement l’intensité des aides ;
* de développer un langage plus précis entre le cheval et le cavalier.

La gaule ne doit jamais être employée sous l’effet de l’impatience ou de la colère. Une répétition permanente finirait par désensibiliser le cheval, l’inquiéter ou créer une réaction défensive.

Elle ne sert pas à contraindre le mouvement, mais à en clarifier la demande.

L’HABITUATION DU CHEVAL

Avant de rechercher un effet technique, le cheval doit être familiarisé avec la présence et les mouvements de la gaule.

Cette préparation s’effectue de manière progressive :

* présenter la gaule des deux côtés du cheval ;
* la déplacer lentement autour de lui sans rechercher de réaction ;
* lui apprendre à rester calme lorsqu’elle passe au-dessus de son encolure ou de sa croupe ;
* établir un premier contact léger sur des zones peu sensibles, comme l’épaule ;
* associer progressivement la touche à la voix, à la posture ou aux autres aides ;
* cesser immédiatement l’action dès l’apparition de la réponse attendue.

L’objectif n’est pas de rendre le cheval indifférent à la gaule, mais de lui apprendre à distinguer sa simple présence d’une véritable demande.

Un cheval correctement préparé ne doit ni craindre la gaule ni y répondre de manière excessive.

LA TENUE DE LA GAULE

À pied

À pied, la gaule peut être tenue selon une logique proche de celle de l’épée. Cette analogie n’est pas seulement esthétique : elle développe l’organisation du geste et la maîtrise de son orientation.

On peut distinguer trois positions principales :

* la position de disponibilité ;
* la position antérieure ;
* la position postérieure.

Le cavalier doit conserver :

* un poignet stable, mais jamais rigide ;
* une main disponible ;
* un geste précis ;
* un bras décontracté ;
* une intention clairement orientée.

Le mouvement est principalement commandé par les doigts et le poignet. Le bras et l’avant-bras peuvent accompagner le geste lorsque cela est nécessaire, mais sans mouvements brusques ni désordonnés.

Ainsi, la gaule participe également à la formation technique du cavalier.

À cheval

Dans la tradition académique française, la gaule est portée dans la main droite, la main gauche tenant les rênes.

Cette organisation préparait historiquement le cavalier à manier son cheval d’une main, tout en conservant l’autre disponible pour la gaule ou l’épée.

La présence de la gaule ne doit jamais perturber :

* la stabilité des mains ;
* l’indépendance des aides ;
* l’équilibre du cavalier ;
* la continuité du contact avec les rênes ;
* la lisibilité des demandes.

LA POSITION DE DISPONIBILITÉ

La position de disponibilité est la position neutre de référence.

Dans la tenue académique traditionnelle, la gaule est portée dans la main droite, la pointe dirigée vers le haut, approximativement au-dessus de l’oreille gauche du cheval.

Cette orientation permet :

* une disponibilité immédiate ;
* une transition rapide vers les différentes zones de touche ;
* une présence neutre entre deux actions ;
* une meilleure stabilité du geste.

La gaule ne doit pas s’agiter continuellement. Elle revient au calme après chaque demande.

Sa position neutre ne devient un véritable signal que lorsque le cheval a appris à lui donner une signification. En dehors de cet apprentissage, elle ne constitue que la présence silencieuse d’un outil.

LES DIFFÉRENTES MODALITÉS D’ACTION

1. Le toucher continu

Le toucher continu consiste à maintenir momentanément un contact léger afin d’accompagner ou d’orienter un mouvement.

Il peut notamment servir à :

* guider ;
* encadrer ;
* stabiliser ;
* accompagner un déplacement.

Ce contact ne doit jamais se transformer en pression permanente. Il cesse dès que le cheval trouve ou commence à chercher la réponse attendue.

2. Le toucher discontinu

Le toucher discontinu se compose de contacts légers, brefs et espacés.

Il est :

* ponctuel ;
* précis ;
* stimulant ;
* facilement modulable.

Il permet de préciser une demande ou d’augmenter progressivement son intensité sans recourir à un geste brutal.

3. Le toucher vibratoire

Le toucher vibratoire résulte de très fines oscillations transmises jusqu’à l’extrémité de la gaule.

