17/08/2026
Les Étalons dames et la bataille des primes : un révélateur des inégalités - Éditorial Africa Foot Plus Magazine.
Le feuilleton des primes des Étalons dames du Burkina Faso à la CAN féminine 2026 au Maroc dépasse le simple cadre d’une revendication financière. Il s’agit d’un miroir tendu à la société sportive burkinabè, révélant les fractures entre discours patriotiques et réalités matérielles.
Alors que l’arrêté interministériel fixait des primes jugées « conformes » aux barèmes officiels, les joueuses ont opposé un refus catégorique. Leur geste, loin d’être une simple contestation, traduit une exigence de dignité. Comment accepter de percevoir des montants dérisoires quand, à quelques frontières de là, les Maliennes reçoivent vingt fois plus ? La comparaison est brutale, mais elle illustre l’écart abyssal entre ambitions affichées et reconnaissance réelle.
Le re**rd du départ vers le Maroc, l’annulation d’un match amical et les déclarations du sélectionneur Pascal Sawadogo ont mis en lumière l’impact direct de cette crise sur la préparation sportive. Mais au-delà du terrain, c’est l’image du football burkinabè qui vacille. Les joueuses, censées incarner l’espoir et la fierté nationale, se retrouvent à défendre leur droit à une juste rétribution.
La phrase de la journaliste Christelle Paré – « On ne mange pas le patriotisme » – résonne comme un slogan de résistance. Elle rappelle que l’engagement sportif, aussi noble soit-il, ne peut se nourrir uniquement de discours. Les joueuses réclament plus qu’une prime : elles exigent une reconnaissance institutionnelle, une égalité de traitement et une transparence dans la gouvernance.
Cette affaire, bien qu'elle ne soit pas la première du genre, ouvre un débat fondamental : quelle place accorde-t-on réellement au football féminin ? Si les autorités veulent bâtir une identité sportive crédible, elles doivent dépasser les logiques minimalistes et investir dans l’avenir des sélections féminines. Car sans justice et sans équité, le patriotisme devient un mot creux, incapable de mobiliser celles qui portent le drapeau sur les pelouses africaines. Par
Anicet Aboue Manga , CEO Africa Foot Plus
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