18/09/2026
🐺 Réflexion générale autour de nos grands chiens : installations, alimentation et activité
Ces derniers temps, nous avons beaucoup réfléchi à notre manière de vivre et de travailler avec nos Irish Wolfhounds.
Quand on vit avec des chiens de ce gabarit, beaucoup de choses qui paraissent anodines avec un chien de 20 ou 30 kg prennent une tout autre dimension : le sol sur lequel ils marchent, l’endroit où ils dorment, la façon dont ils se lèvent, l’espace dont ils disposent, leur alimentation, leur activité physique ou encore leur récupération.
Nous avons donc décidé de reprendre un certain nombre de choses et de réfléchir globalement à ce que nous pouvions encore améliorer pour eux.
Notre implantation dans le Nord est particulièrement intéressante pour l’élevage.
Nous avons à proximité d’excellentes cliniques vétérinaires et des vétérinaires spécialisés, mais également un accès facile aux grandes expositions et à de nombreux événements cynophiles en France, en Belgique et dans les pays voisins.
Pour le suivi de nos chiens, la reproduction, les expositions et les activités sportives, nous sommes particulièrement bien placés.
🛠️ Première réflexion : les installations
Valentin, qui est un ami, et JR ont commencé notre nouvelle terrasse en bois il y a seulement quelques jours et elle sera terminée demain.
Demain arriveront également les grosses dalles en caoutchouc et l’OSB3.
Ensuite, nous nous attaquerons au portail, qui sera entièrement remis à neuf, puis aux installations des chiens.
L’isolation sera réalisée avec de la laine de verre et de l’OSB3, avec un faux plafond en lattes permettant de conserver une bonne circulation de l’air.
Les protections murales monteront jusqu’à environ 2,40 m, avec des lattes PVC afin que tout puisse être lavé facilement.
Le bâtiment possède également deux grandes baies vitrées, qui apportent naturellement beaucoup de lumière et permettent une bonne aération.
Le principe est simple : nous voulons quelque chose de propre, résistant, facilement lavable et réellement adapté à des chiens géants.
Pour les sols, nous avons choisi quelque chose que l’on retrouve habituellement dans les écuries : de grosses dalles en caoutchouc conçues pour les chevaux.
Avec des Irish Wolfhounds, donc des chiens très grands et lourds, nous voulions éviter autant que possible les sols glissants, mais également les surfaces extrêmement dures.
Ces grosses dalles équestres sont antidérapantes, étanches, résistantes et faciles à laver, mais elles sont également épaisses et légèrement souples.
Elles apportent davantage d’amorti qu’un sol en béton ou en carrelage, ce qui est particulièrement intéressant pour le confort de nos grands chiens.
Évidemment, ils ont leurs matelas pour dormir !
L’idée n’est absolument pas de les faire dormir directement sur les dalles.
En revanche, lorsqu’ils descendent de leur matelas, se lèvent pendant la nuit ou se déplacent simplement dans leur espace, ils retrouvent sous leurs pattes une surface offrant à la fois de l’adhérence et de l’amorti.
Avec des chiens de ce poids et de ce gabarit, cela permet également de limiter certains accidents tout bêtes : une patte qui glisse au lever, un mauvais appui ou une glissade sur un sol dur.
Lorsqu’on vit avec des chiens géants, l’environnement doit lui aussi être pensé à leur échelle.
Nous utiliserons le même principe à l’extérieur.
Nous disposons d’une grande dalle d’environ 400 m², qui constituera une seule et grande courette pour les chiens.
Une seconde courette indépendante sera aménagée de l’autre côté du bâtiment afin de disposer de deux espaces réellement séparés si, un jour, nous reprenons un mâle.
L’objectif est d’avoir des espaces propres, lavables, étanches, non glissants et confortables, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Côté température, nous conservons le chauffage et ajouterons des rafraîchisseurs d’air, avec deux appareils par box.
Lors des grosses chaleurs, les volets des deux grandes baies vitrées pourront également être fermés afin de limiter l’apport de chaleur.
À cela viendront s’ajouter une infirmerie, une cuisine et une nurserie.
La maison reste leur maison… mais plus la nuit !
Le fait d’aménager des espaces dédiés aux chiens ne signifie absolument pas qu’ils vont vivre enfermés dans des chenils.
Ils continueront à avoir accès à la maison et à vivre avec nous pendant la journée.
Ça ne change absolument pas.
En revanche, une fois les nouvelles installations terminées, ils ne passeront plus la nuit dans la maison.
Ils auront leurs matelas et leurs espaces de couchage dans des pièces isolées, chauffées et aménagées spécialement pour eux.
Et la raison est beaucoup moins philosophique qu’on pourrait le croire.
Après quelques années de vie avec une meute d’Irish Wolfhounds, nous avons constaté une chose :
ils sont adorables. Mais curieusement, beaucoup moins quand nous dormons.
Petit bilan totalement non exhaustif :
• un canapé à 5 800 € : mangé ;
• un deuxième canapé à plus de 3 000 € : mangé aussi ;
• deux télévisions à environ 2 000 € chacune : foutues en l’air ;
• et le reste, honnêtement, on ne compte même plus.