Il produit une succession rapide de contacts légers, sans grand mouvement du bras. Sa finesse permet de stimuler une région déterminée tout en conservant la discrétion du geste.

Il exige cependant une excellente maîtrise du poignet et du dosage.

4. L’action visuelle

Le cheval peut également percevoir le déplacement de la gaule dans son champ visuel. Son orientation peut ainsi accompagner une indication de direction ou de déplacement.

Cette action doit rester mesurée. Un mouvement trop rapide ou trop ample risque de provoquer une réaction de fuite plutôt qu’une réponse réfléchie.

5. L’action sonore

Faire siffler la gaule constitue une action auditive et non un toucher vibratoire.

Les textes anciens mentionnent cet usage, tout en soulignant qu’il peut effrayer le cheval et provoquer une fuite lorsqu’il n’y est pas préparé.

Dans une approche moderne fondée sur le calme et la compréhension, cet effet sonore doit rester exceptionnel et ne jamais servir à surprendre brutalement l’animal.

LA NON-ACTION

La gaule peut rester immobile et pourtant conserver une signification pour un cheval éduqué à sa présence.

Cette non-action ne doit pas être confondue avec une menace. Elle représente simplement la disponibilité d’une aide qui pourrait intervenir si la situation l’exige.

L’efficacité de la gaule se mesure donc autant à la discrétion de sa présence qu’à la précision de ses interventions.

LES POINTS DE TOUCHE

Les régions présentées ci-dessous ne sont pas des « boutons » produisant automatiquement un mouvement.

La signification de chaque touche dépend :

* de l’éducation du cheval ;
* de sa sensibilité ;
* de sa posture au moment de la demande ;
* de l’orientation du geste ;
* des autres aides employées ;
* de la cessation de l’action.

Une même région peut donc recevoir des significations différentes selon le contexte.

Sur l’avant-main

Le poitrail et l’épaule

Une touche légère peut inviter le cheval à mobiliser son avant-main, à déplacer une épaule ou à soutenir une intention d’élévation.

Elle peut également aider à prévenir la fuite d’une épaule dans un mouvement latéral.

L’encolure

Une indication donnée sur le côté de l’encolure peut participer à l’orientation du mouvement ou à la régulation de l’incurvation.

Elle agit principalement comme une indication directionnelle et doit toujours être coordonnée avec l’action des rênes, de l’assiette et des jambes.

Le passage de sangle

Une touche dans la région du passage de sangle peut renforcer ou préciser l’action de la jambe.

Elle peut inviter le cheval à avancer, à mobiliser son thorax ou à répondre à une demande latérale, selon le code qui lui a été enseigné.

Sur l’arrière-main

Derrière la jambe

Une touche derrière la jambe peut renforcer une demande d’activité ou de déplacement latéral.

Elle ne doit intervenir qu’après une demande préalable de la jambe ou de la voix, afin que le cheval puisse progressivement répondre à l’aide la plus discrète.

Le flanc et la cuisse

Ces régions peuvent être sollicitées pour inviter au déplacement des hanches, à l’engagement d’un postérieur ou à une augmentation de l’activité.

L’effet dépend toujours de la direction de la touche et de la posture générale du cheval.

La croupe

Une indication légère sur la croupe peut accompagner la mobilisation de l’arrière-main ou certaines demandes relevant du travail d’école.

Cette région étant sensible, le geste doit rester particulièrement précis et mesuré.

Au-dessus des jarrets

Les textes anciens mentionnent des actions dirigées au-dessus des jarrets dans le travail des airs relevés.

Dans une pratique moderne, cette intervention doit être réservée à un cavalier expérimenté et à un cheval parfaitement préparé. Elle peut inviter à une plus grande flexion ou à davantage d’activité du membre postérieur, mais ne doit jamais être appliquée directement sur l’articulation, les tendons ou les parties osseuses.

La gaule ne doit jamais être utilisée pour piquer, frapper une articulation ou atteindre une région particulièrement vulnérable.

UN OUTIL PARTICULIÈREMENT UTILE DANS LA MONTE À UNE MAIN

La monte à une main demande une équitation très organisée :

* les aides directes sont moins nombreuses ;
* l’assiette doit être plus précise ;
* le cheval doit être davantage équilibré ;
* chaque intervention doit être lisible.

Dans ce contexte, la gaule peut devenir particulièrement utile.

Elle permet :

* de dissocier plus précisément les aides ;
* de compléter certaines actions de jambe ;
* de préciser un déplacement ;
* d’agir séparément sur les épaules ou les hanches ;
* de limiter les mouvements parasites du cavalier.

Elle ne doit cependant pas remplacer définitivement les aides naturelles. Son intervention précise une demande, puis s’efface progressivement lorsque le cheval a compris.

La gaule devient ainsi une extension du cavalier, mais elle ne doit jamais devenir une béquille permanente.

CE QUE LA GAULE PEUT APPORTER

Correctement employée, la gaule permet :

* d’affiner les demandes ;
* de mieux dissocier les différentes parties du corps du cheval ;
* de réduire l’intensité des aides globales ;
* de clarifier certains déplacements ;
* de développer la coordination du cavalier ;
* d’améliorer la compréhension du cheval.

Mal utilisée, elle ne fait qu’ajouter du bruit, de la tension ou de la confusion.

La qualité de l’outil ne peut jamais compenser l’imprécision de celui qui le tient.

UNE ÉQUITATION D’EXIGENCE

Si la gaule a progressivement disparu des pratiques courantes, c’est notamment parce que son maniement exige :

* de la précision ;
* du tact ;
* un excellent timing ;
* une grande indépendance des aides ;
* une connaissance fine du fonctionnement du cheval ;
* une parfaite maîtrise de l’intensité et de la cessation de l’action.

Elle met immédiatement en évidence les gestes inutiles, les mouvements parasites et les demandes mal préparées.

La gaule forme donc autant le cavalier qu’elle éduque le cheval.

CONCLUSION

La gaule n’est pas seulement un objet du passé. Correctement comprise et adaptée aux exigences éthiques contemporaines, elle demeure un outil de précision particulièrement intéressant.

Elle incarne une équitation :

* plus fine ;
* plus consciente ;
* plus mesurée ;
* plus exigeante ;
* plus respectueuse de la compréhension du cheval.

Redécouvrir la gaule ne consiste pas à reproduire sans discernement les usages anciens. Il s’agit de conserver ce que la tradition nous a transmis, tout en faisant évoluer son emploi à la lumière de nos connaissances et de notre sensibilité actuelles.

La véritable modernité ne réside pas toujours dans l’apparition de nouveaux outils. Elle peut également naître d’une meilleure compréhension des outils anciens.

« Simple baguette de bois par son origine, la gaule devient, entre les mains d’un cavalier instruit, un instrument de précision capable d’affiner le dialogue avec le cheval. »

REPÈRES HISTORIQUES ET BIBLIOGRAPHIQUES

* Diderot et d’Alembert, Encyclopédie, article « Gaule – Manège », XVIIIᵉ siècle.
* Centre national de ressources textuelles et lexicales, définitions de « gaule » et de « houssine ».
* Institut français du cheval et de l’équitation, « Les mains du cavalier ».
* Jean-Yves Le Guillou, L’Équitation de majesté : traité d’équitation à l’ancienne, 1992.

12/08/2026

AU-DELÀ DU GESTE

Depuis plusieurs années, mon travail de recherche autour de la Pédagogie de l’Équilibre Vivant m’amène à questionner une chose essentielle :

qu’est-ce que nous formons réellement lorsque nous enseignons l’équitation ?

Un cavalier capable d’exécuter correctement une action ?

Ou un cavalier capable de comprendre ce qu’il fait, pourquoi il le fait, ce que cela produit sur son cheval et comment s’adapter ?

La différence me paraît fondamentale.

Nous avons parfois tendance à corriger ce que nous voyons.

Une main se durcit : « relâche ta main ».

Une jambe se crispe : « descends ta jambe ».

Un cavalier se penche : « redresse-toi ».

Techniquement, la correction peut être juste.

Mais pédagogiquement, une autre question devrait immédiatement apparaître :

Pourquoi ?

Pourquoi cette main se durcit-elle ?

Pourquoi cette jambe se crispe-t-elle ?

Pourquoi ce corps cherche-t-il cette position ?

Car derrière un geste se trouve toujours un individu.