Les coussins, paniers, objets divers et autres victimes collatérales ne sont même plus intégrés aux statistiques.
À ce stade, nous ne parlons plus de bêtises de chiens.
Nous parlons d’un budget annuel d’investissement.
Donc la journée, la maison reste la leur.
La nuit, ils auront de magnifiques installations isolées, chauffées, de grands matelas, de l’espace et tout le confort nécessaire.
Et nous avons bon espoir que le prochain canapé meure simplement de vieillesse.
🐺 Mais surtout : la meute reste au cœur de notre élevage
Et ça, c’est probablement le point auquel nous tenons le plus.
Nous n’abandonnons absolument pas notre esprit d’élevage par la meute.
C’est l’une des bases des Terres de Norfendre et quelque chose auquel nous sommes profondément attachés.
Nos chiens vivent ensemble, évoluent ensemble, apprennent les uns des autres et trouvent naturellement leur place au sein du groupe.
Les jeunes grandissent au contact des adultes. Ils apprennent les codes, les limites, les interactions et toute cette communication canine qu’un humain, aussi attentif soit-il, ne pourra jamais reproduire complètement.
Et nous, nous vivons avec cette meute, pas à côté d’elle.
Les nouvelles installations ne sont donc pas destinées à séparer les chiens les uns des autres ni à transformer notre fonctionnement en une succession de chiens isolés dans des boxes.
Au contraire.
Elles sont là pour adapter l’environnement à la meute, nous permettre de mieux gérer les nuits, le repos, les soins, les chaleurs, les éventuelles séparations temporaires et les besoins particuliers de chacun, tout en conservant ce qui fait notre façon d’élever.
La vie en groupe, la vie de famille, les sorties ensemble et l’apprentissage par les adultes restent au cœur de notre fonctionnement.
Parce que pour nous, élever un Irish Wolfhound, ce n’est pas uniquement sélectionner un pedigree, nourrir correctement un chiot et lui offrir de bonnes installations.
C’est aussi lui permettre de grandir entouré de chiens, au sein d’une vraie meute, avec ses codes, ses interactions et son équilibre.
Et cet esprit-là, nous y tenons énormément.
🍖 Deuxième réflexion : l’alimentation
Après avoir beaucoup travaillé autour du BARF, nous nourrissons actuellement les chiens avec Sanalio.
Et très franchement, aujourd’hui, j’en suis encore plus satisfaite que du BARF.
Nous cherchions quelque chose de simple à utiliser quotidiennement avec plusieurs grands chiens, sans pour autant abandonner nos exigences concernant leur alimentation.
Sanalio nous apporte cette facilité.
C’est une solution développée en Belgique avec une approche vétérinaire, ce qui faisait partie des choses qui m’avaient intéressée au départ.
Après l’avoir réellement utilisée avec la meute, je peux surtout parler de notre expérience : ça nous facilite énormément la vie et ça correspond exactement à ce que nous recherchions.
Le BARF reste un sujet qui m’intéresse énormément et sur lequel j’ai beaucoup appris.
Mais lorsqu’on nourrit plusieurs Irish Wolfhounds, la logistique quotidienne peut rapidement devenir importante : préparation, stockage, équilibre des rations, approvisionnement…
Aujourd’hui, Sanalio nous apporte la simplicité que nous recherchions sans sacrifier notre réflexion sur l’alimentation.
Et honnêtement, j’en suis aujourd’hui encore plus satisfaite que de notre fonctionnement précédent en BARF.
🌿 Troisième réflexion : bouger, mais aussi récupérer
Avoir de grandes installations ne signifie évidemment pas remplacer l’activité physique.
Nos chiens continuent à avoir leurs grandes balades, mais également leurs activités sportives : PVL, canicross, cani-VTT, et tout simplement la possibilité de courir et de vivre une vraie vie de lévrier.
Pour nous, l’un ne va pas sans l’autre.
Un grand chien a besoin de bouger, de développer sa musculature et d’utiliser son corps.
Mais il faut aussi réfléchir à ce qui se passe après l’effort : son couchage, le sol sur lequel il marche, son confort et ses possibilités de récupération.
C’est toute notre réflexion actuelle : ne pas considérer séparément l’alimentation, l’activité ou les installations, mais essayer de penser le chien dans son ensemble.
🧬 Et la même réflexion se poursuit dans l’élevage
Nous reprendrons l’élevage en 2027, avec déjà deux mariages en réflexion.
Nous essayons autant que possible d’éloigner les ancêtres communs et de faire reculer certains des principaux goulots génétiques de la race.
Cela signifie parfois aller chercher assez loin.
Nous travaillons notamment avec des éleveurs anglais et allemands, parce que l’étalon intéressant n’est pas forcément celui qui se trouve à côté de chez soi, ni celui que tout le monde utilise déjà.
Nous essayons au contraire d’éviter autant que possible les reproducteurs et les lignées déjà énormément exploités.