Et cet individu n’entre jamais dans une carrière uniquement avec ses connaissances techniques.

Il arrive avec son expérience, ses habitudes, ses représentations, ses certitudes, ses appréhensions, son besoin de contrôle, ses automatismes et sa manière personnelle de percevoir les choses.

C’est précisément ce qui m’a amené, dans mes recherches, à mettre en perspective la pédagogie équestre avec certains travaux de Carl Gustav Jung, notamment autour de la Persona, de l’Ombre et de l’individuation.

Non pour faire de la psychologie de comptoir.

Et certainement pas pour « psychanalyser » un cheval.

Mais pour mieux comprendre celui qui apprend.

La Persona, chez Jung, représente notamment ce que nous donnons à voir aux autres.

Cela m’intéresse particulièrement chez le cavalier.

Un cavalier peut donner l’image de quelqu’un de très sûr de lui tout en étant intérieurement inquiet.

Il peut multiplier les actions non parce qu’il manque de finesse, mais parce que l’inaction lui donne le sentiment de perdre le contrôle.

Il peut chercher constamment à maîtriser son cheval alors que la difficulté se situe peut-être d’abord dans sa propre difficulté à accepter l’incertitude.

Et c’est là que le cheval prend une place pédagogique extraordinaire.

Le cheval ne répond pas à ce que nous pensons faire. Il répond à ce que nous faisons réellement.

Je peux être persuadé d’avoir relâché ma main.

Je peux croire être parfaitement décontracté.

Je peux penser accompagner correctement le mouvement.

Mais le cheval me renvoie une réponse.

Cette réponse devient une information.

C’est pourquoi je considère le cheval comme un véritable tiers pédagogique.

L’enseignant observe.

Le cavalier agit.

Le cheval répond.

Le cavalier apprend progressivement à interpréter cette réponse.

Action → réponse → perception → compréhension → adaptation.

Nous sortons alors d’une pédagogie exclusivement descendante :

« Fais ce que je te dis. »

Pour entrer progressivement dans une pédagogie de l’autonomie :

« Observe. Ressens. Comprends. Essaie. Évalue. Adapte. »

C’est également là que la notion jungienne d’individuation nourrit ma réflexion.

Je ne veux pas fabriquer des cavaliers qui me ressemblent.

Je veux leur transmettre des principes suffisamment solides pour qu’ils puissent progressivement construire leur propre intelligence équestre.

L’un comprendra par l’analyse.

L’autre par la sensation.

L’un aura besoin de décomposer.

L’autre devra d’abord expérimenter.

Individualiser la pédagogie ne signifie donc absolument pas abandonner l’exigence technique.

Les principes restent. Le chemin pour les comprendre peut changer.

C’est pourquoi je distingue aujourd’hui trois dimensions indissociables dans la formation du cavalier :

Le SAVOIR : comprendre ce que l’on cherche.

Le SAVOIR-FAIRE : être capable de le réaliser.

Le SAVOIR-ÊTRE : comprendre suffisamment son propre fonctionnement pour adapter son action à l’être vivant que l’on a devant soi.

Et c’est probablement cette dernière dimension que nous avons encore le plus à explorer.

Parce qu’au bout du compte, la pédagogie équestre ne consiste pas uniquement à apprendre à quelqu’un comment agir sur un cheval.

Elle devrait progressivement lui apprendre à comprendre qui agit, pourquoi il agit et ce que son action provoque.

Car derrière chaque technique, derrière chaque aide et derrière chaque geste…

il y a d’abord un cavalier.

05/08/2026

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À travers ces poèmes, j’ai souhaité transmettre ma vision du cheval, de l’équitation, du mouvement, de la relation et de toutes ces émotions qui accompagnent une vie passée auprès des chevaux.

Merci à toutes celles et ceux qui soutiennent cette aventure littéraire et équestre. Vos partages sont précieux pour faire vivre ce premier recueil.

15/07/2026

Ce que le clown m’a appris

Pendant deux ans, en parallèle de mon métier d’enseignant d’équitation, j’ai eu la chance d’être clown.

J’incarnais un écuyer extravagant, le Marquis de Pedrolino, accompagné de mon fidèle cheval Tutu. J’écrivais mes propres one-man-shows et je présentais des spectacles vivants.

À première vue, tout cela pouvait sembler éloigné de l’enseignement.

Aujourd’hui, je pense exactement le contraire.

Le philosophe Socrate disait : « Connais-toi toi-même. » Cette phrase est probablement l’une des plus grandes leçons que puisse recevoir un enseignant.

Le psychologue Carl Gustav Jung écrivait quant à lui : « Celui qui regarde à l’extérieur rêve ; celui qui regarde à l’intérieur s’éveille. »

Ces deux pensées résument ce que le clown m’a appris.

Le rire est un phénomène fascinant. Pendant quelques secondes, il fait tomber les mécanismes de défense, suspend le jugement et ouvre un espace où chacun accepte d’être simplement lui-même. Derrière un éclat de rire se cache souvent une vérité que l’on n’aurait jamais osé exprimer autrement.

En psychologie, on dit que nous portons tous un persona, un masque social qui nous permet d’être acceptés. Le paradoxe est que le clown, lui, porte un masque pour nous aider à retirer le nôtre.

J’ai retrouvé cette même réalité auprès des chevaux.

Le cheval ne dialogue pas avec notre personnage. Il ne s’intéresse ni à notre statut, ni à nos diplômes, ni à notre éloquence. Il répond à notre cohérence intérieure, à nos émotions, à notre authenticité.

C’est sans doute pour cela que je n’ai jamais considéré l’enseignement comme une simple transmission de connaissances.

Enseigner, présenter un spectacle ou travailler avec un cheval répondent finalement à la même ambition : créer les conditions d’une rencontre authentique.

Car on ne retient pas ce qu’un enseignant dit.

On retient ce qu’il nous permet de découvrir sur nous-mêmes.

Et avec le recul, je me dis que je n’ai jamais vraiment changé de métier. J’ai simplement changé de scène.

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Merci à toutes celles et ceux qui m’accompagnent dans cette belle aventure. J’ai hâte de partager avec vous ces poèmes, inspirés par les chevaux, la vie et les émotions qui nous rassemblent.

À très bientôt,

Jean-Baptiste Poustis

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06/07/2026

C’est avec beaucoup de plaisir que je rejoins cette aventure en tant que cofondateur de l’IFSED.

Je crois profondément qu’une belle équitation ne se résume pas à la performance. Elle se construit dans le respect, la connaissance, la sécurité et la qualité de la relation entre le cheval et l’humain.

Je suis fier de contribuer, aux côtés de personnes engagées, à un projet qui porte ces valeurs et qui, je l’espère, participera à faire évoluer notre monde équestre.

. 🌐 IFSED — OUVERTURE 🌐

C'est avec un immense honneur et une profonde joie que nous vous annonçons l'ouverture officielle de l'IFSED: Fédération Internationale pour la Sécurité et le Développement Équestre.

L'IFSED est née d'une conviction simple : le monde équestre mérite un cadre clair, structuré et engagé autour de trois piliers essentiels : la sécurité, le bien-être et la responsabilité éthique.

Notre mission est de répondre aux enjeux majeurs auxquels la filière équestre est aujourd'hui confrontée en apportant des repères clairs, en favorisant le dialogue, en encourageant les bonnes pratiques et en fédérant l'ensemble des acteurs autour d'une vision commune, responsable et durable de l'équitation.

L'IFSED s'adresse à tous ceux qui participent, de près ou de loin, à la relation cheval-humain : cavaliers, familles, enseignants, entraîneurs, dirigeants de structures, professionnels indépendants, éleveurs, équipes techniques et partenaires engagés.

Nous nous engageons à œuvrer avec sérieux, neutralité et exigence pour contribuer à une équitation plus sûre, plus respectueuse et plus consciente, où le bien-être du cheval, la protection du cavalier et la responsabilité de chacun deviennent des priorités partagées.

Cette ouverture marque le début d'une nouvelle étape pour le bien-être, la sécurité et le développement du monde équestre.

Un immense merci à chacun de nos co-fondateurs pour leur confiance, leur engagement et leur volonté de porter cette vision à nos côtés. Cette fédération est avant tout une aventure humaine, construite ensemble.

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29/06/2026

Nadine Verzeroli

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