Un excellent chien peut apporter énormément à une race. Mais lorsqu’un même reproducteur, puis ses descendants, sont utilisés encore et encore, on finit quelques générations plus t**d par les retrouver dans une très grande partie des pedigrees.
C’est ainsi que de nouveaux goulots génétiques peuvent progressivement apparaître.
Nous en voyons malheureusement apparaître de nouveaux en France et c’est un sujet qui risque de prendre une importance croissante pour l’élevage français.
Nous regardons donc bien sûr le coefficient de consanguinité, mais certainement pas uniquement.
Nous étudions les ancêtres communs, leur nombre mais surtout leur position dans le pedigree, la répétition de certains reproducteurs, la longévité des ascendants et, lorsque nous disposons de l’information, leurs causes de décès.
Pour les mariages actuellement étudiés, nous cherchons notamment à conserver une longévité moyenne du pedigree d’au moins 8 ans et 4 mois, avec l’un des projets autour de 8 ans et 6 mois.
Les coefficients de consanguinité calculés sur dix générations restent inférieurs à 2 %, avec, pour l’un des projets, environ une soixantaine d’ancêtres communs.
Cela ne garantit évidemment ni santé ni longévité.
La génétique n’est pas une recette de cuisine.
C’est notre façon de travailler dans une race dont le pool génétique est déjà très étroit, sans le resserrer davantage lorsque nous pouvons l’éviter.
🤝 Et surtout : échanger davantage
Nous tenons de plus en plus à travailler en partenariat avec d’autres éleveurs, en France comme à l’étranger.
Nous souhaitons constituer progressivement un petit réseau à taille humaine et assez confidentiel d’éleveurs qui se connaissent et se font confiance.
Pouvoir s’échanger des conseils, des expériences et des bons tuyaux.
Partager de bonnes adresses, des contacts vétérinaires, des informations sur la reproduction, l’alimentation, les pedigrees ou des étalons intéressants.
Mais également pouvoir parler des difficultés, des erreurs et de ce qui fonctionne moins bien.
Personne ne sait tout, et nous trouvons beaucoup plus intéressant de mettre certaines expériences en commun plutôt que de rester chacun dans son coin.
🌿 Pour ceux qui souhaitent aller plus loin
Le site des Terres de Norfendre a beaucoup évolué :
https://www.des-terres-de-norfendre.com/
J’y ajoute progressivement des documents et ressources à télécharger gratuitement sur l’alimentation, le BARF, la vie quotidienne avec un Irish Wolfhound, la santé, la longévité, les pedigrees ou encore la génétique.
Je vulgarise volontairement ces sujets.
L’objectif n’est pas d’écrire des publications scientifiques de cinquante pages, mais de rendre certaines informations accessibles aux propriétaires, futurs propriétaires et passionnés qui souhaitent simplement mieux comprendre cette race.
Nous avons également un blog consacré à l’élevage, que nous essayons de mettre à jour régulièrement.
On y parle des chiens, de notre quotidien, de nos réflexions, de nos expériences et des différents sujets sur lesquels nous travaillons.
🐺 Et pendant ce temps-là… Femke est en pension !
Nous avons actuellement Femke en pension à la maison, la propre sœur de Voss et Jinx.
C’est la première fois qu’elle est séparée de son propriétaire et, les premiers jours, elle était complètement paniquée. J’ai même dû dormir avec elle au départ pour la rassurer.
Elle avait également une peur bleue de Bibi Clochette, notre petite serpillère sur pattes, ce qui était assez cocasse compte tenu de la différence de gabarit !
Et puis tout s’est progressivement mis en place.
Aujourd’hui, elle s’est parfaitement intégrée à la meute.
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est d’avoir Femke, Voss et Jinx ensemble : trois sœurs et pourtant trois personnalités complètement différentes.
Femke est vraiment une très bonne chienne. Elle est douce, gentille, agréable et particulièrement attachante.
Par contre…
elle aboie un peu trop beaucoup.
Disons qu’elle ne garde absolument aucune information pour elle.
Une voiture passe ? Tout le monde doit le savoir.
Quelqu’un bouge ? Communiqué officiel.
Un chien regarde vaguement dans une direction ? Conférence de presse.
À ce stade, nous n’avons plus besoin de sonnette, de système d’alarme ni même de groupe Facebook pour les informations locales.
Femke s’occupe de la communication du village.
Voilà où en sont nos réflexions aux Terres de Norfendre.
Installations, alimentation, activité, récupération, génétique… avec une constante qui ne changera pas : la meute.
Nous voulons continuer à avoir des chiens qui vivent ensemble, courent ensemble, apprennent ensemble et grandissent entourés d’autres chiens.
Des chiens capables de pratiquer leurs activités, de rentrer couverts de boue, de vivre dans la maison, de dormir confortablement, et de bénéficier d’installations pensées pour leur taille plutôt que simplement adaptées comme on peut.
Parce qu’au fond, vivre avec des Irish Wolfhounds oblige à voir les choses en grand.
Les espaces sont grands. Les gamelles sont grandes. Les chiens sont grands. Les conneries sont gigantesques.
Alors autant que la réflexion derrière leur élevage soit à leur mesure.